Manifestation du 30 novembre : la marche du Rassemblement contenue d’une main ferme

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L’appel à la marche pacifique pour protester contre le calendrier électoral publié par la Céni et exiger une transition sans Joseph  Kabila a eu un écho favorable dans certaines provinces du pays sans pour autant se concrétiser, faute d’autorisation légale.

Si, à Kinshasa, la manifestation a viré en ville morte par peur des représailles de la police qui a quadrillé toute la ville, cela n’a pas été le cas dans l’arrière-pays où les militants du Rassemblement ont, à certains endroits, bravé les forces de l’ordre avec toutes les conséquences qui s’en sont suivies. Le côté téméraire des manifestants leur a valu des interpellations mais aussi des arrestations. C’est notamment le cas du coordonnateur du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement et secrétaire fédéral de l’UDPS/Kasaï-Oriental. D’après des sources locales, Denis Kalombo aurait été arrêté par la police au quartier général de son parti alors qu’il attendait les membres et sympathisants de sa formation politique, en vue de débuter la marche pacifique annoncée.

Dans la foulée, apprend-on, plusieurs autres manifestants dont quatre du mouvement citoyen Lucha auraient été aussi arrêtés. Bravant l’interdiction de la marche, il nous revient qu’une poignée des manifestants a, par des voies détournées, réussi à atteindre le bureau de la Monusco à Mbuji-Mayi où a été déposé un mémorandum. Même scénario ou presque à Uvira où la police a dispersé, à coup de gaz lacrymogène, des manifestants qui tentaient de se rassembler sur la place Kavimvira. Une personne, en l’occurrence le président sectionnaire de l’UNC présenté comme le chef de file de l’opération, aurait été grièvement blessée. Toute la journée, les éléments de la police et de l’armée étaient visibles sur les artères principales de la cité, exacerbant par leur présence la psychose générale.

À Kalemie, il est fait état de six membres du Rassemblement qui ont été interpellés à la Place Kisebwe, un des points chauds de la ville alors qu’ils venaient à peine de débuter leur manifestation. Ils auraient été transportés vers une destination inconnue, selon des sources. À Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, des tirs auraient été entendus au quartier Majengo. La police qui veillait au grain, épiant le moindre attroupement, aurait dispersé une meute de jeunes gens qui tenaient à manifester. Dans d’autres coins de la ville, notamment dans la partie sud-ouest, la situation est demeurée paradoxalement calme, selon des sources locales. Cependant au Sud-Kivu, il est fait état de quelques blessés à Ibanda dans la foulée de la répression d’une marche initiée par un groupe de femmes en réponse à l’appel du Rassemblement. Une dizaine de femmes avait entamé la marche en présence des éléments de la police au rond-point Vangu avant d’être dispersées, apprend-on.

Même cas de figure dans la commune de Kadutu où un groupe de manifestants regroupés au rond-point Carrefour a été dispersé, sans ménagement. À Lubumbashi, un dispositif militaire important a été installé dans tous les coins stratégiques de la ville, empêchant toute velléité de manifester. Cependant, l’on apprend qu’au quartier Matshipisha, des coups de feu ont été entendus pour disperser quelques mouvements des jeunes qui tendaient à prendre forme. À tout prendre, la police nationale congolaise a eu maille à partir, le 30 novembre, dans plusieurs coins du pays, avec des manifestants qui tenaient à passer outre la décision d’interdiction de manifester prise par l’autorité politique et administrative. Il n’y a pas eu d’incidents majeurs et aucune perte en vie humaine n’a été signalée pour l’instant, mis à part quelques cas isolés de blessures graves.

Source : adiac-congo.com

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