Législatives et locales 2017 : une communication politique mitigée

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Au-delà d’une communication hors média quelque peu foisonnante mais truffée d’erreurs, les campagnes législatives et locales, qui prennent bruyamment le dernier virage, dévoilent un faible potentiel en projets structurés chez la plupart des candidats. 

Slogans basiques, messages ordinaires, banderoles et autres supports diffusés depuis le début de la campagne ne révèlent pas assez les desseins des candidats et leur positionnement idéologique. Là où certains versent dans l’égocentrisme, d’autres se cachent derrière les formules des partis et leaders politiques qu’ils incarnent. Comme si, vraisemblablement, eux-mêmes n’avaient aucun projet.

Si l’on conçoit que le marketing politique doit également reposer sur un plan à faire valoir, le regard porté sur la communication au cours de ces dernières épreuves de démocratie peut renseigner sur l’impréparation des candidats. Le péché, en l’occurrence, n’est pas seulement chez les nouveaux qui font leur entrée dans l’arène politique. Dans les supports de ceux-là même qui sont censés maîtriser les enjeux d’une communication réussie, les erreurs sont autant perceptibles. La faute est-elle à attribuer aux chargés de communication ?

« Voter X c’est sauver le quartier », « votons l’enfant de l’arrondissement Y », « Voter Y votre candidat député », « Allons seulement », « voter Ya X c’est soutenir le président », « L’homme qu’il faut à la place qu’il faut », « soutenons la Marche vers le développement », peut-on lire sur quelques banderoles et affiches diffusés le long des avenues, sans un message fort.

Quelques candidats ont pu toutefois sortir des accroches qui témoignent de leur engagement prioritaire dans le projet à défendre. Certains ont pu évoquer soutenir l’entrepreneuriat et dynamiser l’économie; d’autres par contre se préoccupent de la jeunesse, l’insalubrité, l’éducation ou la santé. A bien voir pourtant, comme le souligne le responsable du Cabinet Politika et Dev, Serge Banguelé, « le candidat doit reposer sa communication sur l’essentiel de son projet, un programme de proposition de lois à défendre, cinq ans durant, à l’Assemblée, et un autre pour la ville à défendre au Conseil ».

Communication hors médias et la mort du français

Entre des supports quasiment indigestes à l’infographie rudimentaire et un français approximatif, les campagnes législatives et locales étalent en plus une litanie de fautes d’orthographes et de syntaxe. La toile, grâce aux réseaux sociaux, a davantage révélé ces imperfections élémentaires qui laissent planer des doutes sur l’intellect de certains candidats. « L’erreur est humaine, dira-t-on, mais solliciter des fonctions de parlementaire, de conseiller municipal ou départemental requiert un minimum d’exemplarité », souligne un internaute.

Plusieurs experts attribuent ces erreurs à la composition de véritables équipes de communication, et l’improvisation. « Le cambat politique ne se fait plus en vase clos, dans le cadre de sa performance. Les grands hommes politiques qui ont marqué l’histoire de ces deux dernières décennies ont été les clients des cabinets conseils : Hilary Clinton, Emmanuel Macron et Jean Luc Mélenchon sont des clients du cabinet américain Nation Builder. François Mitterrand a été accompagné par le cabinet de Jacques Séguéla, Jacques Chirac par le Cabinet Image et Stratégies de Thierry Saussey. Ce sont des exemples », témoigne Serge Banguelé.

Pour lui, au Congo il existe bien des cabinets conseils sérieux qui peuvent appuyer les démarches des candidats, à la fois dans la constitution d’un véritable discours politique que dans la conquête d’une image de marque. 

Source : adiac-congo.com

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