Musique : Maxime Kibongui ne doit pas être oublié

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Le cri du coeur a été lancé par la promotrice des Éditions Cultures croisées, Anne Marie Kibongui, à l’occasion de la fête de la musique, pour que les anciens musiciens tels son défunt mari, décédé en 2017, ne soient pas placés dans les oubliettes.

 

 

 

 

 

Bercé dans la musique dès sa tendre enfance par les anciens, comme l’abbé Fulbert Youlou qui l’a sélectionné pour sa voix et auprès de qui il a appris quelques leçons de musique, Maxime Kibongui crée en 1964, en compagnie de quelques amis chanteurs, notamment Jacques Loubelo,  Remi Mouninguissa, Kinouani Kazis et Massamba de Coster, le groupe musical Les cheveux crépus. Il en est le leader et sa voix fait déjà merveille. « Dans son ethnie, il y avait beaucoup de chanteurs professionnels, mais je me suis toujours demandé comment sa voix avait autant de pouvoir », a dit Anne Marie Kibongui, au cours d’un entretien avec  »Les Dépêches de Brazzaville ».

Après de nombreux succès, le groupe Les Cheveux crépus veut aller représenter le pays à l’étranger. Pour des raisons politiques, les responsables d’alors s’y opposent. Quelque temps plus tard, le groupe réussit à sortir du pays pour le Cameroun où il fait un tabac.  L’argent reçu lors de ses prestations permet au groupe d’aller en France, aidé par un ami qui s’y trouvait déjà. Dans ce pays, il se produit un peu partout, en récoltant du succès à chaque prestation. Quand le groupe se disloque, Maxime Kibongui qui travaille dans un cabinet d’architecture continue la musique en se produisant en banlieues et dans les maisons de jeunes. La pureté de sa voix, sa mélodie, son tempo émerveillent à chaque instant. « La musique de Maxime Kibongui est traditionnelle. Il n’avait pas fait de solfège ou très peu avec Fulbert Youlou et aussi au petit conservatoire, dans le quartier où on habitait. La voix de Maxime Kibongui a toujours séduit. Il avait l’art de capter tout le monde comme ce jour en Bretagne lors d’un mariage avec près de deux cents invités dans la salle, il a chanté en Kongo-lari. À la fin, un monsieur d’une cinquantaine d’années est venu lui dire : « Monsieur, je n’ai pas compris votre langue, mais j’ai vécu vos mots. Je vous remercie » », a-t-elle temoigné.

En Europe, a-t-elle affirmé, le public sentait en Maxime une âme africaine qui n’était pas la leur et qui intriguait énormément les Européens, parce que sa voix était belle et il chantait bien. Il s’adonnait aussi au balafon que son épouse avait ramené de Bobo Dioulasso, au Burkina, et à la sanza. La voix de Maxime était apaisante, selon son épouse.

D’après elle, Maxime Kibongui était très ouvert. C’est ainsi que fut monté sous sa houlette un groupe de musique qui répétait chez eux  quand le couple est revenu à Pointe-Noire. Ce groupe, a-t-elle ajouté, a même réalisé un master mais s’est disloqué par la suite. « Les artistes de Pointe-Noire sont jaloux entre eux », a regretté Anne Marie Kibongui. Et de conclure : «Dans la musique actuelle, la parole est étouffée et couverte par du bruit. On entend plus des cris que des chants. Comme il en existe une école de musique classique, il faut aussi en créer une de musique traditionnelle pour éduquer la voix. Je souhaite que les artistes soient solidaires et pas rivaux ».  

 

 

Légendes et crédits photo : 

Photo 1: Anne Marie Kibongui
Photo 2: Le couple Kibongui / Crédit photo Adiac

Source : http://www.adiac-congo.com/

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