Message du président de la République sur l’état de la nation en 2017, devant le parlement réuni en congrès, le 30 décembre 2017 à Brazzaville

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Monsieur le président du congrès;

Monsieur le président du Sénat;

Monsieur le Premier ministre, chef du gouvernement;

Mesdames, messieurs les membres du gouvernement;

Mesdames, messieurs les parlementaires;

Mesdames, messieurs les ambassadeurs et chefs de missions diplomatiques;

Mes chers compatriotes;

Le 25 octobre 2015, le peuple congolais, dans l’exercice de sa souveraineté, a décidé, en toute liberté, de faire évoluer le dispositif institutionnel de notre pays, en adoptant la Constitution de la Nouvelle République.

Après l’élection présidentielle réussie, le Premier ministre, chef du gouvernement, a été nommé, puis confirmé dans ses fonctions à l’issue du réajustement de l’équipe gouvernementale.

L’Assemblée nationale, les conseils départementaux, communaux et locaux, puis le Sénat ont été renouvelés dans les délais prescrits par la Constitution.

Je vous adresse donc mes sincères félicitations, à vous tous, sénateurs, députés, conseillers départementaux, communaux et locaux, nouvellement élus ou reconduits dans vos mandats respectifs.

Permettez-moi surtout de rendre un hommage mérité au vénérable André Obami-Itou et à l’honorable Justin Koumba qui ont conduit les destinées de notre Parlement, au cours de la 13e législature.

Pour leur contribution à l’expression de la démocratie au sein de l’hémicycle, je remercie vos anciens collègues parlementaires, qui ont quitté l’Assemblée nationale ou le Sénat, au terme des derniers scrutins.

Je salue les nouveaux présidents des deux chambres du Parlement, en les exhortant à poursuivre efficacement l’oeuvre engagée par leurs prédécesseurs.

La vie institutionnelle dans notre pays, c’est aussi la mise en place progressive des conseils consultatifs prévus par la Constitution.

Aujourd’hui, nous nous attelons à cette exigence pour que les nouvelles institutions constitutionnelles soient installées dans les meilleurs délais.

En cette matière, le choix de notre peuple traduit sa détermination à garantir, au Congo, un environnement de paix, de démocratie et de partage.

Mes chers compatriotes

L’histoire tend toujours à se repéter lorsque les peuples ne tirent pas les bonnes leçons du passé.

Notre pays, qui a vécu les moments de paix et les blessures des conflits, ne peut se permettre d’expérimenter, à nouveau, toute déflagration de viloences.

La paix règne sur le territoire national, bien que le Pool traverse des épisodes d’insécurité, sur fond de grand banditisme, aux conséquences fort déplorables.

– Plusieurs projets importants de coopération sont compromis, à l’image de la route Gambari-Mindouli et de la cimenterie de Mindouli.

-De nombreux enfants privés de scolarisation pourraient être condamnés à l’ignorance durant toute leur vie.

-La destruction des infrastructures concourant au progrès et au bien-être des populations du Pool confine ce département dans une situation de ruine et de désolation.

Le 3 octobre 2017, les sages ainsi que les notabilités traditionnelles et religieuses du Pool ont pris le ferme engagement, devant l’opinion nationale, d’oeuvrer à la résolution de la situation désolante qui y prévaut.

Devant la représentation antionale en Congrès, je réitère que ce département ne saurait être, aussi longtemps, pris en otage.

Dans cette optique, un accord a été établi, le 23 décembre 2017, pour contribuer à la consolidation de la paix, l’unité nationale et la démocratie dans notre pays.

Les parties signataires conviennent, notamment, de:

-l’arrêt des hostilités et du ramassage des armes détenues par les miliciens;

-la restauration de l’autorité de l’Etat;

-la libre circulation des personnes, des biens et des services.

Dans ses prérogatives, le gouvernement garantira les conditions nécessaires pour une issue fructueuse de ce processus, en l’occurence la démobilisation des jeunes en armes, leur réinsertion professionnelle, sociale et économique ainsi que la réinstallation des populations déplacées dans leurs villages respectifs.

Une fois de plus, le moment est venu, pour tous, de s’inscrire, sans exceptions ou états d’âmes, dans cette dynamique républicaine et salutaire.

L’opinion nationale et internationale est prise à témoin.

Je conclus, sur ce volet du Pool, par une sévère mise en garde contre les calculs politiciens de petit leadership départemental qui oeuvreraient à parasiter les démarches initiées pour un retour à une vie normale dans cette partie du territoire national.

Il s’agit ici de la vie des compatriotes qui n’ont que trop souffert et ne demandent qu’à vivre en paix.

Mes chers compatriotes;

Tributaire en grande partie des cours pétroliers, notre pays connaît des difficultés conjoncturelles évidentes.

Celles-ci participent d’une crise qui affecte tous les Etats du monde, y compris les plus puissants, en Europe et dans les pays arabes.

Face à cette épreuve, n’ayons ni la mémoire courte, ni le réflexe démagogique et irresponsable du raccourci facile.

Aucune oeuvre humaine n’est certes parfaite.

Il y aura toujours des erreurs à redresser au bout d’une expérimentation renouvelée ou d’une accumulation rythmée par les performances réalisées et la portée des enseignements tirés.

Pour son essor, le Congo a retenu une stratégie d’aménagement du territoire essentiellement axée sur la municipalisation accélérée de tous les départemnts et le désenclavement de l’arrière-pays.

ll s’agissait, entre autres, de doter le pays d’infrastructures vitales, socle de notre marche vers le développement.

Décliné annuellement, ce programme a permis de lever la plupart des contraintes majeures pour créer les conditions permissives du progrès.

Indépendamment de la municipalisation accélérée, un ensemble de projet structurants a été réalisé, en mettant le pays sur le cap de l’industrialisation et de la modernisation, pour ne citer que;

-la construction de la route nationale Pointe-Noire-Brazzaville-Ouesso;

-l’installation des aéroports dans tous les chefs-lieux des départements;

-l’implantation du barrage hydro-électrique d’Imboulou;

-la réhabilitation et la construction des lignes Très Haute Tension;

-l’édification du barrage électrique de Liouesso.

Je pense aussi à:

-la construction et la modernisation des infrastructures de santé;

-l’extension et la réhabilitation du réseau routier;

-l’érection et la mise à niveau des plateformes universitaires et scolaires;

-l’implantation des infrastructures à caractère socio-économique, tels les espaces modernes de commerce ou de sport.

Sans occulter les faiblesses de son parcours, le Congo se transforme et nul ne peut raisonnablement nier les avancées louables enregistrées.

Les infrastructures lourdes, destinées à soutenir le développement de notre pays, n’ont pu être réalisées sans un apport extérieur, sous forme d’emprunts, en appui à nos resources propres.

Dans nos préoccupations fondamentales, nous nous sommes efforcés de préserver les acquis sociaux.

En pleine crise, l’Etat a tenu ses engagements.

Pour tous les agents de l’Etat, le relèvement de la valeur du point d’indice de solde de 275 à 300, suite aux négociations de 2013 avec les partenaires sociaux, est effectif depuis janvier 2017.

Nous atteignons la fin de cette année sans arriérés, en ce qui concerne les fonctionnaires.

Il reste que la prise en charge des agents de l’Etat admis à la retraite et le paiement de leurs pensions constituent un défi majeur qu’il n’ous faut impérativement relever.

Nous sommes sensibles aux services rendus à la Nation et au sens patriotique de nos compatriotes agents de l’Etat à la retraite. Nous sommes conscients de leurs sacrifices.

L’Etat s’emploiera à honorer ses engagements vis-à-vis de cette comosante essentielle de notre peuple.

Ces arriérés constituent une créance sûre et exigible.

S’agissant des pensions, j’interpelle surtout certains établissements publics qui prélèvent les cotisations mais ne les reversent pas aux caisses de sécurité sociale, ceci pour financer leur fonctionnement.

Cette attitude ne peut permettre aux travailleurs, ayant cotisé durant toute leur vie active, de jouir de leurs pensions à la retraite.

Je demande au gouvernement de mettre instamment fin à cette pratique malveillante.

En tout état de cause, la solution adéquate et durable réside dans la réforme du système de sécurité sociale à laquelle nous accordons toute son importance.

Nous ne pouvons ignorer la grande tempête qui a secoué les structures à budget de transfert, notamment le Centre hospitalier et unversitaire de Brazzaville et l’université.

Tout en comprenant les revendications légitimes et justifiées des uns et des autres, aucune motivation ne peut rendre insensible le personnel médical, notamment les médecins pourtant astreints au serment d’Hypocrate, devant la nécessité de sauver une vie.

En parallèle, le refus d’assurer le transfert de connaissances aux étudiants est une entrave grave à la préparation des élites dont le pays a le plus grand besoin pour son développement.

La transmission de savoirs participe de l’obligation objective de léguer, aux générations actuelles et futures, les outils nécessaires pour bâtir le Congo.

Il reste entendu que la rigueur de la conjoncture induit des tensions de trésorerie, en mesure de ralentir même les démarches les plus volontaristes.

Pour tout dire, un service minimal a été assuré au niveau du fonctionnement de l’Etat.

Même dans cette situation de crise, la volonté soutenue de poursuivre l’exécution des projets emblématiques demeure intacte, en l’occurence:

-la construction de la ligne Haute Tension pour desservir la zone industrielle de Maloukou, appelée à abriter une quinzaine de petites et moyennes entreprises,

-la mise en valeur de la zone économique de Pointe-Noire, avec la construction du port minéralier qui s’inscrit dans l’option de la diversification économique et la création d’emplois;

-les projets porteurs déjà réalisés dans le cadre de la restructuration de l’économie nationale.

A ce titre, notre pays dispose à présent de quatre cimenteries qui ont permis de réduire le prix du sac de ciment, de 12 000 à 4 000  francs CFA.

Mers chers compatriotes;

Notre pays dispose d’avantages certains et suscite beaucoup d’intérêt. L’horizon invite à l’optimisme.

Les négociations avec le Fonds monétaire international augurent d’une issue encourageante.

Il s’agira de remettre en ordre les bases d’une croissance soutenue, durable et inclusive grâce, notamment, à des ressources additionnelles.

Compte tenu de ses atouts, le Congo reste attractif pour l’investissement étranger.

J’évoquerais volontiers l’inauguration récente de la nouvelle cimenterie implantée dans le district de Yamba, département de la Bouenza.

Ce complexe a été mis en exploitation avec plus de 350 postes de travail fonctionnels, un potentiel effectif d’emplois directs et indirects et une perspective favorable d’exportation de ciment.

L’usine des poly-métaux à Mfouati, dans la Bouenza, et les grands moulins du Kouilou à Vindolou valorisent notre tissu industriel.

De ce fait, la mise en valeur de nos matières premières, hors pétrole, doit constituer un des axes d’actions prioritaires pour le gouvernement.

Il nous faut nous organiser davantage pour accélérer l’entrée en production de:

-la Fonderie du Congo à Dolisie dans le Niari;

-des unités industrielles de Maloukou dans le Pool;

-de la Congolaise des panneaux solaires à Oyo;

-du complexe industriel céramique de Makoua dans la Cuvette.

Parmi les défis qu’il nous faut relever, figure l’offre alimentaire insuffisante en denrées de base.

Malgré l’importance des ressources financières allouées, le secteur agricole s’est régulièrement illustré par des résultats mitigés.

L’autosuffisance alimentaire annoncée durant plusieurs années ne doit pas être un slogan creux, qui renvoie à un sentiment permanent d’échec et d’impuissance.

Pourtant, cet objectif reste entièrement à notre portée. Le Congo bénéficie de la générosité de la nature, avec une hydrographie suffisante, une pluviométrie abondante, relativement équilibrée sur l’’année, un ensoleillement appréciable, 12 millions d’hectares de terre arable et un million d’hectares de terre arable et un maillage routier permanent d’accélérer aux grands centre de consommation.

Dès le début de l’année 2018, il importera de décliner les signaux de notre ferme volonté d’aller vers cet objectif essentiel.

D’ores et déjà, à l’occasion du Conseil des minstres du 27 décembre 2017, le gouvernement a opté pour la relance, à grande échelle, des programmes de culture de banane, manioc et cacao.

Pour le développement de l’agriculture, les financements inscrits au budget de l’Etat, exercice 2018, devront être mobilisés de manière effective. J’y veillerai personnellement.

Par la production agricole, s’articuleront la mobilisation des populations, la circulation de la monnaie et le développement rural.

Des progrès significatifs sont possibles si notre organisation, dans la sphère agricole, est portée à son fonctionnement optimal.

Ce programme de culture du manioc, de la banane et du cacao doit être exécuté dans la perspective de techniques modernes, à savoir l’irrigation des zones de production et la mécanisation, pour des rendements plus importants.

Pour cette raison, j’en appelle à la conscience des acteurs du secteur, tout en rendant particulièrement hommage à ces femmes et ces hommes qui se consacrent, chaque jour, aux activités agro-sylvicoles, pastorales et halieutiques, malgré les difficultés multiformes auxquelles ils sont confrontés sur le terrain.

Dans le domaine de l’environnement, de la lutte contre les changements climatiques, du développement durable et de la protection du bassin forestier du Congo, notre pays a initié le « Fonds bleu pour le Bassin du Congo » qui a donné lieu, les 8 et 9 mars 2017 à Oyo, à une conférence internationale et la signature d’un Mémorandum d’entente par 12 pays.

Instrument financier destiné à améliorer la qualité de vie de nos populations et soutenir la protection des forêts du Bassin du Congo, le Fonds bleu a fait l’objet d’un vibrant plaidoyer de la 72e session de l’Assemblée générale des Nations unies, en octobre 2017 à New-York.

Nous avons renouvelé cet appel, en novembre dernier, lors de la COP 23 à Bonn en Allemagne.

A Paris le 12 décembre 2017, nous avons pris part au Sommet sur le financement de la lutte contre les changements climatiques.

Un nouvel appel a été lancé à l’endroit des partenaires au développement et aux investisseurs privés, pour apporter leur appui technique et finacier au Fonds bleu.

En oeuvrant pour la paix, il nous faut en même temps continuer à nous préoccuper des contingences relatives à l’environnement.

Par conséquent, je réaffirme la directive sur le recadrage de la célébration de la Journée de l’arbre, le 6 novembre, afin qu’elle cesse d’être le fait de la seule élite politique et administrative, en retrouvant sa dimension populaire, à travers une participation de masse, associant cchaque citoyen au rite vert.

Mes chers compatriotes;

Au titre des performances, s’affiche une avancée de plus dans l’offre d’énergie.

Celle-ci a connu, cette année, une augmentation de 19 mégawatts, avec la mise en eau du barrage hydroélectrique de Lioesso, dans la Sangha.

De son côté, la centrale électrique du Congo va renforcer sa puissance et passer de 300 à 450 mégawatts, alors que la ligne Moukoukoulou-Mabombo-Mayéyé-Sibiti a été mise sous tension.

La perspective de construction du barrage hydroélectrique de Sounda, pouvant développer une capacité de 600 mégawatts, est sérieusement ouverte avec la présentation, au gouvernement, des études réalisées.

De plus en plus importants, les besoins en électricité attendent d’être mieux couverts, d’où la nécessité d’engager des réformes appropriées.

Au tableau des infrastructures de base réalisées, notons également:

-l’extension de l’épine dorsale en fibre optique d’Owando vers Ouesso;

-la construction du réseau fixe et mobile dans tous les chefs-lieux des départements;

-l’inauguration du port d’Oyo.

Les travaux de réfection des deux ponts détruits, sur le Chemin de fer Congo Océan dans le département du Pool, ont été lancés.

L’ouverture des voies terrestres d’intégration sous-régionale se poursuit. La route en terre Pokola-Makao-Enyellé vient d’être ouverte à la circulation. N’oublions pas le Centre international de conférences de Kintélé et le Complexe sportif « La Concorde », qui a accueilli l’élite continentale du sport, pour le 50e anniversaire des Jeux africains.

La construction de la Cité administrative ainsi que celle des sièges du Sénat et de l’Assemblée nationale ont été lancées.

Le programme de délocalisation et de modernisation des casernes, qui contribue à l’amélioration des conditions de travail et de vie du personnel de la force publique, a connu, cette année, la réception de deux nouvelles casernes, une base vie de 452 appartements et des équipements sociaux constitués d’écoles et de centres de santé.

Outre les résultats énoncés ci-dessus, soulignons les efforts dans le logement et les bâtiments administratifs.

Des 6 500 logements mis en chantier, 3 000 unités sont totalement achevées.

Mes chers compatriotes;

Le monde du travail a connu des sérieuses perturbations. Il est en pleine restructuration pour s’adapter à la conjoncture actuelle.

L’encadrement de la relation professionnelle s’exerce en concertation avec les syndicats des travailleurs et les organisations patronales.

Bien que reconnu dans notre pays, le droit de grève ne saurait devenir la manette déstabilisatrice et paralysante des entreprises et des administrations.

Souvenous-nous des grèves intempestives qui, pour des finalités politiciennes au début des années 90, ont annihilé tant de sacrifices endurés par notre peuple. Des pans entiers du secteur économique d’Etat ont été détruits.

Mais, que représentent d’hypothétiques droits sociaux face à des salaires qui auraient pu être payés normalement si l’outil de travail avait été préservé?

C’est pourquoi, j’en appelle à la conscience des acteurs du monde du travail pour que soient préservés, en toutes circonstances, la paix sociale, l’outil de travail et la cohésion dans le secteur productif.

En matière d’éducation et de couverture sanitaire, des progrès sensibles ont été réalisés.

Après une période préjudiciable de flottement, le système de formation de notre pays renoue avec l’organisation maîtrisée et fiable des examens d’Etat.

La multiplication des opportunités de formation des formateurs présage d’une meilleure prise n charge pédagogique des élèves et étudiants ainsi qu’un effort de professionnalisation plus important.

La formation professionnelle bénéficie dorénavant des centres d’éducation, de formation et d’apprentissage à Brazzaville, Pointe-Noire et Dolisie.

S’agissant de l’amélioration de l’offre de soins, l’hôpital général Edith-Lucie-Bongo-Ondimba a été mis en service le 10 mars 2017.

Le centre national de référence de la drépanocytose a aussi ouvert ses portes.

La question du médicament a fait l’objet de la création d’une Centrale d’achat des médicaments essentiels et autres produits de santé.

La coopération avec le Fonds mondial a permis la fourniture des médicaments antipaludiques, antituberculeux et antirétroviraux.

Les secteurs éducatif et sanitaire, ces piliers du social, bénéficieront toujours de toute notre attention.

Pour la jeunesse, l’avenir n’est ni dans le grand banditisme, ni dans les comportements déviants. Les jeunes doivent s’imprégner des grands principes de la République et du respect de l’Autre et du bien public, pour garantir l’avènement d’une société plus fraternelle qui éloigne, aujourd’hui et demain, de la violence et de l’incivisme en prônant l’observation stricte des valeurs morales.

Pour cela, j’interdis aux jeunes d’adopter des postures qui rappellent le salut nazi, lorsque s’exécute LA CONGOLAISE, notre hymne national. Ils le font naïvement certes, mais ils ne devraient pas en ignorer la signification.

Je rassure que le gouvernement s’attèle, en fonction des ressources disponibles, à offrir les conditions qui prédisposent à l’épanouissement des jeunes générations, notamment la formation et la création d’emplois, surtout que la jeunesse est au coeur de notre projet de société.

Mes chers compatriotes ;

En parlant de la rupture en 2016, j’invitais à la dénonciation et la cessation avec les antivaleurs, qui constituent un véritable frein à la marche vers le développement.

Très vite, ce mot d’ordre a été tourné en dérision, même à des niveaux responsables. Aujourd’hui, rupture serait synonyme de crise.

Près de deux ans après l’énoncé de cette directive, je réitère mes propos pour dire que la rupture concerne la lutte contre les antivaleurs. C’est la primauté du droit et de la justice sur l’arbitraire et l’impunité.

Ce postulat tire son objectivité de l’application du principe de la sanction.

Il s’agit de réprimer, éduquer, redresser lorsque les faits l’exigent.

Face à la fraude, la corruption, la concussion, le trafic d’influence, le laxisme, sanctionner restera la pierre angulaire de la gouvernance, sur l’autel de la législation et la réglementation en vigueur.

Dès lors, est-ce à croire que les seules sanctions à considérer ou à mettre en oeuvre seraient uniquement celles qui résultent des décisions du président de la République?

Dans notre pays, aucune disposition n’interdit aux procureurs de la République de se saisir des dossiers délictieux, y compris ceux portant sur des crimes économiques.

Les conseils de discipline ont disparu des pratiques rigoureuses de gestion et de bonne gouver nance.

Qui donc empêche, par exemple, aux représentants du peuple que sont les députés et les sénateurs, d’exercer une prérogative constitutionnelle, l’enquête parlementaire?

En tout cas, pas le président de la République.

Le réflexe de la sanction s’est fortement altéré.

L’expansion de l’impunité tient assurément du clientélisme et du fait électoraliste exacerbés, au nom d’une interprétation erronée de l’exercice démocratique, par la mauvaise gestion du pluralisme politique dans notre pays, la recherche effrénée d’assise, d’influence et de leadership qui consacrent la faiblesse des uns et des autres devant la nécessité de la sanction.

La rupture doit se compléter de la rigueur afin que la sanction s’impose à tous les échelons de la hiérarchie sociale, économique et administrative.

L’application stricte de la loi, dans toute sa rigueur, redonnera à la rupture son sens le plus profond et reconnaîtra, à la République, son devoir protecteur de la vertu, l’Etat se chargeant, chaque jour, de traquer les antivaleurs.

L’histoire de l’humanité démontre que c’est durant les grandes crises que l’instinct de survie a amené l’homme à plus de créativité et à développer d’autres réflexes.

La situation actuelle devrait nous amener à nous éloigner de la facilité.

A titre d’illustration, plutôt que de combattre les branchements clandestins, la Société nationale de distribution d’eau et la Société nationale d’électricité préfèrent la facilité et choisissent les raccourcis en opérant de sordides péréquations par les majorations de taxation et de coût sur les abonnés réguliers.

Ainsi, d’honnêtes compatriotes paient le prix de l’incivisme de certains citoyens.

Aucun peuple ne s’est affranchi en dehors du travail. Il nous faut résolument intégrer un nouvel état d’esprit, un univers mental en harmonie avec les obligations qu’imposent la conjoncture actuelle et la sauvegarde des fondements de nos ambitions ultérieures.

Le chemin le plus court recherche la jouissance, la réjouissance et les ponts entre les jours fériés.

Même les moments douloureux, comme les obsèques, sont exploités et transformés en instant de jouissance dans une société, comme la nôtre, qui a depuis toujours observé le culte de ses disparus.

Nous devons promouvoir l’excellence afin que l’intelligence collective secrète des nouveaux modes de penser et d’agir.

Sans créativité, comment nos ancêtres auraient-ils réalisé que la crotte de chèvres était un intrant agicole capable d’accroître leur production?

Sauvons-nous, nous mêmes. N’attendons pas que le salut viennent d’ailleurs.

C’est ce qui fera que nos partenaires se mobiliseront pour nous aider davantage.

La créativité, c’est, entre autres, organiser l’informel pour qu’il soit protégé par la loi et placé à l’abri des racketteurs, ceci pour l’amener à contribuer à l’essor de notre économie.

Pour matérialiser notre détermination à consolider l’Etat de droit, j’annonce la tenue imminente du Conseil supérieur de la magistrature.

Ces assises nous offriront l’opportunité d’examiner les possibilités d’insuffler plus d’efficacité à la justice et de combattre la corruption qui gangrène cette institution.

La lutte contre la corruption doit être menée dans tous les secteurs d’Etat et, plus particulièrement, au niveau des régies financières.

Puisqu’il est question de la justice, tout en respectant le principe intangible de la séparation des pouvoirs prescrit par la Constitution, j’émets le vœu, en tant que garant des institutions, que s’ouvre, courant premier trimestre de l’année 2018, le procès des citoyens actuellement en garde à vue prolongée, accusés d’avoir troublé l’ordre public ou porté atteinte à la sûreté de l’Etat, au terme des scrutins référendaires et présidentiel de 2016.

Mes chers compatriotes;

Le Congo tient son rôle et sa place dans la promotion de la concorde, l’amitié et la solidarité entre les peuples.

Notre diplomatie recueille les dividendes d’une action de grande envergure, structurée et intense.

La politique de bon voisinage au niveau bilatéral et les consultations régulières, voire permanentes, au plan multiral donnent à notre pays une dimension et une posture internationales incontestables.

L’Afrique a besoin de paix. Le règlement des conflits sur le continent a requis notre disponibilité et notre engagement panafricanistes.

Dans ce cadre, notre pays a abrité, le 9 septembre et le 26 novembre 2017 à Brazzaville, respectivement la 4e réunion du comité de Haut niveau de l’Union africaine sur la Libye et celle du Haut conseil des villes et tribus libyennes.

Ces rencontres ont permis, entre autres, de relancer le dialogue inter-libyen. Le processus de retour à la paix dans ce pays évolue dans la bonne direction et nous en réjouissons.

En outre, le Congo a accueilli, le 19 octobre 2017, le 7e Sommet de la Conférence internationale sur la Région des Grands Lacs, CIRGL en sigle, ainsi que la 8e réunion de Haut niveau du mécanisme de suivi de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la République démocratique du Congo et les Grands Lacs.

Ces réunions ont abouti, entre autres, à la définition des voies et moyens susceptibles de favoriser le règlement des crises qui touchent notre sous-région.

Dans cette optique et en qualité de président en exercice de la CIRGL, j’ai conféré avec les chefs d’Etat de l’Angola et de la République démocratique du Congo, le 9 décembre 2017 à Brazzaville.

Ce mini-sommet a passé en revue les préoccupations relatives à la paix et la sécurité dans la Région.

Les efforts du Congo se poursuivront dans ce sens, pour la Libye et les pays des Grands Lacs.

C’est notre part du devoir, en fait la tranche de sacrifice que consentent les Congolaises et les Congolais pour la paix, l’honneur et la dignité de l’Afrique.

Mes chers compatriotes ;

Un grand philosophe des temps anciens énonçait « qu’aimer ce que le peuple aime et avoir en aversion ce qu’il a en aversion, cela s’appelle être le Père du peuple ».

La situation préoccupante de notre pays impose aux dirigeants, à quelque niveau qu’ils soient, de faire preuve d’humilité et de solidarité avec le peuple, en renonçant à toute ostentation.

A ce sujet, je renouvelle les instructions inhérentes à la nécessité de réduire la fréquence des missions à l’étranger et la composition des délégations.

Il en est de même de l’usage abusif des véhicules administratifs et de service.

Ce rappel annonce d’autres messures et réformes visant la réduction du train de vie de l’Etat sur lesquelles doit se pencher, sans délai, le gouvernement.

La crise doit nous aider à rectifier certains comportements.

Dans tous les cas, la vertu des hommes d’Etat fait vite prospérer leur pays, tout comme celle de la terre fait croître les plantes et les arbres.

Le Congo n’est ni un village, ni une île abandonnée.

Il trouvera les ressorts adéquats pour poursuivre sa marche vers le développement.

Nos partenaires internationaux apprécient l’urgence d’accompagner notre pays à l’équilibre de ses finances publiques.

Rien n’est perdu. Bien au contraire, l’espoir est permis.

Il nous faut vaincre l’adversité, dans le respect des lois de la République.

Par-delà cette exigence, dans quelques heures, s’affichera l’année nouvelle, 2018, avec son lot d’espérances.

A l’ensemble de notre peuple et à vous-même ici rassemblés, je souhaite une Bonne et Heureuse année 2018.

Que chacun trouve, à travers ces vœux, le réconfort nécessaire et la motivation suffisante sur le chemin de notre avenir commun.

Vive le Congo,

Vive la République.

Je vous remercie.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : adiac-congo.com

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