Lambert Mende: « plus personne ne nous dictera notre conduite sur des questions internes »

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Alors que des délégués des parties prenantes signaient cet arrangement particulier  au Palais du peuple, sous l’égide du Parlement congolais, une signature censée mettre un terme à des longs mois de négociations et ouvrir la voie à l’application de cet accord signé le 31 décembre, les missions diplomatiques se plaignent en République démocratique du Congo ont soit refusé d’y prendre part, soit n’ont pas été invitées.

« Nous ne souhaitons plus que des gens qui croient qu’ils peuvent nous dicter notre conduite puissent se convaincre de ce prétendu droit qu’ils croient avoir sur nous par des invitations intempestives à des cérémonies comme celle-là« , a réagi Lambert Mende, Porte-parole du gouvernement.

Dans les coulisses pourtant, certaines ambassades comme la France et la Belgique auraient reçu des invitations. « Nous avons reçu l’invitation des présidents du parlement [Léon Kengo du Sénat et Aubin Minaku de l’Assemblée nationale] mais il a semblé clairement qu’on ne pouvait y prendre part« , explique un diplomate belge qui a requis l’anonymat à POLITICO.CD.

De son côté, le ministre congolais des médias affirme que les missions diplomatiques n’ont pas été conviées à cette rencontre.  « Nous sommes allés au Centre interdiocésain, nous n’avions pas de témoins de la communauté internationale. Nous étions seuls et nous avions même accepté la médiation des évêques parce qu’ils étaient tous des Congolais. Mais cette fois-ci, nous estimons que nous sommes assez mûrs pour résoudre ce problème par nous-mêmes« , explique M. Mende.

Pour ce cadre de la majorité au pouvoir, le gouvernement tient surtout à démontrer que le Congo est souverain. « Nous n’avons à inviter tout le monde. On n’a pas besoin de n’importe qui pour des questions qui restent des priorités nationales. On n’a pas besoin des étrangers. Nous ne voulons plus, nous avons trop souffert des interférences étrangères. Et nous faisons attention maintenant donc. Parce qu’après ils se donnent tous les droits, ils croient qu’ils peuvent intervenir sur des questions de politique intérieure. Alors que nous n’intervenons jamais chez eux. Nous sommes un peuple fier« , ajoute-t-il.

Pour autant Lambert Mende dément une rupture avec la Communauté internationale. Le ministre congolais explique néanmoins que Kinshasa reste disponible pour des coopérations liées à des domaines qui ne touchent pas à la « politique intérieure ». « Il n’y a pas de rupture. Vous savez, moi je peux inviter un ami tout comme je ne peux pas. Cela ne veut pas dire que j’ai rompu avec lui. Sur les questions de politique intérieure, nous ne voulons plus d’interférences de certains de nos partenaires. Mais, sur d’autres questions, nous sommes avec eux. Par exemple, nous avons interrompu la coopération militaire avec la Belgique, mais la Belgique reste avec nous pour d’autres échanges. » explique-t-il.

« C’est notre volonté. Nous sommes un pays, nous ne somme pas une province de leurs pays où rien ne peut plus se faire sans eux. Nous voulons leur rappeler que nous sommes un pays. Quand ils ont des choses privées ils ne nous invitent pas. Pourquoi doivent-ils nous denier le droit de régler nos problèmes tout seul? Qui sont-ils pour intervenir dans l’arrangement particulier? C’est une question de dignité, ils doivent nous respecter.« , conclut-il.

De son côté, le Rassemblement dirigé par Félix Tshisekedi a boycotté cette signature, demandant l’application de l’accord avec la nomination d’un Premier ministre issu de son rang.

 

Source : Politico CD

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