Livre: « Le génocide en droit à l’épreuve du génocide de l’émotion » présenté officiellement

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L’auteur de l’essai en appui du cas du Congo, Anatole Collinet Makosso, était le 1er février dans les locaux de l’Harmattan, à Paris, pour le présenter en réponse aux intellectuels qui galvaudent la notion de génocide, « par respect pour ceux qui, dans l’histoire, ont été victimes de ce crime sans nom ».

Anatole Collinet Makosso lors de la présentation officielle du livre "Le génocide en droit à l'épreuve du génocide de l'émotion" à Paris dans les locaux de l'HarmattanEn tant que pénaliste et auteur de l’essai, Anatole Collinet Makosso a dénoncé avec âpreté la posture légère de certains intellectuels, surtout quand on sait que deux essais parus l’année dernière pourraient faire, en nommant mal les choses, l’instrumentalisation émotive de la population à des fins inavouées.

Cette complémentarité intellectuelle apporte les réponses scientifiques aux ouvrages respectifs de Dominique Kounkou et Nsaku Kimbembe, véhiculant avec haine, les questions de la persécution, des crimes et du génocide des Lari abordées avec légereté. « Or, pour le cas du Congo, suivant la notion du droit, pour qu’il y ait génocide, il faut une concertation d’un groupe dans lequel on décide l’extermination », a expliqué l’auteur. Et d’émettre, en page 30, une éventualité où « si l’existence de l’ethnie lari était établie, dans ce cas, cherchons à savoir si les guerres, qui font l’objet de cette imputation de génocide, ont été des guerres ethniques ou des guerres de milices et, le cas échéant, d’identifier les auteurs qui les auront provoquées de sorte qu’ils répondent seuls aux termes de crime de génocide, au lieu que l’anathème soit jeté sur tous ».

Dans sa présentation, Anatole Collinet Makosso a rappelé également les vertus du témoignage en milieu bantou. « Puisqu’il faut témoigner sur le génocide, parler de notre histoire, et puisque nous avons tous vécu les mêmes faits, parlons-en donc sans tabous. Parlons-en dans nos langues communes, sans interprètes ni traducteurs. Témoignons de ce qui s’est passé réellement dans notre pays, au sein de notre peuple…Surtout, il faut respecter cette directive de Théophile Obenga, « celui qui doit témoigner de l’histoire doit justifier de la compétence, de l’autorité et de la légitimité » », a-t-il suggéré.

« Nos générations futures doivent retrouver dans les livres les écrits d’une mémoire collective afin qu’elles apprennent à avoir de la hauteur sur les événements », a conclu l’auteur en refusant toute polémique « tribale » primitive. Mais en prenant soin d’inviter Dominique Kounkou et Nsaku Kimbembe à engager, avec eux, un débat de fond sur le droit à propos du génocide dans ses dimensions sociologique et juridique.

Légendes et crédits photo : 

Photo : Anatole Collinet Makosso lors de la présentation officielle du livre « Le génocide en droit à l’épreuve du génocide de l’émotion » à Paris, dans les locaux de l’Harmattan
Crédit photo : Fredy Mizelet by Flam Image

Source : http://www.adiac-congo.com/

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