Kwilu : les paysans du secteur Luniungu recourent au Compost pour fertiliser le sol

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Depuis des années, les paysans du secteur Luniungu, territoire de Bulungu, dans le sud-ouest de la République démocratique du Congo (RDC), surtout ceux du Comité central villageois pour le développement (CCVD) et d’autres organisations paysannes utilisent de temps en temps le Compost, une technique agricole qui fertilise le sol et améliore la production agricole.

« Avant la pratique du compost, il était rare de récolter des légumes en grande quantité. Nous n’arrivions même pas à cinq bassins de légumes. Mais, depuis que nous recourons à cette technique culturale nous récoltons facilement entre 10 et 20 bassins de légumes et même plus pour une superficie de 10m2. Après vente, nous avons une recette qui va de 50.000 à 100.000Fc [31.2 à 62.5 dollars] par jour », témoigne Bernadette Bizau, enseignante dans une école primaire de la place et paysanne.

D’après elle, des recettes venues de la vente des produits agricoles grâce au compost favorisent l’autonomisation économique des femmes, facilitent la scolarisation des enfants.

« Nous sommes maintenant convaincus que le compostage fertilise le sol », renchérit-elle.

De son côté, Robert  Mapombo, un ingénieur agronome qui accompagne les paysans dans ce coin du pays, consultant et président de l’Association des cultivateurs, pécheurs et éleveurs de Kisala (ACPEKIS) dans le secteur Kwenge garde aussi un bon souvenir : « Dans ma ferme et mon OP, l’usage du compost [venu surtout de l’ex usine de Putubumba PLC], est toujours un facteur important de réussite dans la réhabilitation des sols dégradés bien des fois lorsqu’elle s’accompagne des techniques de paillage, demi-lune et zai. Cette pratique nous permet actuellement de récolter des tonnes et des tonnes de maniocs, maïs, haricots, etc. alors que ce n’était pas le cas les années antérieures. »

« A Mubu, par exemple, localité située à un kilomètre du secteur Luniungu, communautés locales, fermiers et OP se sont jetés dans la pratique des déchets organiques telle que le compostage et cette pratique engendre la croissance de la productivité agricole », rassure Pedro Kahimbi,  président du CCVD/Luniungu.

Technicien et spécialiste en la matière, l’Ir Mapombo explique : « Le compostage, selon les sciences apprises à l’université, est un processus naturel de décomposition de la matière organique [les résidus de culture, les déchets animaux, les restes alimentaires et certains résidus ruraux et industriels-presse manuelle, raffineries d’huile de palme] produits par les micros – organismes, dans des conditions bien définies. »

Selon lui, ces méthodes sont très diverses et dépendent du contexte et des limitations locales notamment la disponibilité des matières organiques et les besoins en compost.

« Il s’agit ici du compostage uniquement végétal, c’est-à-dire, une technique culturale avec conservation de la matière organique du sol [enfouissement des matières organiques, pas de brûlis et du compostage mixte mélangé des déchets végétaux et du fumier] », indique-t-il.

Il ajoute que ces paysans utilisent également le compostage des déchets humains (excréments et du vermi-compostage obtenu par la dégradation des matières organiques par des vers de terre.

Les hommes de la science agronomique affirment qu’utiliser le compost, c’est favoriser une productivité accrue du sol, la réduction du risque de sécheresse et l’augmentation de la valeur nutritionnelle des céréales ; c’est ensuite éviter la dégradation des terres ou la biodiversité du sol et le coût élevé des engrais chimiques ; C’est enfin une autre façon d’améliorer la teneur en matière organique des sols et de développer le socio-économique du paysan.

Le secteur Luniungu est une entité territoriale décentralisée du territoire de Bulungu à la merci de la rivière Gobari, riche en crocodile et hippopotames.

Le rayon est à vacation agricole surtout après le départ de la société PLC (Plantation Lever au Congo) vers les années 80. Ce départ a obligé les usines de Putubumba, Kisia et Kunga d’arrêter la raffinerie d’huile de palme et renvoyer plusieurs travailleurs dans le chômage.

Source: http://www.mediacongo.net/

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