Loi de finances 2019 : les chefs d’entreprises s’inquiètent

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Les appréhensions des hommes d’affaires sont liées à certaines mesures de la loi qui, selon eux, devraient être revues pour la bonne marche des activités et la pérennité de leurs structures en ce moment où le pays traverse une crise économique et financière.

 

Dans la loi de finances 2019, en effet, certains impôts ont été réduits, de nouvelles taxes et redevances ont été instituées (taxe sur les abonnements et réabonnements aux chaînes télévisuelles,  redevance sur les transactions électroniques, redevance sur l’économie numérique, régime fiscal de l’entreprenant…) et plusieurs taxes ont été augmentées. C’est ce dernier point qui constitue l’essentiel des préoccupations des responsables d’entreprises. 

Leurs inquiétudes ont été émises lors de la présentation de cette loi, le 23 janvier, à la Chambre de commerce de Pointe-Noire. L’activité organisée par le cabinet international KPMG, en partenariat avec cette chambre, a porté sur les modifications du code général des impôts, les modifications des textes non codifiées et les nouvelles dispositions. 

La question sur l’augmentation des taxes a beaucoup alimenté les échanges qui ont suivi la présentation faite par Ursula Dutoziet, directrice de mission senior du département juridique et fiscal de ce cabinet. Pour les chefs d’entreprises, plusieurs mesures de cette loi, qui considèrent certains aspects rejetés auparavant, ne tiennent pas compte de la crise économique et financière que traverse actuellement le pays. Elles constituent, d’après eux, un frein à la marche des entreprises. Au nombre de ces mesures figurent celles qui concernent les échéanciers fiscaux (qui ne peuvent pas aller à plus de douze mois et dont les dates par rapport aux recouvrements n’ont pas été précisées) et celles relatives aux exportations. «Le Congo vit de l’exportation, avec cette mesure on risque de ne plus rien exporter», a lancé un responsable d’entreprise. «On ne peut pas investir pour dépenser autant d’argent»,  a estimé un autre.

Ces taxes jugées trop élevées risquent, selon eux, d’asphyxier les entreprises et conduire à leur fermeture. Ce qui occasionnerait l’augmentation du taux de chômage dans le pays. Pour les chefs d’entreprises, certaines mesures de cette loi sont à revoir. Un point de vue partagé par Ursula Dutoziet. « Il y a des mesures qui doivent être réanalysées par l’administration, par le législateur pour le bien et la continuité des entreprises. C’est très important. C’est vrai qu’il y a des réductions de certains impôts mais, il n’ y a pas mal d’augmentations et cela mérite quand même de s’y pencher à nouveau», a-t-elle renchéri.

Pour ce qui est des échéanciers fiscaux, elle a expliqué : « Il y a des entreprises que nous suivons qui demandent systématiquement des échéanciers, parce que les impôts sont trop importants et cela constitue une réelle problématique pour la pérennité de l’entreprise. Il n’y a pas mal de points à revoir».

En vue de trouver des palliatifs, les entreprises ont été invitées à se constituer en consortium, consulter les chambres de commerce et le patronat, écrire à l’administration qui reste un partenaire privilégié du contribuable et remonter toutes les informations. La Chambre de commerce a pour sa part promis de continuer le lobbying entamé depuis quelques temps auprès de la primature, des politiques et autres autorités du pays.  

Notons que de l’avis de certains Ponténégrins, tenant compte de certaines dispositions de la nouvelle loi de finances, tout risque de coûter un peu plus cher cette année.

Légendes et crédits photo : 

– Une vue de la salle lors de la présentation de la loi de finances 2019/ Adiac
– Ursula Dutoziet présentant la loi de finances / Adiac

Source : http://www.adiac-congo.com/

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