Ministère de la Culture et des arts : des agents se sont imprégnés de l’importance des statistiques dans le secteur

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Un séminaire atelier de sensibilisation aux avantages des statistiques dans le domaine culturel a été organisé, du 15 au 16 mai à Brazzaville, avec le soutien de la représentation de l’Unesco en République du Congo, sous le patronage du  directeur de cabinet du ministre de tutelle, Romain Pindou.

L’atelier, le premier du genre, a été d’une grande importance pour les participants car le Congo ne dispose pas encore de données statistiques dans le secteur de la culture. Celles-ci permettent, entre autres, de connaître les industries culturelles du pays, de recueillir le taux de fréquentation des usagers dans les bibliothèques, les musées, le théâtre, le cinéma ; de mesurer l’offre de service culturel afin de comprendre la place qu’occupe la culture dans le développement du pays, a expliqué Bernard Akondzo, directeur de la Bibliothèque nationale.

« Si jusqu’à ce jour les gouvernants restent peu convaincus de la place ou la contribution réelle du secteur culturel à l’économie et au développement de notre pays, c’est parce que nous ne disposons pas de données chiffrées permettant de ressortir l’impact du secteur culturel sur le développement de notre économie. Il revient donc à nous, professionnels du secteur, d’élaborer ces statistiques culturelles, de les vulgariser afin que les décideurs puissent mettre en place une bonne politique culturelle », a-t-il indiqué.

La bonne tenue des statistiques culturelles permettra aussi aux opérateurs du domaine tant nationaux qu’étrangers de connaître les secteurs porteurs de revenu et d’investir en toute quiétude. « Sommes-nous déjà un seul instant posés la question de savoir à quel pourcentage le secteur culturel contribue au produit intérieur brut de notre pays ? La culture ne doit plus être considérée comme un secteur du folklore mais comme un secteur porteur de revenu au même titre que les autres secteurs de l’économie nationale. Le Congo qui mise sur la diversification de l’économie ne peut pas se passer des industries culturelles, bref de la culture qui est un secteur important pour booster son économie », a dit Bernard Akondzo.

Rigobert Banzouzi, parlant au nom du représentant de l’Unesco au Congo, a fait savoir que l’accès à la culture ne doit pas être un privilège, mais un droit fondamental. Que ce soit en tant qu’acteur ou spectateur, chaque être humain est d’une manière ou d’une autre impliqué dans l’activité culturelle de sa nation, qu’elle qu’en soit sa diversité, a-t-il laissé entendre. Il a poursuivi que la culture est au fondement de chaque société, et pour la République du Congo, la diversité culturelle est telle qu’il est nécessaire d’inventorier et d’analyser la richesse qu’elle recèle.

Les administrations invitées à tenir régulièrement les statistiques

Les statistiques sont devenues aujourd’hui plus que jamais indispensables pour évaluer la réduction de la pauvreté, car elles fournissent les éléments nécessaires à l’élaboration et au suivi de politique de développement efficace. Elles font ressortir, par leur pertinence, les domaines dans lesquels les ressources sont les plus indispensables et offrent de ce fait, les moyens de suivre le progrès et d’évaluer l’impact des différentes politiques mises en œuvre, a estimé le directeur de cabinet du ministre de la Culture et des arts.

« Pour le cas qui nous concerne, nous pouvons dire que les statistiques sont essentielles à la bonne gestion des services sociaux de base et, force est de constater que dans nombreux pays, elles occupent une place très importante dans l’élaboration des plans de développement. A contrario, il est relevé une faible capacité de mobilisation des ressources de production, d’analyse et d’utilisation des statistiques pour soutenir le développement. Au regard de ce constat peu reluisant, il est urgent pour nous de constituer une bonne base de données des statistiques culturelles afin de les mettre au service du développement », a signifié Romain Pindou.

Ainsi, à l’heure de la diversification de son économie, le Congo, à travers la culture, trouve là une opportunité de création d’entreprises susceptibles d’augmenter l’offre d’emplois. Les statistiques mises au service de la culture sont par conséquent déterminantes pour évaluer le poids réel de ce secteur sur l’économie, l’emploi, le social, bref sur le développement. D’ailleurs, dans l’agenda 2030 pour le développement durable adopté par l’Organisation des Nations unies, en septembre 2015, la culture occupe une place importante pour sa réalisation.

A l’issue de ce séminaire, les participants ont pris l’engagement de tenir régulièrement les statistiques dans leurs administrations respectives. Ils ont recommandé au ministère de la Culture et des arts la mise en place d’une cellule d’appui à la direction des études et de la planification, aux fins de collecter les statistiques culturelles avec, à terme, l’obligation des résultats sous forme de rapports. Ils ont recommandé également l’organisation d’un atelier de formation sur la collecte et la gestion des statistiques du secteur de la culture.

Légendes et crédits photo : 

Photo 1 : Le directeur de cabinet entouré du directeur de la Bibliothèque nationale et du représentant de l’Unesco
Photo 2 : Les participants à l’issue de la cérémonie d’ouverture

Source : http://www.adiac-congo.com/

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