La Chine et la Russie s’opposent à l’intimidation américaine

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La Chine et la Russie font preuve d’une coopération plus étroite, affichent une plus grande cohésion d’intérêts dans les affaires internationales, et sont devenues des puissances majeures qui résistent à l’intimidation des États-Unis, ont déclaré des observateurs chinois.

« L’économie mondiale fait face à un protectionnisme croissant. La Chine et la Russie ont montré des intérêts plus solides pour préserver la stabilité mondiale et promouvoir les réformes de l’ordre international », a déclaré samedi au Global Times Gao Fei, professeur de relations internationales à l’Université des affaires étrangères de Chine.

Wang Xianju, chercheur à l’Institut de recherche sur le développement social euro-asiatique du Centre de recherche sur le développement du Conseil des Affaires d’Etat à Beijing, a remarqué que les deux pays coopéraient plus étroitement dans le traitement des affaires internationales dans le cadre du partenariat de coordination stratégique global Chine-Russie.

Des commentaires d’experts qui interviennent après que le conseiller d’Etat chinois et ministre des Affaires étrangères Wang Yi et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov ont réprimandé les Etats-Unis sur un éventail de questions allant des accords multilatéraux à leurs sanctions à l’ONU.

Au siège de l’ONU à New York lors de la 73e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, Wang Yi a en effet déclaré que la Chine soutenait pleinement la proposition de l’Union européenne de mettre en place un « système de paiements spéciaux » afin de faciliter les échanges commerciaux avec l’Iran et de préserver l’accord nucléaire iranien. La Russie s’est également engagée à soutenir ce plan. Outre la Chine et la Russie, d’autres pays ont également accepté de participer à ce système, ce qui pourrait être perçu comme un pied de nez à l’unilatéralisme américain, a déclaré Wang Xianju.

Sur la question de la péninsule coréenne, Wang Yi a souligné que la situation avait évolué pour le mieux, et que la Chine avait déployé des efforts inlassables à cette fin. Elle s’est heurtée aux Etats-Unis, qui ont averti que « l’application des sanctions du Conseil de sécurité doit se poursuivre vigoureusement et sans faute jusqu’à ce que nous réalisions une dénucléarisation définitive et pleinement vérifiée ».

La Russie a soutenu l’appel de la Chine à revoir les sanctions. M. Lavrov a déclaré qu’elles ne devaient pas devenir une sorte de « punition collective » et affirmé qu’il était temps d’envoyer un signal positif à Pyongyang pour encourager des concessions.

« L’attitude des Etats-Unis à l’égard de la Corée du Nord est contradictoire et les intentions du président américain sont toujours suspectes », a remarqué Wang Xianju.

M. Gao a également noté que la Chine et la Russie avaient médité sur la guerre froide et réalisé que le meilleur choix était la coopération et non la confrontation. Il est donc naturel que les deux pays fassent preuve d’une plus grande coordination dans les affaires internationales.

Les Etats-Unis rapprochent-ils les deux pays ?

Une coopération plus étroite entre la Chine et la Russie a également été mise en lumière par les médias occidentaux, avec de nombreux reportages sur la participation de la Chine et de la Russie à la cause de la mondialisation.

Certains ont même qualifié la coopération de jeu, les États-Unis étant l’adversaire. Un article publié dans le mensuel américain Foreign Affairs a suggéré que ce sont peut-être les Etats-Unis qui rapprochent les deux pays. La sagesse conventionnelle à Washington et dans d’autres capitales occidentales ignore le degré auquel les politiques américaines à courte vue poussent la Russie et la Chine à se rapprocher, est-il souligné dans l’article. Le moment est venu pour les décideurs politiques américains de repenser leurs politiques antagonistes parfois inutiles et de réfléchir de manière plus créative à la manière de gérer une nouvelle ère de concurrence accrue entre les grandes puissances, poursuit l’article.

Les analystes chinois ont cependant fait valoir qu’une telle compréhension est biaisée et partiale.

M. Gao a déclaré que la Chine et la Russie ne faisaient pas face aux Etats-Unis, mais essayaient d’avertir Washington qu’il leur fallait retourner sur la bonne voie. Les deux pays exercent leur pouvoir pour résister à l’intimidation américaine, a-t-il noté.

Wang Xianju a déclaré que la coopération entre la Chine et la Russie contribuerait à promouvoir leurs relations bilatérales, leur stabilité régionale et leur développement mutuel. « La Russie a intensifié ses efforts pour développer sa région extrême-orientale et la Chine a également promu l’initiative des Nouvelles routes de la Soie. La relance du nord-est de la Chine a également besoin d’une coopération mutuelle », a-t-il ajouté.

Le commerce bilatéral entre la Chine et la Russie a maintenu une croissance à deux chiffres en 2018 et devrait atteindre 100 milliards de dollars d’ici la fin de cette année, selon le ministère chinois du Commerce.

« Les deux pays disposent encore d’une marge considérable pour approfondir leur coopération, notamment à l’échelon des gouvernements locaux », a déclaré M. Gao. Moscou a mis en place de nouvelles politiques industrielles au cours de ces dernières années dans l’Extrême-Orient russe. Dans le cadre de ce plan, les autorités locales ont accéléré la construction d’un parc industriel à Vladivostok, dans le but d’attirer davantage d’investissements étrangers en provenance de Chine, du Japon et de la Corée du Sud.

Outre la coopération économique, les analystes ont également noté que la Chine et la Russie coopéraient dans de nombreux autres domaines, notamment les échanges militaires et culturels.

Source: http://www.mediacongo.net/

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