Le Franc congolais très très malade

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Le franc congolais est malade, très malade même, à cause notamment de l’absence d’un matelas de devises capables de soutenir sa parité par rapport aux devises étrangères, le dollar en tête. Selon les affiches d’hier lundi sur le marché parallèle, un dollar américain se négociait au taux de 1.650 FC, ce qui n’est pas loin de la pique de 2000 fc annoncée par des experts du FMI il y a deux mois, lors de leur passage à Kinshasa. Le pouvoir d’achat du Congolais est nul et la situation sociale très explosive. Le pays se trouve réellement au bord de la catastrophe.

Ainsi que c’est le cas depuis les années ’90, marquées par une chute vertigineuse des exportations agricoles (café, thé, maïs, coton, caoutchouc, arachide, riz, haricot, etc.), la RDC vit une situation précaire avec pour unique source de rentrées en devises, les exportations minières, principalement celles du diamant, du cuivre, du cobalt, de l’étain et de l’or. L’extraversion de l’économie nationale s’avère plus que jamais lourde de conséquences.

Pour tenter de sauver ce qui peut encore l’être, plusieurs membres du gouvernement séjournent à Lubumbashi depuis le dimanche 16 juillet 2017. Il s’agit, selon des sources indépendantes, des ministres Joseph Kapika de l’Economie Nationale, Henri Yav Mulang des Finances, Pierre Kangudia Mbayi du Budget, Martin Kabwelulu des Mines, du ministre délégué auprès du Premier ministre, Tshibangu Kalala, du gouverneur de la Banque Centrale du Congo, Deogratias Mutombo et de nombreux experts. La mission de cette forte délégation, que l’on dit dépêchée par le Chef de l’Etat en personne, est d’organiser des séances de travail avec les exploitants miniers en vue de faire l’état des lieux au sujet de l’application de la disposition légale les obligeant de rapatrier 40 % de leurs recettes d’exportation et de les verser dans les caisses de l’Etat.

L’affaire s’apparente à un bras de fer entre les « Mining » et le gouvernement congolais, au regard des velléités de résistance qui s’observent dans le camp des opérateurs miniers. En effet, en dépit des menaces des sanctions brandies à leur endroit par le Ministre d’Etat et ministre de l’Economie Nationale il y a trois semaines, à la clôture des journées minières à Lubumbashi, et relayées dernièrement par le gouverneur de la Banque Centrale d’un Congo, les lignes peinent à bouger.

Avec des indicateurs financiers au rouge vif, l’Etat congolais a besoin des devises fraiches en urgence, sinon il va se retrouver en cessation de paiements s’il ne l’est déjà. Les observateurs pensent que les « envoyés » du Chef de l’Etat à Lubumbashi vont être contraints de négocier à l’amiable face à un groupe de pression qu’ils ont eux-mêmes placés en position de force, avec la multitude de contrats, conventions et avenants à caractère léonin, qui ont considérablement enrichi des individus et terriblement appauvris l’Etat ces dernières décennies.

Unique thérapie de choc : la stabilité politique

On rappelle que le Fonds Monétaire International et l’Union Européenne, auxquels s’est adressé dernièrement le Premier ministre congolais, Bruno Tshibala, pour solliciter un appui financier d’urgence, ont répondu sechement qu’ils ne feraient aucun geste tandis que certains préalables politiques ne seraient pas remplis, notamment la mise en œuvre de l’Accord global et inclusif du 31 décembre 2016 selon la lettre et l’esprit de la Résolution 2348 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, la publication d’un calendrier électoral
avec une date précise pour l’organisation de l’élection présidentielle avant la fin de l’année 2017, la décrispation de la situation politique avec des mesures ad hoc à l’endroit des opposants en prisons ou en exil, etc.

D’où le doute quant aux chances de réussite de la mission gouvernementale à Lubumbashi, les « Mining » étant capables d’évoquer des difficultés de trésorerie pour justifier leur incapacité à libérer, dans l’immédiat, la bouée financière de sauvetage impatiemment attendue du gouvernement. Celui-ci prendrait-il le risque de tordre le cou aux poules aux œufs d’or, comme on l’a laissé entendre dans certains cercles décisionnels ? La question reste posée.

Source : Media Congo

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