Musique : Achille Mouebo fête ses 25 ans de carrière !

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Le roi du mutenfo pop fêtera le quart de siècle de sa carrière musicale au Stade Kokolo-Copa, à Pointe-Noire, le 8 septembre, et s’apprête à sortir un nouveau disque : « Station Service ».

Vingt-cinq ans de carrière, déjà ! En septembre 1993, les antennes nationales de « Radio Congo » et « Télé Congo » révélaient un jeune artiste répondant au nom d’Achille Mouebo et interprétant un titre: « Satan m’a jalousé », qui fera date dans la carrière du « roi du mutenfo pop » comme il aime à se définir. Le jeune homme n’a alors que 22 ans et évoque à cœur ouvert, dans cette première chanson, son handicap né d’une injection malheureuse pour soigner un paludisme qui le prive du parfait usage de sa jambe gauche et le condamne, dès l’âge de 2 ans, à boîter toute sa vie durant. Achille remonte le temps, se souvient de ses débuts pour le moins prometteurs. « A l’aube de ma carrière, cette chanson avait été présentée à l’ambassadeur de France à Brazzaville, M. Raymond Césaire, qui m’avait fortement encouragé à poursuivre mes efforts sur le chemin de ma vie d’artiste. Avec vingt-cinq ans de carrière aujourd’hui, je crois être digne des précieux conseils et encouragements de ce grand diplomate de l’époque », se convainc-t-il. Désormais, à chacun de ses concerts, l’artiste aime à prévenir son public. «  Je suis né valide et de cette infirmité, comme tout ce qui peut nuire à l’homme ne peut venir de Dieu, j’en déduis que Satan m’a jalousé sans pouvoir pour autant me priver de mes facultés spirituelles, intellectuelles et artistiques », aime-t-il lancer.

La fête au Stade KoKolo-Copa 

Achille Mouebo a grandi à Dolisie, dans le département du Niari, où il ne manque jamais, d’ailleurs, d’aller manger le mbouata (bouillie de manioc) chez sa maman Nestorine quand il y est de passage. « Mon père chantait beaucoup, ma mère était dans une chorale, j’ai baigné dans mon enfance dans un univers musical où on chantait beaucoup, moi gamin, pour m’accompagner, je construisais des guitares en bambou. La musique ne m’a jamais lâché depuis », se rappelle-t-il. La passion n’a jamais quitté Achille Mouebo qui soufflera donc vingt-cinq bougies d’un parcours riche en chansons dont la cire se confondra avec quarante-sept autres bougies pour fêter l’anniversaire de sa naissance, le 10 septembre 1971. Pour célébrer ces dates  comme il se doit, l’artiste ne pouvait que monter  sur scène, là où il aime se donner sans compter, pour communier avec son large et fidèle public.  Une croix est posée sur l’agenda de l’artiste : le concert se déroulera au stade  Kokolo-Copa, dans le deuxième arrondissement de Pointe- Noire. «  Après ma participation au Festival Nsangu Ndji Ndji, en juin dernier, j’ai hâte de retrouver une nouvelle fois mon public. Ce sera une véritable fête, un grand plaisir pour moi et une immense fierté que je souhaite partager avec mes nombreux fans dont certains me suivent depuis le début de ma carrière », a indiqué l’artiste.

Bientôt un maxi single « Station Service ».

Père de trois enfants, le « roi du mutenfo pop » (mutenfo signifiant joie, gaité) aime à donner un sens moral et profond à ses textes. Il est actuellement en studio d’enregistrement pour préparer la sortie de son prochain disque, un maxi single intitulé « Station service ». Ce nouvel opus à paraître vient enrichir une discographie qui compte déjà six albums : « Filiation »  sorti en 2001 et enregistré à Douala, au Cameroun; « Vipère »  en 2005 suivi de « L’invité  » en 2007; « Onesime » en 2009; « Faux prophète » en 2011 et « Crise morale » en 2015. Une longévité rare dans la musique congolaise marquée par de nombreuses récompenses dont un Tam-Tam d’or dans la catégorie musique métisse. L’auteur-compositeur-interprète puisant, en effet, son inspiration dans un véritable métissage musical allant du rock à la rumba en passant par le zouk, d’une part, et dans l’écoute attentive d’artistes d’horizons différents comme Francis Cabrel pour lequel il voue beaucoup d’admiration, d’autre part. «  J’ai repris effectivement par le passé une chanson de Francis Cabrel (Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai). Je laisse toujours libre cours à ma création, à mes inspirations. Ma vie d’artiste est un rêve autant qu’un combat, celui de voir un monde harmonieux et de voir évoluer les mentalités en dehors de tout tribalisme, régionalisme ou racisme. Un monde d’entraide et de partage pour un bien-être social indispensable à nos équilibres », confie-t-il.

Suivant ce rêve et ce combat, Achille Mouebo aura fait vibrer ses cordes de guitare en bambou de son enfance,  aujourd’hui cordes en acier, d’un acier solidement trempé dans le temps. La fête promet d’être belle.

 

Légendes et crédits photo : 

Achille Mouebo en concert

Source : http://www.adiac-congo.com/

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