Les réactions politiques à l’élection d’Emmanuel Macron en Afrique et en RDC

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Du Maroc au Sénégal, en passant par le Mali, la Guinée, le Niger, les messages de félicitation à Emmanuel Macron, le nouveau président français, se sont succédés. Emmanuel Macron est peu connu des Africains qui en attendent beaucoup. Candidat jeune, atypique, qui a gagné sans le soutien d’un parti traditionnel, il est le symbole d’un renouveau de la politique.

Les dirigeants africains n’ont pas fait attendre leurs réactions sur l’élection présidentielle qui s’est tenue dimanche en France. Sans surprise, l’Afrique francophone rafle la palme des félicitations en raison de ses liens qui avec la France depuis la colonisation.

En RDC, l’opposition estime que la stratégie de rupture qui a porté Emmanuel Macron au pouvoir en France n’est pas si éloignée de celle qui anime les jeunes Congolais qui réclament plus de démocratie. C’est du moins ce que soutient Pierre Lumbi, du Mouvement social pour le renouveau et le président du G7, la plateforme de ceux qui ont quitté la majorité présidentielle.

« Ce qui est extraordinaire aujourd’hui c’est qu’Emmanuel Macron est porteur d’une vision qui vient en rupture avec ce qui a existé. Une recomposition est en train de se faire, une nouvelle place politique est en train de naître. Et ce n’est pas très loin de ce que les jeunes Congolais sont en train de chercher…» a-t-il déclaré.

Toujours en RDC, Floribert Anzuluni, coordinateur du mouvement citoyen Filimbi, voit dans l’élection d’Emmanuel Macron une crise du système politique traditionnel commune à la un certain nombre de démocraties dans le monde : «  Il se passe quelque chose au niveau des citoyens à travers le monde. Il semble que les citoyens soient en train de rejeter ou en tout cas d’exprimer un rejet face à des systèmes politiques dits traditionnels auxquels les citoyens ne semblent plus beaucoup croire. »

En Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara a utilisé Twitter pour féliciter Emmanuel et l’a assuré de sa « disponibilité à oeuvrer au raffermissement des liens d’amitié et de coopération entre la Côte d’Ivoire et la France ».

L’élection d’Emmanuel Macron à la tête de l’Etat français a été vécue comme un soulagement au Sénégal, un pays qui entretient des liens forts avec la France. Macky Sall, le chef d’Etat a rapidement adressé une lettre au nouveau président français : « Je me réjouis à l’idée de poursuivre et de renforcer avec vous les liens privilégiés entre nos deux pays ». Les deux présidents se connaissent bien et devraient travailler rapidement ensemble.

Mohamed VI, le roi du Maroc, a félicité Emmanuel Macron, jugeant que son élection « couronne » son parcours politique. « Le souverain a exprimé, en son nom propre et au nom du peuple marocain, ses félicitations les plus chaleureuses au nouveau président français et ses vœux sincères de réussite dans la haute mission que les Français lui ont confiée ».

Le président guinéen Alpha Condé s’est dit « convaincu que les relations de coopération (franco-guinéenne) iront en se renforçant sous le magistère du président Macron ».

Au Mali, le président Ibrahim Boubacar Keita s’est dit soulagé de la victoire d’Emmanuel Macron. La France est très impliquée dans ce pays depuis 2012 avec les opérations militaire Serval, Barkhane, dans la lutte contre le terrorisme.

Au Niger, Issa Garba, militant de la société civile, se réjouit de la victoire du candidat d’En Marche !. Pour lui, un homme jeune, qui a gagné sans le soutien d’un parti traditionnel, doit être un exemple et un modèle pour toutes les jeunesses du continent africain.

« Macron nous a montré le chemin…Macron nous a montré que nous pouvons nous porter à la tête de nos États sans pour autant être porté par un parti politique, par des systèmes qui sont pourris, par des systèmes corrompus. En tant que jeune Africain, c’est un exemple que la jeunesse africaine doit suivre…»

Vu du Tchad, où le président Idriss Deby avait reçu la candidate frontiste Marine Le Pen, ce résultat est un soulagement. Saleh Kebzabo, chef de file de l’opposition tchadienne, espère que le nouveau président français sera en mesure de mettre fin aux réseaux de la Françafrique.

« J’espère qu’il saura rompre avec les démons du passé qui ont toujours plombé les relations franco-africaines. Cela doit commencer d’abord par des symboles forts, dés les premiers jours de son mandat, en ne mettant pas dans son entourage ou au gouvernement tous les vieux rococos de la politique africaine et qui ont torpillé tout ce que François Hollande a fait et qui nous ont ramené d’une manière ou d’une autre à la Françafrique.»  

Le chef de l’État tunisien Béji Caïd Essebsi est celui qui a été le plus bavard sur l’élection du candidat centriste. Dans une lettre qui lui est adressée en début de matinée, le président tunisien salue une « brillante élection » qui « témoigne de la confiance que le peuple français nourrit à votre endroit et celui de votre projet de société. Elle reflète la fidélité de la France à ses valeurs traditionnelles de liberté, d’égalité et de fraternité. »

Le dirigeant tunisien en a profité pour poser des jalons d’une collaboration franco-tunisienne plus forte sous l’ère d’Emmanuel Macron. Notamment «sur des questions actuelles telles que la transition numérique, la transition énergétique, le développement durable et l’économie verte, l’économie bleue, les jeunes et l’employabilité, et le dialogue des cultures et des civilisations. »

En Algérie, le président Abdelaziz Bouteflika s’est réjoui de la victoire d’un «homme d’État, de cœur et d’esprit, capable de présider à ses destinées dans cette conjoncture difficile et de conduire sa trajectoire vers l’avenir qualitativement meilleur que vous avez projeté avec une conviction communicative, a, ce faisant, fort opportunément distingué un ami de l’Algérie ».

Sans oublier de préciser que l’élection de Macron offre des espoirs «du parachèvement d’une réconciliation authentique entre nos deux pays ».

 

Source : Media Congo

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