L’Arrangement particulier de nouveau violé!

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Le président Joseph Kabila a initié le processus de la mise en place de cet organe de supervision du processus électoral et de la transition en cours, le 13 mai dernier. Le Chef de l’Etat avait alors demandé aux parties prenantes de lui fournir leurs listes de délégués endéans 48h.

Selon l’Arrangement particulier signé le 27 avril dernier à Kinshasa, Joseph Kabila a finalement eu un pouvoir discrétionnaire tant pour valider les 28 membres du CNSA, que le président de l’institution. Le Chef de l’Etat avait alors 15 jours, après avoir reçu toutes les listes, pour officialiser la mise en place définitive.

« Dans le délai de 15 jours, à compter de la date du dépôt des listes des membres désignés, le Président de la République convoque les membres du CNSA« , dit l’article 13 du texte signé sous l’égide du parlement à Kinshasa.

Selon des sources concordantes, les listes ont été envoyées au président Kabila à l’échéance fixée par ce dernier; c’est-à-dire au plus tard le 16 mai 2017. C’est donc au maximum 31 mai que cette insitution devrait être mise en place. Sauf qu’à ce jour, aucune nouvelle n’a été portée à la connaissance du public à ce propos. La Présidence n’a, de son côté, pas souhaité répondre à POLITICO.CD.

Des voix s’élèvent, notamment du côté de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) pour fustiger ce retard. Le parti de Vital Kamerhe, candidat à présidence de cette institution, s’inquiète de la violation des textes.

«Je suis franchement touché et déçu du non-respect de l’ultimatum de 20 jours donné par le président de la république pour désigner le président du CNSA. Je ne sais pas  quand est-ce que le Conseil National de Suivi de l’Accord sera mis en œuvre», a déclaré Jolino Makelele, porte-parole de ce parti de l’opposition.

Par ailleurs, la guéguerre au sein du Front pour le Respect de la Constitution, qui a fini par envoyer deux listes à Joseph Kabila n’est pas innocente à cette situation. En effet, la querelle monte au sein du mouvement dirigé par le parti de Jean-Pierre Bemba, où deux listes: une du Front dont Bembe Majimo se présente comme fondateur, l’autre du Front dirigé par Eve Bazaība; ont été envoyées au Président.

Bembe Majimo se réclame du « vrai Front »,  et ne revendique pas la présidence de cette institution: « parce qu’elle revient au Rassemblement« . De son côté, le Front dirigé par la Secrétaire générale du MLC  revendique toujours la présidence du CNSA « parce qu’il est la seule plateforme à ne pas être au gouvernement« .

Un préalable au calendrier électoral

« Il n’a même pas fait partie des discussions. Il n’a même pas été délégué au Dialogue [de la CENCO] (…) je ne l’encourage pas dans cette initiative. Mais, je sais que ses démarches sont vaines. Il est en train de dilapider son énergie inutilement« , a réagi Jean-Jacques Mamba, porte-parole du MLC sur les ondes de la radio Top Congo FM.

En outre, trois candidats se battent pour la présidence de cette institution, et n’ont visiblement pas envie de lâcher du lest. Il s’agit entre autres du Front dirigé par le MLC, qui va jusqu’à exiger le poste, et Vital Kamerhe, dont les partisans regroupés au sein de l’opposition des signataires de l’accord de la Cité de l’UA n’en démordent pas. En embuscade, Joseph Olenghankoy, à la tête de la dissidence du Rassemblement, qui fait toutefois savoir qu’il « se plierait » à la décision du président Kabila.

Aussi, le Rassemblement dirigé par Félix Tshisekedi lorgne de loin. La coalition de l’opposition attend toujours faire nommer Pierre Lumbi à ce poste qu’il considère lui revenir. A moins de six mois des élections censées avoir lieu avant la fin de l’année en cours, le CNSA dont l’une de mission est de supervisée la révision du fichier électoral toujours en cours est plus qu’attendue.  Aussi, le président de la Commission électorale nationale indépendante, Corneille Nangaa, ne cesse de rappeler cette mise en place comme préalable à la publication du calendrier électoral.

Il ne s’agit néanmoins pas de la première violation des textes de l’Arrangement particulier. Alors que ce dernier fixait le nombre des membres du gouvernement à 54, l’équipe publiée par Bruno Tshibala le 10 mai dernier comporte plus de 58 ministres et vice-ministres.

Source : Politico CD

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