Littérature : à la découverte des plus grands romans de la littérature afro-américaine

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Chaque année, au mois de février, on célèbre aux Etats-Unis le « Black history month » en français « Mois de l’histoire des Noirs », pour donner d’une certaine façon, une tonalité plus forte encore à l’histoire douloureuse des Africains-Américains à travers les siècles. Mais cette histoire n’a pas été plus célébrée et mieux expliquée que par les générations d’écrivains noirs d’Amérique, à travers leurs ouvrages.

Pour célébrer le mois de l’histoire des Noirs, nous allons, au cours de ce mois de février, faire un zoom sur quelques-uns des plus grands romans qui nous relatent les épisodes marquants de cette histoire. Cette semaine, nous allons parler de deux romans incontournables d’écrivains afro-américains qu’il est nécessaire de lire pour comprendre la tumultueuse histoire de l’Amérique avec ses communautés.

« Homme invisible, pour qui chantes-tu ?   » de Ralph Ellison

Tous ceux qui ont ouvert les pages de ce livre en sont ressortis à la fois éblouis et émus.  » Homme invisible, pour qui chantes-tu ? « , le seul roman de Ralph Ellison publié de son vivant, est un classique, un roman de légende. L’auteur y allie réalisme et onirisme pour décrire le parcours d’un homme, du sud rural de l’Amérique à l’université, en passant par Harlem et ses organisations politiques. L’homme invisible, c’est l’homme noir dans la société américaine. Voilà trois siècles que, là-bas, il vit, travaille, mange, parle et pour l’Amérique il arrive même au Noir de se faire tuer. En quelque sorte pour rien. Car, aux yeux de l’Amérique, le Noir est invisible. Ecrivain lui-même Noir, Ralph Ellison a donné ce titre paradoxal, dérisoire et pathétique aux six cents pages qui racontent l’histoire d’un jeune Noir aux prises avec une société qui lui refuse sa place. « Homme invisible, pour qui chantes-tu ?  »  est peut-être le plus insupportable des cris de solitude et de révolte qui se soient exprimés par la littérature afro-américaine. 

Ce roman est saisissant, galopant d’un événement à un autre et entrecoupé de méditations existentielles du héros qui cherche à saisir le but de sa vie et le chemin à prendre, dans ce monde gouverné par et pour la communauté blanche. Dans ce roman, on traverse le sud des Etats-Unis mais surtout Harlem, berceau des mouvements activistes noirs.

 » Homme invisible, pour qui chantes-tu ?  » est classé aux Etats-Unis comme l’un des meilleurs romans du vingtième siècle. Son auteur a, d’ailleurs, reçu pour son roman, la plus importante distinction littéraire des Etats-Unis, le « National book award » en 1953.

Ralph Waldo Ellison est un intellectuel et écrivain américain né en 1914 et décédé en 1994. De 1947 à 1951, il publie quelques critiques mais consacre la plus grande partie de son temps à la rédaction de son roman « Homme invisible, pour qui chantes-tu ? » (Invisible man), publié en 1952 chez Random House.

« Beloved », de Toni Morrison

C’est par ce roman que j’ai découvert la littérature afro-américaine. Roman poignant, bouleversant et dérangeant également, « Beloved » nous montre l’homme dans toute sa cruauté et il nous fait même honte. L’histoire se déroule à la fin du XIXe siècle. Sethe, une esclave, tue sa fille pour qu’elle ne partage pas son sort. Inspiré de l’histoire vraie de Margaret Garner, une mère infanticide, « Beloved » raconte donc les pérégrinations de Sethe, une ancienne esclave noire évadée d’une plantation. Ayant finalement trouvé refuge près de Cincinnati, elle se retrouve, des années après, à devoir héberger une jeune femme noire répondant au nom de Beloved ; le même que celui de sa première fille, qu’elle avait égorgée avant ses deux ans pour lui éviter l’esclavage.

Ce roman invite à réfléchir aux lourds héritages de l’esclavage. On se rend compte, dans ce roman, de la dureté de l’existence d’un esclave.

Rien ne lui appartient, ni son corps ni l’air qu’il respire ni le ciel ni la terre qu’il foule. Il ne faut surtout pas trop aimer, surtout ne pas trop regarder son enfant qui vient de naître, ne pas s’y attacher car, si on vous prive de cet enfant, il sera impossible de se relever. Sethe n’a pas été séparée de ses enfants, elle les a aimés. Elle ne pourra pas autoriser qu’on les lui prenne pour en faire des petits esclaves et qu’on les traite pire que du bétail.

Son acte d’amour la hantera toute sa vie. On ne peut pas pardonner mais on comprend son acte d’amour courageux et désespéré. Salué par la critique à sa parution, « Beloved » a été récompensé du prestigieux prix Pulitzer en 1988 et de l’ « American book Award » la même année. Il s’agit du roman qui a intronisé Toni Morrison, dans la liste des cent meilleurs titres de tous les temps, en 2002. Toni Morrison a reçu le Nobel de littérature en 1993. Elle reste à ce jour la seule auteure noire lauréate de ce prix.

Toni Morrison, de son premier nom Chloe Antony Wofford, est née le 18 février 1931 à Lorain, Ohio. Elle a apporté, avec des romans comme « La chanson de Salomon  » ou « Beloved » », un ton nouveau à la littérature afro-américaine.

 

 

Source : http://www.adiac-congo.com/

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