Émergence : l’Afrique soutient l’idée d’un bond économique

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Les experts africains réunis au sein de l’Observatoire pour l’émergence en Afrique (Obema) viennent de publier la première édition de l’Index de l’émergence en Afrique. Repris dans son intégralité par nos confrères de l’Agence Ecofin, ce classement prétend développer une nouvelle approche méthodologique adaptée à la fois aux réalités socio-économiques des pays africains et au caractère multidimensionnel de l’émergence, ne se réduisant pas à la seule performance économique du pays, comme le soutiennent certains dirigeants de la région.

Des pays sont classés en fonction des scores qui s’étendent de zéro à  cent. Ils sont qualifiés ainsi « d’émergent », de « seuil », de « potentiel » et « autres ». Un pays comme la RDC (43e place, moyenne générale 38,64) par exemple est classé au rang de pays ayant un marché « potentiel ». En d’autres termes, il s’agit des pays qui possèdent des ressources et des capacités importantes, mais ne réussissent pas à les mobiliser en vue de l’émergence. Les experts ont placé le nombre le plus important de pays de la région dans cette catégorie peu flatteuse. Au total, l’on compte près de vingt et un pays africains, partant de Djibouti à la RDC en passant par le Libéria, l’Éthiopie, le Mali, le Zimbabwe, le Congo Brazzaville, le Cameroun et même le Nigéria.

L’ampleur du phénomène de l’émergence en Afrique justifie tout l’intérêt porté par les experts africains à ce nouveau classement. Un chiffre suffit pour s’en convaincre. Actuellement, Au moins trente-sept des cinquante-quatre pays africains ont lancé un plan visant à se hisser au rang d’émergent, explique le coordonnateur de l’Obema, le Pr Mamadou Gazibo. Mais, fait-il remarquer, il se pose une difficulté réelle à définir correctement la notion même de l’émergence qui ne bénéficie pas, poursuit-il, « d’une conceptualisation claire et adaptée à l’Afrique ». Beaucoup de dirigeants africains s’inspirent du modèle asiatique, avec le phénomène des dragons. Derrière ce choix, il y a l’idée d’un bond économique. D’autres approches sont utilisées pour tenter de définir l’émergence. Elles s’attachent en tout cas à certaines considérations comme la finance internationale (marché émergent), la recomposition des équilibres géoéconomiques et géopolitiques internationaux (Brics) et tant d’autres phénomènes.

Pour mettre fin à cette confusion, les concepteurs de l’Index ont réussi à mettre en place une approche différente qui se réfère aux facteurs universels et africains sur le développement. Ils vont plus loin en proposant une définition de l’émergence qui prend en compte le délicat « processus de transformation économique » qui se traduit par « des performances aux plans social et humain », et qui prend place « dans un contexte politique et institutionnel stable susceptible d’en assurer la soutenabilité ». Voilà pour la définition. Cela revient à dire que les pays émergents répondent à plusieurs critères essentiels, une vingtaine au total. Ceux-ci varient de la politique (stabilité, leadership, etc.) à la société (dépenses en santé, espérance de vie à la naissance, etc.) en passant par l’économie (croissance du PIB, infrastructures, climat des affaires, etc.) et le développement humain (indice d’éducation, émigration des personnes qualifiées, etc.).

Les vingt-trois critères ont permis de classer onze pays africains comme « émergents » : Maurice, Afrique du Sud, Seychelles, Botswana, Cap Vert, Rwanda, Ghana, Tunisie, Namibie et Maroc. Onze pays se retrouvent dans la seconde catégorie qualifiée de « seuil ». Ces pays sont sur le point de s’engager dans la voie de l’émergence. Après les viungt et un pays africains classés comme « potentiel », il y a enfin la catégorie « autre » qui concerne les pays dont les conditions ne leur permettent pas de s’engager dans cette voie. Le classement général permet une dernière observation inquiétante. C’est la place de l’Afrique centrale dans la comparaison des critères économiques par région. Notre sous-région vient en dernière position avec un score de trente contre quarante-cinq pour l’Afrique du Nord.

Source : adiac-congo.com

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