La Présidence de la République consomme 98% de son budget annuel en cinq mois

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La Présidence de la République a consommé 98% de son budget annuel en cinq mois. D’après les chiffres de la Direction de préparation et du suivi budgétaire (DPSB), les dépenses de fonctionnement ont atteint 131 997 480 299 des francs congolais (CDF) au 31 mai 2019 sur les prévisions annuelles votées à 134 707 131 513 de CDF.

Quelles en sont les causes et les conséquences ?

En effet, l’indiscipline budgétaire au plus haut sommet de l’Etat ne date d’aujourd’hui. L’histoire des finances publiques renseigne que cela a été le cas depuis belle lurette. Cependant, estiment des analystes avertis, il est impérieux de mettre fin à cette pratique au lendemain de l’alternance voulu par le peuple congolais.

Deux principales causes

L’origine des dépassements budgétaires des institutions politiques telle que la Présidence de la République en RDC part de l’irréalisme des prévisions des dépenses. Très souvent, lors des conférences budgétaires organisées chaque année, il s’observe que les évaluations faites par chaque institution ne cadrent nullement avec les besoins réels dont elles ont besoin.

« A voir ce dépassement, l’on se rend compte que les 81 millions de dollars américains alloués à la Présidence de la République pour l’année 2019 sont insuffisants par rapport à ses besoins. Il serait louable que cela soit ajusté lors de la prochaine conférence budgétaire qui prépare l’élaboration du budget de l’Etat pour l’exercice 2020 », a recommandé un expert.

Il y a également l’absence de rationalisation des dépenses. Dans la planification et l’engagement des dépenses, les gestionnaires devraient agir en faisant l’économie des moyens dans un contexte où les besoins sont immenses face aux maigres ressources. Cela implique notamment la limitation des missions de services non productives et de prestiges et des allocations des primes faramineuses.

Deux conséquences directes

Le non–respect des lignes budgétaires entraîne la consommation des crédits alloués aux investissements pro-pauvres dont les secteurs sont bien identifiés. A fin mai 2019, renseigne la DPSB, le déficit d’exécution des dépenses publiques s’est chiffré à 34,22%. En d’autres termes, 34,22% des dépenses publiques n’ont pas été réalisées sur la période. De quoi conclure que le train de vie des institutions aura grignoté d’autres rubriques budgétaires.  

Il y a ensuite la violation de la Loi des Finances pour l’exercice 2019. Cela s’explique par l’exécution de toute dépense non budgétisée et de toute désaffectation budgétaire. Ici, des experts des Finances publiques sont d’avis que la violation est flagrante.

« Les dépassements budgétaires et les dépenses extra-budgétaires telles que celles engagées pour le programme des 100 jours nécessitent un correctif conformément à la Loi. Car, le déséquilibre budgétaire est créé. Le prochain gouvernement devrait l’inscrire parmi ses priorités et le chef de l’Etat devra y veiller pour ne pas être considéré comme complice à cette violation des lois de la République sensées être faire appliquer par lui », insiste un autre expert.

Par-dessus tout, cette indiscipline budgétaire caractérisée doublée de la violation flagrante de la loi budgétaire de l’exercice 2019, sans aucun correctif du déséquilibre crée, pourrait influencer la décision du Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) qui doit se prononcer, très prochainement, sur les conclusions de sa revue au titre de l’article IV.

Afin de donner plus d’argument au FMI de rentrer en programme avec la RDC et bénéficier des avantages que cela apportera à l’économie nationale, l’exécutif congolais devrait, dans l’urgence, rationaliser les dépenses de son train de vie et restaurer la discipline budgétaire.

Source: http://www.mediacongo.net/

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