Le Congo et sa délicate marche vers l’émergence économique

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L’économie congolaise traverse actuellement l’une des périodes les plus délicates de son histoire. Cette situation qui concerne également d’autres pays d’Afrique centrale, résulte de la crise économique et financière due à la chute des cours mondiaux du pétrole. Elle nécessite une riposte appropriée afin de pouvoir maintenir le pays sur le chemin de l’émergence économique.

D’après les statistiques de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), le taux de croissance du Produit intérieur brut (PIB) de la République du Congo est estimé à -1,9% en 2017 au lieu de 1,0% projeté initialement contre -2,8% en 2016.

Face à cette situation, l’Etat congolais tente depuis de limiter les dégâts en réduisant les dépenses publiques, maximisant les recettes fiscales et douanières. A noter également l’ajustement budgétaire, la sélectivité des engagements prioritaires de l’Etat, ainsi que l’accompagnement du secteur privé, en vue de renforcer la confiance des investisseurs. La soutenabilité de la dette publique et la stimulation d’une croissance inclusive font aussi partie de ces impératifs.

A l’instar des autres pays de la Cémac, le Congo est en discussion avec le Fonds monétaire international (FMI) aux fins de la conclusion d’un programme au terme duquel le pays bénéficierait d’un appui financier de cette institution de Bretton Woods. 

Les effets de la crise sur l’économie nationale

L’économie congolaise subit depuis quelque temps les effets néfastes de la crise économique et financière, née de la baisse du prix de baril du pétrole sur le marché mondial. Une situation se traduisant, entre autres, par la réduction des ressources budgétaires de l’Etat, la hausse de la dette publique et l’arrêt des activités de certaines entreprises privées, le pétrole étant la première ressource d’exportation du pays.Le Congo et sa délicate marche vers l’émergence économique

La dette publique représentait 50% du PIB en décembre 2015 contre 77% en début de 2017, selon le gouvernement qui entend juguler cette situation. 

Cette année, le budget de l’Etat est estimé à quelque 2744.007.000.000 francs CFA, alors qu’en 2016 le gouvernement s’était doté d’un budget rectificatif de plus de 3700 milliards francs CFA.

«Le budget 2014 simplifié, on a 2800 milliards francs CFA. En 2015, 1503 milliards, soit plus de 1200 milliards de moins. C’est un choc énorme. Nous l’avons corrigé, après avoir fait la révision du budget 2016. Il était question de comprendre la situation et d’arrêter la dégradation», expliquait à la presse en mai dernier le Premier ministre Clément Mouamba, pour qui l’année 2017 prépare 2018. 

«L’idée du gouvernement, c’est de faire de la diversification économique. Il y a de l’espérance dans le pays, mais nous avons juste besoin de la cohésion à tous les niveaux», précisait le chef du gouvernement.

La crise a engendré un choc important sur l’économie congolaise qui dépend essentiellement du secteur pétrolier. Ce choc s’est ressenti au niveau des travaux publics où plusieurs entreprises sont à l’arrêt. 

Selon l’Union patronale et interprofessionnelle du Congo (Unicongo), plus de 16.000 emplois ont été perdus entre 2015 et 2016 au niveau des entreprises membres de cette organisation. Cette crise a aussi engendré la fermeture de certaines sociétés privées, surtout les compagnies parapétrolières. Dans le secteur minier, près de 70% d’agents ont été licenciés. 

Réforme des finances publiques 

Le gouvernement a entrepris une série de réformes devant permettre d’atténuer les effets de la crise sur l’économie du pays. La mise sur pied récemment d’un guichet unique de dédouanement à Ouesso, deuxième pôle économique du pays après Pointe-Noire, participe de cette volonté.Le Congo et sa délicate marche vers l’émergence économique

Ce guichet qui vient après ceux de Brazzaville et Pointe-Noire sera suivi par l’implantation prochaine de celui de Dolisie, chef-lieu du département du Niari. Ces structures devront favoriser la sécurisation des recettes publiques à travers la bancarisation. L’objectif est de parvenir, d’ici à fin 2018, à dématérialiser tous les documents fiscalo-douaniers et améliorer le climat des affaires dans le pays.  

Dans la même optique, le gouvernement procède à l’installation du système intégré de gestion des finances publiques. A en croire le ministre des Finances, du budget et du portefeuille public, Calixte Nganongo, les travaux relatifs à la mise en place de ce dispositif vont bon train ; ce qui permettra à terme d’interconnecter les régies financières de l’Etat.

Toujours dans le cadre des réformes, le gouvernement a organisé une opération de recensement de tous les agents civils de l’Etat grâce auquel 13 mille fonctionnaires fictifs ont été décelés, soit une masse salariale de 10 milliards FCFA. Jusque-là, les conclusions définitives de cette opération sont attendues.

Ces efforts en matière de gouvernance financière s’inscrivent aussi dans le droit fil des directives de la Cémac, dont le chef de l’Etat congolais assure la présidence du comité des réformes économiques communautaires. Ainsi, en décembre 2016, le parlement congolais a adopté un code sur la transparence et la gestion saine des finances publiques. « Il s’agit de permettre à notre système des finances publiques de s’aligner sur les bonnes pratiques et les normes internationales », indiquait Calixte Nganongo.Le Congo et sa délicate marche vers l’émergence économique

La Banque mondiale appuie aussi le gouvernement dans la réalisation de son programme de réformes de la gouvernance financière 2017-2022. A ce titre, une convention de financement d’environ 23 milliards de FCFA a été signée en juin dernier entre le Congo et la Banque mondiale. Cette convention couvre les activités du Projet des réformes intégrées du secteur public.

Par ailleurs, les discussions entre le Congo et le FMI devraient déboucher sur la signature d’un programme de coopération en septembre prochain. « Le FMI veut ouvrir des discussions au lieu d’imposer des politiques de réforme », déclarait le directeur Afrique au FMI, Abebe Aemro Selassie, en décembre 2016 à Brazzaville.

Légendes et crédits photo : 

1- Le pétrole, la première richesse du Congo 2- Le bois constitue une ressource importante pour l’économie nationale 3- Les réformes économiques ont également touché le port de Pointe-Noire

Source : adiac-congo.com

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