Les vérités de Nangaa sur le report des élections

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Au cours d’une séance de travail avec le Groupe de Travail de Contacts sur les Grands Lacs de l’Organisation internationale de la Francophonie, le président de la Commission électorale nationale indépendante a, sur base des arguments à la fois techniques et sécuritaires, annoncé qu’il n’était pas possible de considérer la date du 31 décembre 2017 pour la tenue des élections présidentielles et législatives en République démocratique du Congo.

Invité du journal Afrique le dimanche 09 juillet sur T V5 Monde, Corneille Nangaa a été tout aussi explicite : « les paramètres en notre possession nous donnent plus ou moins raison de croire qu’au 31 décembre, il ne sera probablement pas possible d’organiser des élections », a-t-il déclaré.

« Mais vous avez Twitté il y a deux jours que les opérations démarrent au Kasaï le 20 juillet. Vous avez pratiquement enrôlé les trois quarts des électeurs, qu’est ce qui justifierait la non tenue des élections cette année ? » s’étonnait la présentatrice.

Et le patron de la Centrale Électorale d’expliquer: « sous ne saurions aller aux élections sans les provinces du Kasaï qui compte 10% de l’électorat et qui doivent chacune bénéficier du même temps que les autres pour l’enregistrement des électeurs, soit 90 jours. »

« Mais cela viole l’Accord du 31 décembre 2016 qui exige des élections au plus tard en décembre 2017 et a été signé par toutes les parties ayant participé au Dialogue modéré par la CENCO ? » répliquait la journaliste.

« Mais vous oubliez que le même accord exige l’inclusivité, surtout en matière électorale. Comment allons nous laisser de côté 10% de congolais qui doivent remplir leurs devoirs civiques comme les autres et qui n’ont pas encore commencé ? » réponds à son tour M. Nangaa.

« En effet nous devons d’abord finir avec cette étape, évaluer avec précision ce que sera la suite, et au besoin prolonger les délais. L’accord bien entendu fixe le délai en décembre 2017, mais je vous rappelle que ce même texte dit que le processus doit être suivi par le CNSA et régulièrement évalué avec la possibilité de prolongation si la situation, comme cela semble se dessiner, l’exige. C’est cette évaluation que nous attendons pour être définitivement fixé sur les vraies dates« , ajoute-t-il.

Le président de la CENI botte également en touche la question au sujet des tensions que pourrait occasionner cet énième report d’élections au pays. « N’oubliez pas que nous allons vers la première alternance pacifique au Congo et nous devons prendre toutes les précautions nécessaires pour réussir cet exercice, quel que soit le temps qu’il devra prendre. Sinon nous aurons à faire face à une situation déplorable« , répond-t-il.

 

Source : Politico CD

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