Législatives : les Progressistes de Samy Badibanga victime d’un « braquage électoral » ?

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Les élections générales de décembre 2018 n’ont pas fini de livrer leurs secrets. Le dernier rebondissement en date reste l’élimination du regroupement politique Les Progressistes de l’ancien Premier ministre Samy Badibanga par la Ceni. L’information a été révélée par la plateforme des ONG de la société civile spécialisées dans les questions électorales Aeta (Agir pour les élections transparentes et apaisées) lors de la conférence de presse organisée ce 4 mars 2019.

Alors que les contentieux électoraux, en traitement au niveau de la Cour constitutionnelle, sont pendants, Agir pour les élections transparentes et apaisées a dénoncé « des erreurs matérielles graves » constatées dans les calculs de seuil de représentativité à travers un communiqué de presse sur l’observation des audiences des recours en contestation des résultats provisoires des législatives nationales et provinciales.

« La divergence des listes de partis et regroupements politiques ainsi que des candidats indépendants ayant atteint le seuil de représentativité, lesquelles listes sont parfois caractérisées par des contradictions profondes sur le nombre total de voix obtenues, alors que celles-ci sont toutes approuvées par la Ceni. Quelques cas illustrent cette situation. Il s’agit du Rassop et des Progressistes », a rapporté Aeta signifiant qu’il a été attribué aux Progressistes 182.021 voix dans une première liste et 59.021 dans une seconde.

C’est par ces mots qu’Aeta a jeté un pavé dans la marre lors de sa conférence de presse tenue ce lundi 4 mars 2019 par la bouche de son secrétaire permanent Jérôme Bonso. Ceci explique, sans nul doute, le nombre record de recours en contestation des résultats que l’on enregistre aussi bien à la Cour constitutionnelle que dans les cours d’appel au niveau de nos provinces. Se voulant pratique pour ne pas porter des accusations gratuites, Aeta donne des preuves attestées, avec deux cas d’école concernant deux regroupements politiques que la Ceni aurait éliminés sans raison valable : les Progressistes de l’ancien Premier ministre Samy Badibanga Ntita, et le Rassop de Joseph Olenghankoy.

Cette organisation de la société civile a constaté « des erreurs graves dans les calculs du nombre de suffrage valablement exprimé et, de ce fait, des seuils de représentativité ». Et de laisser entendre « pour l’élection des députés nationaux, le nombre total de suffrage national valablement exprimé trouvé par la Ceni est de 18.161.182 alors que le calcul des voix engrangées par l’ensemble des partis, regroupements politiques et candidats indépendants repris sur la liste donne un chiffre exact de 17.449.336 voix, soit un écart de 711.846… Cet écart constitue un surplus de voix apparemment inexplicable ». Puis d’enfoncer le clou : « si l’on considère la seconde liste produite également par la Ceni, le calcul fait le nombre de suffrage valablement exprimé est de 17.236.484, soit un écart de 924.698 voix en surnombre inexplicable ».

Voici qu’au regard de ces observations d’Aeta, Les Progressistes se retrouvent victimes d’un braquage électorale ayant empêché le regroupement de Samy Badibanga d’atteindre le seuil électoral. Pourtant, les premiers chiffres authentiques avancés par la Ceni attestent que le regroupement a atteint le seuil grâce à ses 182.021 voix. Curieusement, ce score électoral a été rabattu à 59.021. Par quelle magie ?, s’interroge-t-on.

Les faits ainsi dénoncés sont d’une extrême gravité pour un processus électoral voulu libre, transparent et démocratique avec comme conséquence que les Progressistes n’ont pas atteint le seuil et leur leader, Samy Badibanga, ainsi que les autres candidats, n’ont pas été élus.

Dans l’opinion, l’on estime que Badibanga et sa troupe ont payé pour leur intransigeance vis-à-vis du régime sortant en refusant d’intégrer le Front commun pour le Congo (FCC), coalition initiée par Joseph Kabila à la veille des élections du 30 décembre 2018. « Le régime de Kabila a voulu sanctionner Badibanga parce qu’il a refusé de monter à bord de son bateau politique. C’est une honteuse sanction, un braquage électoral », fustige-t-on.

Déjà, les Progressistes ont introduit une requête à Cour constitutionnelle afin de contester, d’une part, la non-obtention du seuil de représentativité et, de l’autre le non-respect de la procédure de compilation telle que prévue par les articles 69, 70 et 71 qui exigent la compilation en bonne et due forme alors que la Ceni affirme avoir simplement utilisé les clés USB pour publier ses résultats. Dès lors, ils sont nombreux qui, au sein de l’opinion nationale, souhaitent que justice soit rendue à ce regroupement politique que pilote l’ancien chef du gouvernement Samy Badibanga.

Tout l’espoir de certains militants des Progressistes repose donc désormais sur la Haute cour de qui l’on sollicite de dire le droit avec impartialité. « Nous espérons que la Cour constitutionnelle va rendre justice pour rétablir l’ancien PM et les Progressistes dans leurs droits », affiment certains militants du regroupement de l’ancien PM.

Source: http://www.mediacongo.net/

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