Lire ou relire: « Journal de Nido » de Abi Fenne Doninoar

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Deux bons amis entretenant de simples relations amicales mais un sentiment d’amour profond intègre leur amitié. Finalement, l’un effectue un voyage et l’autre reste. Voilà le fil de la trame de ce roman de l’écrivaine née en septembre 1983 à Ouagadougou, au Burkina Faso.

« Le Journal de Nido » est une petite histoire romantique écrite dans un style atypique. Toutes les scènes sont chronométrées à l’image de la série 24h chrono de Jack Boer et le cadre spatio-temporel est des moins identifiables. Avant d’effectuer son voyage, Robert Ndongue lance un dernier coup de fil à Nino son amie, celle-ci s’attendait à cet appel mais n’osait pas commencer à l’appeler.

Leur amitié est marquée par une certaine jalousie et un embarras permanent. Chacun d’eux, dans son for intérieur, ressentait une attraction tout à fait particulière à l’égard de l’autre. Pourtant aucun n’ose déclarer sa flamme.

A l’heure du voyage, tous les deux prennent un petit temps d’entretien au téléphone. Au cours du vol, le monsieur se retrouve à côté d’une demoiselle qui suit le même itinéraire que lui et qui lui pose maintes questions pour connaître son identité. Mais en vain.

Une fois arrivé à destination, il aurait fallu que le mystérieux voyageur souhaite bonne reprise de cours à son amie Nino avec un sincère regret car son emploi du temps qui devrait lui permettre de suivre ses mouvements, lui est inconnu. D’ailleurs, c’est encore mieux de l’ignorer pour la laisser tranquille au lieu de tourmenter sa quiétude.

Le monsieur continue son séjour en suivant ses activités journalières avec monotonie. Quand il est au restaurant, au cinéma, à la conférence, etc., quelque chose lui pousse de ne penser qu’à Nino, celle-ci de son côté vit la même chose.

Malgré la distance qui les sépare, Nino pense tout le temps à son ami, elle lui écrit des messages d’amour qu’elle n’avait jamais eu le courage de lui dire en face. Tout cela attise l’amour de Robert envers sa dulcinée qui hante en permanence sa pensée.

Toutes les activités entretenues et toutes les rencontres faites n’ont pu interrompre l’idylle. Le temps et l’absence seuls ont pu créer le vide dans le cœur de Robert qui finalement se surprend d’avoir trop rêvé d’un amour impossible.

La particularité de ce récit de cent quarante pages est l’abondance des traits surréalistes propres au Nouveau roman des temps contemporains. A propos, Issaka Salia qui l’a préfacé affirme: « Abi Fenne Doninoar a audacieusement entrepris de placer sa nouvelle dans l’universel et de montrer à son lecteur, ou à sa lectrice, que le trait commun à la littérature est de ne pas avoir de port d’attache mais d’exhumer le final inconscient de l’humaine condition ».

 

 

Légendes et crédits photo : 

Photo:Couverture de l’ouvrage

Source : http://www.adiac-congo.com/

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