« Le cobalt congolais doit être tracé, mais dans le cadre d’une zone libre de conflits…», conclusion des conférenciers de Kolwezi

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Les participants de la 3ème édition de la conférence minière de la RDC qui s’est clôturée ce vendredi 14 septembre 2018 à Kolwezi, chef-lieu de la province du Lualaba, ont recommandé au gouvernement congolais d’encourager le traçage du cobalt et des autres minerais stratégiques dans les zones libres de conflits en combinant l’exercice du devoir de diligence et l’application du système de traçabilité documentaire existant. « Nous demandons au gouvernement de la République d’encourager les personnes physiques de nationalité congolaise ou des personnes morales de droit congolais à élaborer des systèmes de traçabilité et/ou de certification des minerais », ont-ils insisté.

Peu avant ces principales recommandations, le secrétaire général aux Mines, Joseph Ikoli Yombo Y’Apeke, a rappelé aux panelistes que la problématique de la traçabilité concernait toutes les filières minières, industrielles et artisanales. Pour ce qui est de l’exploitation artisanale, il explique que la carte d’exploitant artisanal et/ou du négociant fait mentionner la provenance et le lieu d’exploitation. « Il ne s’agit pas d’un diktat, mais c’est pour répondre aux exigences et aux attentes de l’industrie de transformation de nos produits miniers », a-t-il justifié, avant d’ajouter que son ministère était dans l’obligation de rendre éligibles les minerais stannifères de l’Est de la RDC, suite à la promulgation de la loi Dodd-Franck, laquelle imposait aux entreprises américaines qui achetaient dans la région des Grands lacs, en général, et à l’Est de la RDC en particulier, considérée comme zones de conflits, de préciser la provenance de leurs produits.

Notons qu’à ce jour, la traçabilité des produits miniers d’exploitation industrielle est prise en charge par le système documentaire que les propres textes juridiques congolais ont mis en place.

Cependant, les produits miniers d’exploitation artisanale doivent être tracés car exposés à plusieurs risques énumérés dans l’annexe II du Guide de devoir de diligence de l’OCDE, devenu aujourd’hui la norme internationale de référence dans l’instauration des chaines d’approvisionnement responsable en minerais. D’où, conclut le secrétaire général, la nécessité de tracer le cobalt congolais, mais dans le cadre d’une zone libre de conflits en combinant « l’exercice du devoir de diligence et l’application du système de traçabilité documentaire existant ».

Non à la traçabilité du cobalt congolais par les utilisateurs finaux.

Alors que le directeur général de Blockchain a articulé son exposé sur la nécessité de tracer le cobalt congolais en utilisant la technologie Blockchain, une application électronique utilisée dans différents secteurs (banque, négoce international, etc.), son collègue de Mintrax a démontré le bien-fondé de l’utilisation de son logiciel de traçabilité dans la chaine d’approvisionnement du cobalt du fait de la complexité de la chaine d’approvisionnement en RDC, de son coût énorme et du manque de transparence. « Ce système permet le suivi du cobalt de la source à la batterie », a-t-il appuyé.

Activiste de la Société civile et initiateur de la campagne « Touche pas à mon cobalt », Franck Fwamba a par contre dit non à la traçabilité du cobalt congolais par les utilisateurs finaux, mais il a insisté sur l’importance de la sous-traitance et de l’attribution des marchés en matière de traçabilité aux Congolais.

Source: http://www.mediacongo.net/

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