Mode: attacher le pagne, tout un art de vivre

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Le pagne, ce bout de tissu en écorce battue, fibres tissées de raphia, coton ou matière végétale tressée, occupe une place indispensable dans le cœur et la vie des femmes en Afrique.

Il est une parure de beauté et de richesse que la nouvelle génération exhibe fièrement et que les stylistes africains et même d’ailleurs ne cessent d’embellir.  Au fil des ans, les Africains le revendiquent comme symbole identitaire. Qu’il soit Kenté, sénoufo, baoulé ou Wax, le pagne  représente un art de vivre et une valeur culturelle unique pour bon nombre d’Africains.

Avant qu’il ne soit aussi propulsé par les différents modèles proposés par les créateurs en haute couture, le pagne était généralement en version standard, qui nécessitait qu’on attache la pièce du tissu restant autour de la taille, pour former un ensemble avec un haut. Et pour cela, il fallait savoir l’attacher.

 Attacher le pagne, toute une école

Dans les pays d’Afrique en général et au Congo en particulier, attacher un pagne s’apprend en famille et dès le plus jeune âge. Et comme le veut la tradition congolaise, toute femme digne de ce nom doit savoir amarrer son pagne.  C’est auprès de leurs mamans que bon nombre de jeunes filles ont recours. Celles qui s’y prennent à temps deviennent à la longue les maîtresses de cet art. D’une manière globale, les Congolaises attachent un pagne de façon simpliste. Elles accompagnent la pièce de tissu d’une ceinture au bout de chaque extrémité pour l’attacher facilement et ne pas le permettre de tomber en public. Auparavant, ce bout de pagne servait aussi de portemonnaie. Elles y mettaient leur argent pour ensuite faire un grand nœud autour. Le pagne étant rectangulaire, les Congolaises mettent le bord gauche sur le bord droit, attachent la ceinture et le pagne est fait.

Les Congolaises portent le pagne de plusieurs façons : des hanches jusqu’aux cuisses (généralement lorsqu’elles effectuent des travaux ménagers) ; des hanches jusqu’aux chevilles (lorsqu’elles sortent à la vue de tous) et du torse jusqu’aux chevilles (en remplacement d’une serviette).

Le pagne ne s’attache pas au Congo comme en Côte d’Ivoire

En Côte d’Ivoire ou au Nigeria, les femmes attachent les pagnes en nouant un noeud devant ou sur le côté, donnant l’air d’une jupe. Pour cela, il faut tenir les deux extrémités, les joindre dans le sens contraire jusuqu’ à atteindre deux nœuds puis nouer le reste du pagne à l’arrière pour éviter qu’il ne lâche.  Pour beaucoup de Congolaises, attacher le pagne de cette façon s’avère très difficile. Toutefois, certaines y parviennent et l’adoptent lors des cérémonies festives.

Alors qu’il était le symbole de leur rejet dans les années noires de l’esclavage, le pagne est à ce jour un accessoire de mode et une fierté pour les femmes et hommes d’Afrique. Aujourd’hui sur divers pages Youtube, les youtubeuses proposent des vidéos qui démontrent les diverses manières de porter un pagne.

 

Légendes et crédits photo : 

Image illustrative

Source : http://www.adiac-congo.com/

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