La nécessité d’une reconfiguration des alliances ou une cohabitation républicaine au sommet de l’Etat

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La question relative à l’incohérence au sommet de l’Etat congolais, liée à la prédominance au parlement d’une coalition opposée à celle du président élu, va nécessiter la redistribution des cartes, ou une cohabitation républicaine. A défaut d’une cohabitation réelle, le chef de l’Etat risquera de faire usage de son pouvoir régalien, et prendre des mesures sèches à l’égard de la chambre basse du parlement.

La situation que devra traverser la machine étatique congolaise, à l’aube du mandat des institutions issues des élections de décembre 2018, s’annonce déjà délicate. Un bicéphalisme semble sur le point de se déclarer entre le prochain gouvernement, qui pourra découler du FCC [majoritaire au parlement], et le président Felix Tshisekedi.

Cela est par ailleurs loin de constituer une épine permanente pour le prochain chef de l’Etat, à en croire certains analystes avérés. Pour l’acteur de la société civile, Nicolas Kyalangalilwa, l’instabilité idéologique des acteurs et organisations politiques congolais poussera nombre de ceux qui constituent l’actuel FCC à rejoindre le camp du nouveau président.

« La seule valeur dans laquelle les politiciens [congolais] croient, c’est le pouvoir. Je n’ai jamais entendu des grands  débats du genre « nous allons mener l’économie de cette manière » ! Ce n’est pas des débats d’idéologie. C’est [plutôt]  » je vais accéder au pouvoir et je vais avec ceux qui sont au pouvoir » », a pu constater l’activiste, qui croit que le nouveau président n’aura pas du mal à se constituer une majorité à partir même des partis qui forment le FCC actuellement.

Pour le politologue, Théodore Museme, l’actuelle majorité parlementaire [dans le cas où elle gardait sa configuration] devra cohabiter avec le président nouvellement élu, et s’inscrire dans la logique de son programme. Le pire surgirait si le FCC s’abusait de bloquer le chef de l’Etat dans la bonne exécution du programme en vertu duquel il a reçu la confiance du peuple. Dans cette hypothèse, le président pourrait dissoudre l’assemblée.

« Si FCC maintient ce nombre-là, on sera  obligé de faire un gouvernement de cohabitation. Et dans un gouvernement de cohabitation,…, on bloque souvent le président ; et dans un régime semi-présidentiel, si le président se trouve beaucoup bloqué, il sera obligé de dissoudre l’assemblée, parce que c’est son programme [qu’il devra exécuté, et sera évalué en fonction de ce programme] », précise Museme.

Même réunis les partis de toutes les deux tendances de l’opposition n’étant pas en même de rafler la majorité parlementaire, les principales forces du FCC devront jouer un rôle de premier plan dans la constitution du prochain gouvernement.

Source: http://www.mediacongo.net/

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