L’Opposition à Genève: survivre ou déchanter

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En marge de la campagne électorale, l’Opposition ferait bonne figure en ayant un candidat commun pour représenter les forces sociales et politiques acquises au changement. C’est l’enjeu de la rencontre de Genève où les sept leaders sont tenus de se mettre d’accord sur un Joker que tous vont soutenir à la présidentielle du 23 décembre. Ceux-ci ont juste ce weekend pour opérer un choix qui sera celui de la survie ou du désenchantement.

Les sept leaders de l’Opposition affichent complet depuis le vendredi 9 novembre à Genève, en Suisse. Moïse Katumbi, Jean-Pierre Bemba, Félix Tshisekedi, Vital Kamerhe, Adolphe Muzito, Martin Fayulu et Freddy Matungulu se retrouvent pour une ultime rencontre devant produire un candidat commun qui devra endosser le programme de l’Opposition à la présidentielle du 23 décembre. C’est une mission cruciale pour les forces du changement avant de se lancer utilement dans la campagne électorale qui débute le 22 novembre, soit dans douze jours exactement.
Pour les forces sociales et politiques acquises au changement, l’enjeu des élections de cette année est éminemment l’alternance démocratique. Après 17 ans de règne de Joseph Kabila avec son régime, logiquement, le peuple congolais aspire à un changement de gouvernance. Dès lors, les scrutins de décembre sont le seul moyen de renouveler le leadership national et remettre le pays sur les bons rails.

À ce jour, la RDC est l’ombre d’elle-même. Isolé par tous ses partenaires extérieurs, le pays, outre la pauvreté qui touche la majorité de ses citoyens, fait face à des drames notamment humanitaires et sécuritaires non sans compter les épidémies récurrentes. Autant dire que la RDC d’aujourd’hui parait comme un nain aux yeux du reste du monde, surtout de ses voisins.

DÉBUT DES NÉGOCIATIONS

Tous les leaders de l’Opposition sont effectivement arrivés depuis le vendredi à Genève. Dans la matinée d’hier, ils ont déjeuné ensemble dans un prestigieux hôtel de la place. Selon les derniers échos, les négociations ont commencé dans la soirée et se poursuivront ce samedi pourquoi pas durant tout le week-end.

Un accord pour une candidature unique de l’Opposition et un programme commun est impérativement attendu de cette rencontre. Ces cogitations devront conclure tous les échanges amorcés à Paris, Bruxelles, Kinshasa ou Pretoria.

Dans leur déclaration du 25 octobre à l’issue du conclave de Pretoria, les sept leaders ou leurs représentants se sont engagés à choisir un candidat unique au plus tard le 15 novembre. Ainsi donc, les regards sont braqués sur Genève pour voir qui sera le candidat commun qui aura la lourde tâche de porter le destin de tout un peuple en vue de l’alternance démocratique à l’issue des scrutins de décembre.

Si Moïse Katumbi, JeanPierre Bemba, et Adolphe Muzito ont été débarqués de la course électorale par les subterfuges de la Commission électorale nationale indépendante, leur soutien au candidat de consensus est indispensable pour maximiser les chances de succès de l’Opposition. Le choix du joker de l’opposition sortira parmi les quatre candidats restés en lice, à savoir, Félix Tshisekedi, Vital Kamerhe, Martin Fayulu et Freddy Matungulu.

Nombreux observateurs indiquent que c’est la voie pour que l’Opposition parvienne à remporter haut la main la présidentielle. Il s’agit de la voie de la raison. Avec un candidat unique, la voie de l’alternance sera grandement ouverte pour les forces du changement. L’Opposition a un discours à tenir devant le peuple congolais, d’autant que le bilan de la majorité au pouvoir est désastreux. L’envie du changement est tellement forte chez les Congolais qu’il suffit juste à l’Opposition de s’unir pour qu’elle parvienne effectivement à remporter la victoire devant le candidat du Front commun pour le Congo.

Si les sept leaders parviennent à désigner un candidat unique, ils auront non seulement à gagner l’écoute des Congolais, mais aussi celle de la communauté internationale qui tient au changement de gouvernance en République Démocratique du Congo.

La souffrance des Congolais est telle qu’il faut absolument une alternance démocratique le 23 décembre pour espérer que le pays survive. Les dirigeants actuels, dans leur forfaiture de vouloir torpiller la démocratie, ont totalement compromis toute possibilité de coopération avec les partenaires extérieurs sérieux. Il faut un changement de leadership pour que la RDC revienne dans le concert des nations. La coopération structurelle durable avec les partenaires extérieurs est suspendue à l’issue de ces élections. Et seule l’Opposition peut apporter un véritable changement en RDC.

Les projecteurs sont donc braqués vers Genève, en attendant que la fumée blanche sorte des négociations entre les sept leaders.

LE PIÈGE SUICIDAIRE

Dans le cas où les leaders de l’Opposition ne parviendraient pas à un accord pour une candidature commune, ils auraient gravement péché en ce qu’ils auront offert à la MP/FCC la possibilité de pérenniser son règne de corruption, de violation des droits humains et de dilapidation des deniers publics.

Un éventuel échec de la rencontre de Genève aura condamné le destin de tout un peuple qui aspire ardemment au changement. Pire, le combat arraché par les Congolais, d’abord pour la désignation d’un dauphin et, ensuite, par la tenue effective de ces élections, serait vain. Pourtant, cette lutte a été jonchée de sang et de morts dont tous les martyrs de la démocratie qui sont tombés sous les balles des forces de sécurité. Ils réclamaient la tenue des élections et le respect de la Constitution.

Les sept leaders n’ont pas d’autre choix que de s’entendre autour d’un candidat unique. Il en va de l’avenir de la RDC et du destin de toute une nation. La présidentielle du 23 décembre est une élection à un seul tour où le gagnant est celui qui obtient le plus de voix. L’Opposition doit éviter de tomber dans l’erreur de 2011 où ses candidats ont préféré disperser les voix, permettant ainsi à Joseph Kabila de rempiler.

Les leaders sont censés avoir fait des analyses prospectives pour savoir que c’est seulement unis qu’ils peuvent arracher l’alternance démocratique. L’absence de consensus à Genève équivaudrait au désenchantement de l’Opposition.

Source: http://www.mediacongo.net/

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