Lutte contre le terrorisme : Alpha Condé appelle les Africains à une participation accrue

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Alors que le président tchadien, Idriss Déby Itno, a menacé dimanche de retirer les troupes de son pays des opérations militaires en cours en Afrique, le président en exercice de l’Union africaine (UA), Alpha Condé, a exhorté les Africains le mercredi 28 juin, à prendre en charge la lutte contre le terrorisme au Sahel

Le président guinéen s’exprimait en marge d’un forum de la jeunesse à N’Djamena. « L’Union africaine doit prendre en charge la lutte contre le terrorisme (…). Il faut que ce soient les Africains eux-mêmes qui assument ce combat étant donné que la présence des Casques bleus de la Minusma n’a pas donné de bons résultats », a-t-il déclaré.

Abordé dimanche par la presse, le président tchadien avait dit que son pays « sera dans l’obligation de se retirer » des opérations militaires en Afrique « si rien n’est fait » pour aider financièrement le Tchad. « On ne peut pas faire les deux à la fois, être dans le Sahel et en même temps dans une autre mission sur le même théâtre », avait-il précisé alors que les soldats tchadiens forment le troisième contingent le plus important de la Mission des Nations unies au Mali (Minusma), avec 1.390 hommes. Le Tchad a également déployé 2.000 hommes au sein de la Force multinationale mixte (FMM) qui combat le groupe islamiste nigérian Boko Haram dans la région du Lac Tchad.

En sa qualité de chef de l’UA ayant succédé à Idriss Déby à la tête de cette organisation continentale, Alpha Condé a estimé que « c’est nous qui devons désormais fournir les Casques bleus et la communauté internationale doit nous accompagner ». Parlant particulièrement du Sahel, il a invité le Conseil de sécurité des Nations unies à « transférer le pouvoir au G5 », une force militaire conjointe regroupant le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad, et visant à enrayer l’expansion des groupes djihadistes dans la région.  La semaine dernière, une résolution saluant le déploiement de cette force africaine avait été adoptée au Conseil de sécurité de l’ONU.

Les pays membres du G5 Sahel sont la cible des attaques djihadistes depuis quelques années. Le nord Mali par exemple était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de ces groupes terroristes liés à Al-Qaïda. Les djihadistes ont été en grande partie chassés de cette région par l’intervention militaire internationale, lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, et qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU, régulièrement visées par des attaques meurtrières, malgré la signature en mai-juin 2015 d’un accord de paix censé isoler définitivement les djihadistes. Ces attaques se sont étendues au centre et dans le sud du pays et le phénomène déborde de plus en plus souvent sur les pays voisins, en particulier le Burkina Faso et le Niger.

 

Source : adiac-congo.com

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