Mois de la femme : le district d’Ongogni marque sa présence

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« Le développement n’est pas qu’économique ou infrastructurel. Il est d’abord une disposition psychologique et morale et suppose l’évolution des mentalités», a déclaré Jolie Nota Gandzemy à ses sœurs de la localité.

Le mois de mars dédié à la femme a servi de prétexte aux retrouvailles de l’Association pour le développement et l’entraide des femmes du district d’Ongogni (Adefdo), le 24 mars à Brazzaville. L’évènement a permis aussi d’annoncer l’existence légale de cette structure au terme du processus de sa déclaration et de sa reconnaissance auprès de l’administration préfectorale.

« Généralement quand on parle développement, nous ne voyons que les aspects économiques. Or, derrière les concepts qui définissent notre structure, il faut lire cette volonté de militer pour le changement des mentalités, de pousser la femme du district d’Ongogni à une prise de conscience de sa situation et de celle de son terroir. Cette disposition morale suffit pour servir de déclic et faire bouger les lignes », précise Jolie Nota Gandzemy, présidente de l’Adefdo.

Ce discours aux accents « révolutionnaires » naît d’un constat : « la misère intellectuelle et morale » qui place la femme de cette zone et d’ailleurs pourquoi pas, dans une posture d’assistée ou d’inférieure à l’homme. «Longtemps, nous sommes restées inactives, observant les évènements sans jamais réagir même lorsque nous étions sollicitées », a martelé l’oratrice qui a invité ses sœurs à « briser le mur » afin de démarrer une nouvelle page de l’histoire locale.

« Il y a des comportements qui nous retardent et qui sapent notre évolution. Nous avons pris l’habitude de confier notre sort aux autres et d’expliquer nos déboires par le fait de la sorcellerie », avoue la présidente de l’Adefdo. En le disant, elle stigmatise certaines mentalités révolues et « indignes des temps présents ». Une exhortation à s’intégrer dans la dynamique actuelle avec des défis qui dépassent l’individu.

« Il s’agit d’amener les femmes de chez nous à mieux comprendre les phénomènes quels qu’ils soient. Notre agenda prévoit des échanges qui mettront les femmes d’Ongogni face à des spécialistes, femmes ou hommes, sur des thématiques pratiques comme celles liées à la santé, à l’agriculture et aux métiers », a-t-elle indiqué.

Situé dans le département des Plateaux, le district d’Ongogni accuse un certain enclavement malgré des efforts récemment consentis pour le doter de structures d’éducation. Des efforts consentis par l’Etat et certains fils du terroir. D’où cette montée au créneau de l’Adefdo pour apporter sa botte de terre et contribuer à l’édifice./-

 

Source : http://www.adiac-congo.com/

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