Législatives: bataille pour la majorité l’Assemblée nationale

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Minoritaire à l’Assemblée nationale, le nouveau président Tshisekedi devrait avoir peu de marges de manœuvre pour la constitution de son futur gouvernement. Le nom du Premier ministre et les postes clés de l’exécutif congolais risquent d’être très majoritairement occupés par des pro-Kabila. Sur les 500 députés de l’Assemblée nationale, 485 ont été élus pour le moment.

15 sièges restent encore à pourvoir : ceux de Beni, Butembo et Yumbi, où les élections ont été reportées pour des raisons sanitaires et sécuritaires. Le FCC, la plateforme de l’ancien président Joseph Kabila rafle la mise avec 350 députés. La coalition Lamuka de Martin Fayulu, qui conteste toujours la victoire de Félix Tshisekedi, possède une centaine d’élus, alors que le nouveau président et sa coalition Cach, annonce une petite cinquantaine de députés.

Aucun parti majoritaire

Pour nommer le nouveau Premier ministre, le président de la République doit le choisir au sein de la majorité parlementaire. Mais attention, les trois plateformes électorales (FCC, Lamuka et Cach) ne constituent pas des partis politiques, les seuls reconnus à l’Assemblée. Au sein du FCC, composé de 15 partis différents, aucun ne peut obtenir seul la majorité. Le parti le plus puissant, le PPRD de Joseph Kabila, compte seulement 80 députés, suivi de l’AFCD de Modeste Bahati, 50 députés.

C’est à partir de ces dizaines de mouvements politiques qu’une majorité se dégagera à l’Assemblée nationale. Idem pour la coalition Lamuka, composée sept partis politiques et la coalition Cach de Tshisekedi, composée de l’UDPS et le l’UNC de Vital Kamerhe. Sachant les politiciens congolais plutôt versatiles, le FCC et Cach tentent de renforcer les rangs en débauchant des députés dans le camp adverse. Et les tractations vont bon train en coulisse.

Grande coalition en vue

Pour le camp pro-Kabila, il ne fait aucun doute que la majorité ne leur échappera pas, ainsi que la Primature. Mais pour consolider leur socle, la plateforme de l’ancien président Kabila essaie d’imposer l’idée d’une grande coalition majoritaire, à dominante FCC, dans laquelle on retrouverait à la fois des députés pro-Kabila, mais aussi des députés venant de Cach. Dans ce subtil jeu de tractations, plusieurs postes ministériels sont sur la table, avec une place plus grande laissée à l’UDPS et à l’UNC qui accepteraient ainsi de rejoindre une majorité présidentielle à larges bords.

Mais pour l’instant, l’idée ne fait pas vraiment recette. Car du côté de Cash, on tente également de débaucher des députés du FCC et de Lamuka pour créer une plateforme majoritaire qui pencherait davantage vers Félix Tshisekedi. Dans l’entourage présidentielle, on espère convaincre plusieurs députés de Lamuka, mais aussi obtenir quelques sièges supplémentaires à la suite des nombreux recours déposés devant la Cour constitutionnelle.

La fausse alerte Bahati

Dans ce combat très inégal, l’espoir d’un possible rapprochement de l’AFCD de Modeste Bahati (membre du FCC) avec Cach, avait un temps circulé sur les réseaux sociaux. Une belle prise pour Tshisekedi, mais la rumeur a été très rapidement démenti, Bahati tentant déjà de négocier sa propre place dans le futur gouvernement au couleur du FCC. Ce petit jeu de poker menteur risque de durer plusieurs semaines avant la nomination du nouveau gouvernement. L’Assemblée nationale doit adopter son règlement intérieur, installer les membres définitifs de son bureau, mais surtout, attendre les centaines de recours qui embouteillent la Cour constitutionnelle. On parle de plus d’un milliers de litiges.

En attendant, le FCC fait bloc, et essaie de masquer ses propres divisions internes et de faire taire les mécontents. L’ancien président Kabila suit avec le plus grand intérêt les tractations en cours, nous confie un cadre du FCC, qui laisse entendre que l’accord de gouvernement a déjà été négocié avec Félix Tshisekedi et qu’il a peu de doute sur la future composition de l’exécutif, dont les postes stratégiques devraient revenir à la coalition pro-Kabila. Pourtant, dans le camp Tshisekedi, on indique que les discussions sont toujours en cours, et que certains ministères clés devraient revenir à la coalition Cach.

Source: http://www.mediacongo.net/

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