Mécénat : le musée galerie du Bassin du Congo offre un important lot de tubes de couleurs aux peintres de Poto-Poto

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Le don remis  le 5 octobre, par la directrice du musée, Lydie Pongault, s’inscrit dans le cadre du soutien aux artistes de l’établissement, afin de leur permettre de créer des œuvres.

Confrontés à des difficultés, notamment dans la création et la réalisation des tableaux, parce qu’ils manquent de peinture, les artistes peintres de Poto-Poto ont sollicité du musée galerie du Bassin du Congo un soutien dans ce sens.

 Jacques Iloki, vice-président de l’association des peintres de cette école, a indiqué:« Depuis un certain temps, nous travaillons avec les moyens du bord. Nous sollicitons des peintures de couleur auprès d’autres peintres. Ne pouvant plus supporter cette situation, nous avons adressé une demande à nos partenaires qui ont toujours été à notre écoute, à savoir le musée galerie du Bassin du Congo et Les Dépêches de Brazzaville. Tel est le sens de la cérémonie d’aujourd’hui ». 

Le cri d’alarme de l’association des peintres de Poto-Poto a été entendu et la solution apportée. Lydie Pongault l’a signifié dans son mot d’usage. « Le musée galerie du Bassin du Congo vient à l’école de peinture de Poto-Poto vous offrir ces peintures pour que vous puissiez travailler et créer des œuvres comme vous savez le faire avec les doigts de maîtres. Que ces tubes de peinture vous permettent de créer des œuvres sublimes », a-t -elle déclaré  en remettant ce don.

Exprimant sa joie, le vice-président de l’association des peintres de Poto-Poto a assuré qu’avec ce coup de pouce, ils vont pouvoir reprendre leur vitesse de croisière. « Ces peintures nous permettront de travailler jusqu’en janvier et nous espérons que ce genre d’événements sera pérenne », a t-il souhaité. 

Tout comme Jacques Iloki, Sylvestre Mangouandza, président de l’association de peintres de Poto-Poto, a exprimé sa grande joie. « Cela fait plus de quatre ans que nous, artistes de peinture de Poto-Poto, n’avions plus eu l’occasion de pouvoir monter une exposition crédible par manque de matériels. Aujourd’hui, le musée galerie du Bassin du Congo a pensé que l’Ecole de peinture de Poto-Poto ne doit pas continuer à rester dans l’ombre, elle doit reprendre ses lettres de noblesse en montrant, aux yeux du monde, son écriture appropriée. Nous ne pouvons que dire grand merci à ce musée pour cette aide », a-t-il fait savoir.

Antoine Sita, l’un des doyens de la peinture de la très célèbre École de peinture de Poto-Poto, autrefois en détresse, a témoigné cette période de calvaire. « Je ne vis que de la peinture, elle est ma passion. Tous ceux de ma génération pour la plupart sont morts et je suis resté pratiquement le seul. J’ai passé des moments difficiles sans peinture. J’utilisais des petits tubes que j’achetais au marché à 5 000 FCFA, ne me permettant malheureusement pas de finir mes toiles. Avec ce don salvateur, nous pourrons faire des toiles plus importantes », a-t-il promis.

Devant cette inquiétude des peintres bien qu’émus momentanément (parce que la durée estimée de ces tubes est de trois mois environ de fonctionnement), les responsables du musée galerie du Bassin Congo souhaitent continuer à aider cette structure, comme ils l’ont toujours fait d’ailleurs.

Pour le directeur de cette école qui relève du ministère de la Culture et des arts, Parfait Mbon, le don offert par le musée galerie du Bassin du Congo s’inscrit dans le cadre du partenariat existant entre les deux structures depuis une décennie.

Parfait Mbon envisage, pour sa part, d’arrimer l’Ecole de peinture de Poto-Poto à la modernité, en projetant la construction d’un bâtiment annexe qui abritera un site web pour les ventes en ligne et une salle d’exposition climatisée. A cela s’ajoute l’établissement des statistiques annuelles de production et commercialisation des œuvres, en vue de mesurer l’apport de cette industrie culturelle créative dans l’économie. Pour y parvenir, l’école a besoin d’un important partenariat d’aide à la production.

En route pour la célébration en 2021 de ses 70 ans d’existence, outre les réformes précitées, un projet de texte spécifique destiné à renforcer le statut juridique de cette structure technique est déjà introduit dans le circuit d’approbation.

Quant au fameux volet de la subvention de cette école, son directeur dit qu’ils ont déjà engagé des démarches y afférentes auprès des services compétents.

Légendes et crédits photo : 

Photo 1 : Lydie Pongault remettant un échantillon des tubes de peinture au président de l’association des peintres de Poto-Poto, Sylvestre Mangouandza
Photo 2 : Jacques Iloki exprimant les problèmes que rencontre l’école aux partenaires
Photo 3 : Le doyen des peintres de Poto-Poto, Antoine Sita, présentant ses œuvres à Bénédicte de Capelle

Source : http://www.adiac-congo.com/

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