Les banques centrales face au risque de disparition de l’euro

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Après le Brexit et Trump, les banques centrales craignent, cette année, l’éclatement de la zone euro, selon le sondage réalisé par HSBC.
« L’instabilité de la zone euro liée aux élections est la principale crainte des banques centrales cette année », constatent Nick Carver et Emma Glass, auteurs de l’étude annuelle des banques centrales réalisée par HSBC .

En comparaison, la hausse de taux d’intérêt de la Réserve fédérale et la vigueur du dollar sont des risques jugés bien plus faibles par les « grands argentiers ».

Quatre-vingts institutions, dont 35 sont européennes, 15 américaines (nord et Sud) et 11 asiatiques, ont été interrogées en mars dernier par HSBC. Elles gèrent 5 900 milliards de dollars, soit la moitié des réserves mondiales (la Chine ne participant pas au sondage).

Plusieurs craintes pour 2017

Pour le tiers des banques centrales, et notamment celles des émergents, c’est l’instabilité dans la zone euro, notamment politique (élections) qui est le principal risque cette année, suivi par une correction des marchés (30%). La vigueur excessive du dollar n’est un sujet de préoccupation que pour 15% des sondés, et la moitié jugent ce risque faible. En revanche, plus du tiers des institutions des pays émergents sont préoccupées par la poursuite de la hausse du dollar. L’année passée, c’était la divergence des politiques monétaires des deux côtés de l’Atlantique qui était en tête de leurs inquiétudes, suivie par la situation en Chine et la baisse des cours des matières premières.

Guère anticipé, le « Brexit » n’était pas sur leur radar des dangers des marchés… La moitié des gestionnaires estiment aujourd’hui que cet événement pénalise à court terme la livre sterling en tant que devise de réserve, mais 70% pensent que ce n’est pas le cas à long terme. De même, l’élection de Donald Trump a été une surprise pour la majorité des banques centrales. Du fait notamment des risques politiques et de la volatilité sur les changes, 43% des institutions couvrent leur risque de change et une sur cinq envisage de le faire. Certains sont plus flexibles : « Nous couvrons le risque de change de notre portefeuille obligataire mais pas de notre portefeuille boursier », note un professionnel, alors qu’un de ses collègues d’un autre pays explique qu’il couvre ses différents portefeuilles mais conserve de petites positions résiduelles sur les monnaies « afin de générer un peu de rendement ».

Une politique de gestion plus dynamique

La remontée des rendements obligataires va inciter la grande majorité des banques centrales à se diversifier davantage (pays, marchés, devises…) et à modifier leur gestion de manière plus dynamique. Depuis 12 à 18 mois, 40% des banques centrales, notamment dans les pays émergents, ont ajouté ou retiré des classes d’actifs de leur portefeuille. Alors qu’il y a un an, six banques centrales envisageaient d’investir pour la première fois sur les actions, elles sont deux fois plus aujourd’hui du fait de leur quête éperdue de rendement supplémentaire. Certains pays voudraient y investir mais ils ne sont pas autorisés par leur réglementation. Ceux qui le peuvent restent généralement prudents, et ne placent que 7% de leurs actifs sur les actions.

La Fed se prépare à réduire son bilan

Une institution européenne note que « la normalisation des taux d’intérêt va limiter la course effrénée aux rendements et inciter à prendre moins de risques car les banques centrales auront moins de pression pour générer des performances ». Quarante pour cent des institutions estiment que les profits générés par la gestion de leurs réserves sont d’une importance capitale pour leur banque centrale. C’est particulièrement vrai pour les banques centrales de petite et moyenne taille qui tirent jusqu’à 90% de leur profits de la gestion de leurs liquidités.

Leur nouveaux actifs fétiches et les « repoussoirs »

Sur la dette, ce sont les obligations indexées sur l’inflation qui ont connu d’une année sur l’autre le plus fort bon d’avis positifs (+40), à 79% d’opinions favorables, du fait de la reprise de la hausse des prix. C’est sur les segments de la dette d’Etat moins bien notée et plus risquée que les banques centrales jugent que les meilleures opportunités sont apparues depuis un an : 43%, soit 12 points de plus qu’en février 2016, jugent la dette notée « BBB » davantage attrayante qu’il y a un an, et 20% (+9) sont prêtes à investir sur la dette spéculative d’Etat (rating inférieur à « BBB » ). Les obligations émergentes décrochent 42% d’avis positifs.

La hausse des marchés boursiers en 2016 ne semble pas avoir entamé la popularité des actions, qui perdent seulement 4 points d’avis favorables à 55%. Les « obligations vertes », qui servent à financer des projets liés à l’environnement bénéficient d’un intérêt croissant. Six banques centrales y investissaient en 2016, contre neuf aujourd’hui et 13 nouvelles institutions financières s’apprêtent à acheter ce type de titres.

Les grands « hedge funds » raflent la mise en 2016

En revanche, le désamour à l’égard des hedge funds s’est poursuivi du fait de leurs performances décevantes. Un tiers des banques centrales en avaient une opinion positive il y a un an, contre une sur cinq aujourd’hui. Pour les matières premières, c’est encore pire : à peine 10% d’avis favorables, contre 49% début 2016. Seule exception, l’or, qui gagne 12 points d’opinions favorables (59% des banques centrales). Sur la soixantaine d’institutions qui détiennent de l’or, 22 ont une gestion dynamique (produits dérivés…) de leur stock qui s’établit autour de 1.680 tonnes.

Source : Media Congo

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