Machine à voter : le CLC favorable pour un usage au niveau des législatives et provinciales mais pas pour la présidentielle

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A un peu plus de quatre semaines du passage par les urnes en République démocratique du Congo, le Comité Laïc de Coordination lance un nouvel appel à l’ensemble de la classe politique pour tenter de sauver un processus électoral bien mal en point.

Dans son courrier de trois pages le CLC dresse d’abord le constat de la situation qui prévaut aujourd’hui, dans la dernière ligne droite de ces élections du 23 décembre.

Et ce constat est plus qu’amer. Il regrette que les conclusions de l’Accord de la Saint-Sylvestre soient demeurées lettres mortes, citant la confiscation des médias officiels au profit d’une seule famille politique, l’interdiction générale des manifestations, le sort des prisonniers et des exilés politiques et d’opinion auxquels s’ajoutenr de nouvelles arrestations arbitraires et des répressions violentes particulièrement à l’encontre des mouvements citoyens.

Le CLC regrette ensuite le fait que le pays soit privé de ses gouvernants, mettant en évidence le fait que le « Premier ministre et ses ministres, y compris le président de l’Assemblée nationale sont devenus de simples membres du comité de campagne électorale d’un candidat ». « L’Etat est complètement privatisé et la gouvernance du pays, totalement à l’abandon ».  Et d’énumérer pour démontrer ses dires : l’insécurité persistante dans plusieurs régions du pays, l’épidémie d’ebola (la plus meurtrière que le pays a connu) qui ne cesse de se propager, le sort dramatique des expulsés d’Angola dont le pouvoir se désintéresse complètement et de constater « les institutions républicaines ne subsistent qu’en cas de répression ou de signature de contrats léonins, les plus juteux possibles, pour achever la destruction de l’Etat. »

L’absence de compromis sur la machine à voter

Sur l’utilisation de la machine à voter et des fichiers électoraux corrompus, le CLC souligne l’entêtement autoritaires et suicidaire de l’appareil de l’Etat « malgré les multiples réclamations, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays ». Le CLC parle de l’obstination de ne pas vouloir rechercher un consensus et le cynisme du pouvoir face à l’argumentation de l’opposition ou de la société civile.

Il appelle par ailleurs les états-majors des partis (tout en félicitant l’opposition pour ses efforts à dégager ses champions) et des regroupements politiques à la retenue « pour ne pas aggraver l’état général de l’environnement politique qui est déjà si explosif ».

Après ce constat, le CLC appelle tous les acteurs à un sursaut patriotique et citoyen, en vue d’aboutir « à des élections réellement crédibles pour une véritable alternance », seule manière d’éviter un chaos postélectoral prévisible.

Il adresse ensuite un message au président de la République pour qu’il « réserve une agréable surprise » en jouant pleinement le jeu de la démocratie et en évitant d’accaparer les outils de l’Etat.

A la Ceni, il demande de rechercher urgemment un consensus sur la machine à voter, notamment à partir de la proposition de la Cenco de n’utiliser cette machine que pour l’identification des candidats et l’impression des bulletins de vote. Il en appelle aussi à la conscience de tous les agents de la Ceni pour qu’ils s’acquittent de leur mission en toute indépendance, qu’ils résistent aux menaces, intimidations, promesses aussi juteuses que fallacieuses.

Le CLC enjoint aussi les cours et tribunaux à l’impartialité dans la gestion des contentieux électoraux.

Il appelle encore la population à aborder ces élections en toute liberté et « d’exercer son droit le plus légitime qui conditionne son devenir immédiat et engage l’avenir de tous, y compris celui des générations futures ». Il insiste aussi, comme l’avaient fait avant lui les évêques, pour que les Congolais se choisissent des élus « soucieux de défendre le pays, de respeter la parole donnée, qu’ils portent leur choix sur des personnes honnêtes  et de bonne moralité qui ne s’approprient pas les  ressources du pays à leur propre profit. »

Les membres du CLC terminent leur courrier en annonçant qu’il organisera, avec ses partenaires, particulièrement les mouvements citoyens, un réseau autonome d’obeservation électorale citoyenne, afin de détecter tout manquement des parties prenantes à l’éthique électorales.

Il insite encore une fois pour que la machine à voter ne soit pas utilisée pour l’élection présidentielle « compte-tenu de l’extrême sensibilité de ce scrutin ». Il insiste sur le fait que les bulletins pour ce scrutin peuvent être imprimés localement au cours de la campagne.

Enfin, le CLC martèle qu’aucun report du scrutin ne peut être envisagé. « Au-delà du 23 décembre, de nouveaux dirigeants doivent être à la tête de la République ». Et de conclure par une phrase prophétique: « Il est à craindre que notre peuple ne puisse tolérer qu’il en soit autrement ».

Source: http://www.mediacongo.net/

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