Kongo central : deux militaires impliqués dans l’attaque meurtrière du 28 mai à Kasangulu

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Elle avait suscité émoi, effroi et indignation. L’attaque d’un bus à Kasangulu en provenance du village Diaki a causé mort d’hommes. Les victimes, un chauffeur et trois passagers, n’ont pas été tuées par des coupeurs de route, mais par deux éléments des FARDC.

Selon la reconstitution des faits effectuée sur le lieu du drame par les services de sécurité en présence de Marcel Matumpa, ministre provincial de l’Intérieur, du député provincial Nsalambi, une source digne de foi raconte : « Les deux militaires étaient en faction lorsqu’ils sont alertés d’une coupure de route par un groupe d’inciviques un peu plus en amont de leur poste, pour la première fois par un taxi-moto et pour la deuxième fois par un chauffeur. Un chauffeur et des passagers ayant échappés aux coupeurs de route qui les ont dépouillés de leurs biens après avoir barricadé la route à l’aide des troncs d’arbres et des briques.

Ils courraient en direction du poste pour chercher secours quand ils s’immobilisent effrayés par de tirs en l’air de deux hommes en treillis. L’un dissimulé dans un caniveau et l’autre un peu plus en retrait dans un buisson. Ce sont ces mêmes tirs qui on fait fuir les coupeurs de route. Au vu de ces gens courant dans leur direction, les deux militaires tirent à bout portant et tuent sur le champ une femme et en blessent d’autres passagers. Les victimes ont pourtant crié pour alerter leurs bourreaux qu’ils n’étaient pas ces coupeurs de route. Rien n’y est fait, les deux hommes en arme poursuivent leur besogne et vont abattre le chauffeur et deux autres personnes. L’une d’elles un peu plus loin après une chasse à l’homme. Ils s’emparent ensuite de leurs effets que la police retrouvera au moment de leur interpellation ». Lors de l’audition, 17 balles manquaient dans l’un des chargeurs des armes de ces militaires.

Appel au calme

Après la reconstitution précédée d’une réunion de sécurité à Kasangulu, Marcel Matumpa s’est montré rassurant : « Le constat est amer et c’en est trop. On doit mettre fin à cette situation des coupeurs de route à Kasangulu. Nous y travaillons et invitons la population de Kasangulu au calme et à la sérénité ». Cet appel est relayé par Nsalambi, élu de Madimba. Pour les chefs coutumiers de ce territoire, cela ne suffit pas. « Il faut des mesures fortes pour éradiquer ce phénomène perturbant la quiétude de notre territoire qui compte aussi bien des civils, des policiers que des militaires au rang des criminels », s’insurge Gabriel Lubata Kioni, numéro 1 de chefs coutumiers qui désire que, « les autorités apportent un soutien conséquent à la police en termes d’équipement et d’effectif ».

Au lendemain de cette attaque, le gouverneur avait promis d’équiper la police pour notamment sécuriser la nationale numéro 1. Reste la concrétisation de ces bonnes intentions.

Dans l’entretemps, les chefs coutumiers eux, veulent démontrer de quoi ils sont capables. Gabriel Lubata annonce la tenue d’une rencontre prochaine de tous les chefs coutumiers du territoire pour dit-il, « invoquer les ancêtres afin de réserver le sort qu’il faut à ces bandits de grand chemin ». « Nous sommes de sorciers et nous ferons en sorte que ces assassins soient punis », rassure-t-il.

Source: http://www.mediacongo.net/

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