Migrations : des morts incomptables au-dessus et au fond de la Méditerranée

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Plus de 8.000 migrants sont arrivés vivants sur les côtes italiennes durant le week-end de Pâques. Le nombre des morts, lui, relève de la seule évaluation…

Le corps d’une petite fille gisait au fond de la barque en perdition en Méditerranée. Il était allongé à côté de 12 autres cadavres quand la fillette a été retrouvée par les secouristes italiens dimanche, le jour de Pâques où les chrétiens célébraient la victoire de Jésus sur la mort ! 13 cadavres en une journée ? Actualité banale pour les humanitaires de part et d’autre de la Mer Méditerranée, du côté libyen, marocain ou au versant européen de cette « Mare Nostrum » (notre mère), le lien liquide entre l’Europe et l’Afrique.

Au fil des ans, même les chroniqueurs ne racontent plus que les épisodes les plus « sanguinolents » de cette tragédie sans fin qui touche les migrants fuyant principalement l’Afrique et tentant à tout prix – et ce n’est pas qu’une formule – une Europe où ils sont de moins les bienvenus. « Imagine le fait de porter le corps sans vie d’une enfant de huit ans jusque chez toi le jour de Pâques. Je n’oublierai jamais cette journée », a déclaré sur Twitter Chris Catrambone, fondateur du Migrant Offshore Aid Station (Station d’aide offshore aux migrants, Moas).

Les humanitaires italiens n’ont pas connu de répit depuis dimanche de Pâques. Ils sont venus en aide à plus de 2000 personnes. Mais la veille, samedi, c’étaient quelque 4.500 migrants qui avaient été secourus au cours de 35 opérations menées essentiellement par des navires affrétés par des Organisations non gouvernementales. Des ONG qui sont de plus en plus au cœur de la polémique en Italie, car suspectées de « faire leur beurre » avec le drame de l’immigration. Qui sont-elles ? qui finance leurs opérations ? entend-on désormais dans les médias.

Mais que faire : fermer les yeux et les oreilles devant le cri de détresse de personnes qui se noient pratiquement devant les caméras du monde ? Répondre à l’appel à la solidarité que ne cesse de lancer l’infatigable pape François depuis le Vatican où il a d’ailleurs accueilli des familles de désespérés ? Même les journalistes ne savent plus quel angle d’attaque privilégier pour raconter un drame qui se renouvelle au matin. Depuis janvier 2017, 666 migrants se sont noyés en Méditerranée ou sont portés disparus. Une formule vaine pour dire que sur les plus de 600 morts recensés, il en est qui ne seront jamais pris en compte. C’est la loi des statistiques, qui rappelle que toute l’année 2016, plus de 5.000 personnes ont été englouties par la Méditerranée. Le plus grand cimetière aquatique au monde !

Source : adiac-congo.com

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