Lire ou relire: « Morgane »

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En 2015, apparaît la pièce comique d’Henri Djombo, publiée à Brazzaville aux éditions Hemar. Elle développe le récit du désastre financier des hommes qui vivent au-dessus de leur revenu.

Dans la veste de dramaturge, Henri Djombo s’illustre dans l’écriture du genre comique. Il arrive à créer la surprise pour faire évoluer des scènes burlesques. Des péripéties révèlent une dextérité de création artistique de la part de l’auteur.

Morgane, personnage éponyme et héroïne de la pièce, est ruinée par son copain Ali. Elle doit trois mois de loyer et est menacée d’expulsion. Ne pouvant recouvrer son argent chez Ali réputé violent, elle se lance à la recherche d’une aide financière.

L’argent emprunté au préalable à la banque l’empêche de s’endetter de nouveau. Tous ses amis manquent de sou à lui prêter. Désespérée, elle se rapproche de trois autres amis : Toni, Joe et Niamo. C’est à ce moment que se déclenche le jeu théâtral.

L’idée de collecte proposée par Niamo pour lui venir en aide est refusée par les deux autres.  Joe, qui n’arrive pas à avouer son amour pour Morgane, prétexte ne pas avoir été prévenu tôt et projette l’assister six mois plus tard. Toni pense de son côté que ses dépenses personnelles ne doivent aucunement prendre en compte les autres. Seul Niamo lui prête de l’argent -suffisant- pour éponger cette dette.

Les trois amis aidés par le commissaire de police parviennent à récupérer l’argent de Morgane chez l’acariâtre Ali. Ils retrouvent Morgane et lui mettent en garde sur la bonne gestion des revenus avant de lui remettre la somme récupérée en totalité grâce à l’honnêteté de Niamo. Morgane est étonnée de recevoir dix mille dollars au lieu de cinq mille que son copain Ali avait empruntés.

Elle supplie Niamo d’accepter le remboursement de ce qu’elle lui doit. Celui-ci refuse à cause des leçons budgétaires que ses deux amis et lui venaient de proposer à Morgane. Une dette se doit d’être payée en échéancier pour ne pas asphyxier le débiteur.

Le commissaire resté au poste, Ali repart dans sa cachette. Toni et Joe ne parviennent pas à arracher un dîner aux frais de Morgane. Gênés parce que Niamo veut le faire pour la deuxième fois, ils se retirent. Morgane reste seule avec Niamo et lui avoue son amour.

Cette pièce de théâtre regorge beaucoup de paradoxes à cause des airs que prennent ses personnages en matière d’amour. Morgane est la copine d’Ali, un homme qui la maltraite et l’abandonne parce qu’il ne l’aime pas du tout.

Joe manque d’adresse pour faire remarquer son amour pour Morgane. Celle-ci, séduite par la bonté et la sagesse de Niamo, oublie son ex-ami Ali et se jette entre les bras de son nouvel amant qui se montre indifférent.

Par ailleurs, une vision précise se forge à la lecture de la pièce sur la gestion des revenus individuels. L’homme doit se contenter de ce qu’il gagne, peut-on retenir comme leçon. Henri Djombo appartient à une génération d’écrivains qui font la cure de la société congolaise.

Source : http://www.adiac-congo.com/

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