Libertés publiques : l’ACAJ et le BCNUDH dénoncent le rétrécissement de l’espace démocratique

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A la suite des événements du 30 novembre, les deux structures de défense des droits de l’homme exigent aux autorités congolaises de mettre fin à tout acte tendant à violer le droit de manifester qui est constitutionnel.  

Pendant que le bilan officiel de la police tardait à être rendu public, le temps pour les services compétents de rassembler toutes les données, l’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ) a publié le sien, le même 30 novembre, quelques heures après la marche réprimée de l’opposition. Un bilan salé qui, une fois de plus, charge les forces de l’ordre présentées sous un mauvais jour. En effet, pour l’ONG, les choses sont un peu plus sérieuses que les « quelques arrestations » et les « deux voitures brulées », selon le bilan officiel établi à chaud, sans forcément prendre en compte tous les contours de l’évènement.           

L’association de défense des droits de l’homme a dressé le bilan de 235 personnes arrêtées et 78 blessées dont quinze graves. À ce jour, toujours d’après cette ONG, 82 personnes ont été libérées et 153 sont encore détenues arbitrairement. Dans son communiqué, l’ACAJ – qui soutient le caractère légal des manifestations, le droit de manifester étant garanti par la Constitution de la RDC et plusieurs instruments juridiques internationaux qu’elle a ratifiés -, a déploré le comportement incivique de certains éléments de la police. Ces derniers n’auraient pas joué leur rôle en se faisant illustrer par une répression brutale des manifestants mais aussi par l’usage disproportionné de la force sur toute l’étendue du territoire national. « Les militaires et policiers ont fait l’usage excessif de gaz lacrymogènes et des armes à balles réelles contre des manifestants »allant même jusqu’à poursuivre ceux d’entre eux qui » s’étaient réfugiés dans des résidences des particuliers », a indiqué le président de l’Acaj, Georges Kapiamba.

Tout en condamnant la répression répétée des manifestations pour laquelle elle demande aux autorités congolaises d’y mettre fin, l’Acaj « exige une enquête judiciaire indépendante et impartiale pour toutes les répressions des manifestations » et plaide en même temps pour « des poursuites judiciaires contre les responsables de la police qui ont violé les droits fondamentaux reconnus aux citoyens ».

Pour sa part, le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) a parlé de 186 arrestations, dont 94 remises en liberté, un mort et au moins 18 blessés, certains par balles. Le seul mort documenté par les deux structures a été à Kinshasa sur le site universitaire de l’Unikin selon l’Acaj, et à Butembo selon l’organe onusien.

Le directeur du BCNUDH a déploré, par ailleurs, un excès de zèle dans le chef de certains policiers, vis-à-vis de ses équipes à Goma et à Kinshasa tout en  appelant au respect du mandat de la police.

 

Source : adiac-congo.com

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