La Licoco dénonce la « gestion calamiteuse » des finances à la Présidence de la république

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La ligue congolaise de lutte contre la corruption (Licoco) se dit préoccupée par la « gestion calamiteuse des finances publiques par la Présidence de la république depuis la prise de fonction de l’actuel président, Félix Tshisekedi. Dans un communiqué rendu public le 25 juin à Kinshasa, et signé par le secrétaire exécutif, Ernest Mpararo, cette organisation recommande des sanctions sévères à l’endroit des collaborateurs qui induisent le chef de l’État en erreur. Ce, après avoir pris connaissance d’une correspondance du directeur de cabinet adjoint du président de la république, sollicitant l’autorisation d’attribuer un marché à un privé, sans appel d’offre.

« Par sa lettre du 13 Juin 2019, adressée au directeur général de la direction de contrôle et de gestion des marchés publics, le directeur de cabinet adjoint du chef de l’Etat demandait l’autorisation d’attribuer un marché de réhabilitation et de construction d’un palais présidentiel à une entreprise en mode d’urgence, c.à.d. de gré à gré, et pour un montant global de 180 millions d’euros. La Licoco crie au scandale et demande au Président de la République de revenir sur sa décision car l’attribution de ce marché n’a pas un caractère urgent, même si nous reconnaissons que la construction d’un palais présidentiel est nécessaire… », indique le communiqué.

Et d’ajouter : « Réhabiliter et construire un palais présidentiel à 180 millions d’euros est une dépense non budgétisée ». La Licoco estime que cette somme devrait être utilisée pour la réhabilitation des camps militaires et de la police dont l’urgence peut être acceptée. Le prix estimé (180 millions d’euros) pour la réhabilitation de ces 2 projets est aussi exorbitant et cela suscite beaucoup d’interrogations car les 2 projets ne sont pas budgétisés dans le projet du budget 2019. La Licoco note que la société à qui le marché à été attribué n’a été enregistré au Guichet unique pour la création d’entreprises que le 31 mai 2019 et n’a pas d’expérience en la matière. En outre, explique la Licoci, la société ne renseigne aucune autre information sur les travaux effectués dans d’autres pays pour ce genre de travaux.

D’ailleurs, notre la Licoco, cette société n’a aucun site web pour se renseigner sur son expérience ».

Parmi les recommandations formulées, la Licoco demande au chef de l’Etat d’annuler ce marché et de lancer un autre appel d’offre national et international ; de sanctionner les conseillers qui veulent l’induire en erreur car il y a des soupçons de commissions et de pots de vin dans l’attribution d’un tel marché.

Aux députés nationaux et sénateurs, la Licoco prie ces derniers de demander au ministre des finances et au gouverneur de la banque centrale du Congo de ne pas autoriser la sortie des fonds s’il n’y a pas appel d’offre national et international ; d’interpeller le ministre des finance sur la pertinence d’une telle dépense.

En outre, la Licoco recommande aux acteurs de la société civile de dénoncer ce marché et de mobiliser les citoyens sur la pertinence d’une telle dépense ; de demander qu’on alloue ces fonds aux projets ayant un impact sur la lutte contre la pauvreté telle que le financement de la construction des camps militaires, des camps des policiers, de l’éducation gratuite, des soins gratuits, etc….

Depuis quelques jours , une prétendue correspondance du directeur adjoint du président Félix Tshisekedi, adressée aux responsables du contrôle des marchés publics, défraie la chronique. Dans cette lettre attribuée au cabinet du chef de l’Etat, celui-ci sollicite l’attribution d’un marché de construction et de réhabilitation des palais présidentiel sans appel d’offre tel qu’exigé par la loi en la matière.

Dans sa réaction, le directeur adjoint du cabinet du chef de l’Etat, Kolongele Eberande ne reconnait pas avoir adressé une correspondance au directeur de contrôle des marchés publics. Quelques heures avant, le porte-parole du chef de l’Etat a déclaré que ces documents attribués au cabinet du président de la République dont des documents falsifiés.

Source: http://www.mediacongo.net/

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