L’athlétisme fait sa révolution en adoptant les classements mondiaux

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La Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) a décidé de réformer son système de qualifications pour les Championnats du monde et pour les Jeux olympiques. L’époque des minima est terminée : à partir de 2018, les athlètes seront classés tout au long de l’année, comme en tennis. L’idée est d’établir une hiérarchie claire dans le monde de l’athlétisme.

En 2018, tout change dans le monde de l’athlétisme. En tout cas, on ne regardera plus les meetings et championnats continentaux comme avant. Car comme elle l’a révélé ce vendredi 3 novembre, la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) va revoir tout son système de qualification pour les deux événements majeurs de ce sport : les Championnats du monde (tous les deux ans) et les Jeux olympiques (tous les quatre ans). Explications.

La fin des minima

Jusqu’à présent, pour participer aux Mondiaux ou aux JO, la règle était la même pour tous ou presque (lire plus bas) et elle était relativement « simple » : les athlètes devaient réaliser, durant la saison des Mondiaux/JO, les fameux minima, c’est-à-dire réussir une performance minimale permettant de valider son billet pour le grand rendez-vous.

Exemples : pour s’aligner sur 100m lors des Jeux de Rio (5-21 août 2016), les sprinters devaient réussir une course en moins 10’’09 – et moins de 11’’15 pour les sprinteuses – entre le 1er avril et le 17 juillet. Ce modèle va disparaître en 2018.

Des classements pour mieux comprendre la « hiérarchie mondiale » de l’athlétisme

A partir de 2018, l’athlétisme va s’inspirer du tennis. Depuis 1973, les tennismen (ATP) et tenniswomen (WTA) sont classés tout au long de l’année en marquant des points grâce à leurs performances. Sebastian Coe, président de l’IAAF, annonce qu’il en sera de même pour les athlètes : « Les classements mondiaux IAAF, qui entreront en vigueur en 2018, vont dicter l’ensemble du système de qualification des compétitions, dont les Mondiaux et les JO. »

En clair, les athlètes inscriront des points en fonction de leurs performances et de l’importance des meetings auxquels ils prendront part, afin d’avoir une « compréhension claire de la hiérarchie mondiale », explique Coe. L’IAAF précise que les modalités de ces classements seront finalisées « au cours du premier trimestre 2018, pour que le système puisse être appliqué pour les Mondiaux 2019 à Doha et les JO 2020 à Tokyo ».

Au tennis, les classements sont faciles à distinguer : simple hommes, simple femmes, double hommes et double femmes. En athlétisme, le classement devrait être plus éclaté du fait des nombreuses catégories : courses (100m, 200m, 800m, 400m haies…), lancers (poids, marteau, javelot, disque), sauts (longueur, hauteur, perche, triples saut), épreuves combinées (décathlon, heptathlon, pentathlon).

Un système plus juste ?

Les classements mondiaux vont peut-être impactés considérablement deux pays fondus d’athlétisme : les Etats-Unis et la Jamaïque. Ces deux nations fonctionnent depuis longtemps avec un système particulier : les sélections, aussi appelées « trials ». Pour se qualifier pour les Championnats du monde et les Jeux olympiques, les Américains et Américaines ont pour coutume de s’affronter lors de ces « trials », sortes de championnats nationaux où les meilleurs obtiennent leur billet pour les Mondiaux ou les JO, tout ça en réalisant généralement des performances bien meilleures que les minima requis par l’IAAF.

Les classements mondiaux vont peut-être semblés plus justes que les « trials ». Avec les classements, ce sont les performances tout au long de l’année qui seront prises en compte, et non pas une performance sur un jour J. L’exemple de Kendra Harrison est éloquent. En 2016, avant les JO de Rio, la hurdleuse américaine avait enchaîné les chronos canon sur 100m haies. Mais le 8 juillet 2016, jour des « trials », elle rata totalement sa course (12’’62) et manqua donc sa qualification. Pourtant, deux semaines plus tard, elle battait le record du monde (12’’20) qui n’avait plus bougé depuis 28 ans…

Source : Media Congo

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