Kivu, les faces cachées du viol

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« Dans l’Est du Congo, au Kivu, le viol est utilisé comme une arme de guerre pour détruire les populations… ». Cette phrase sonne comme une fatalité. Pourtant, la réalité sur place ne diffère pas tellement de ces quelques mots. Le viol est bien présent. D’une femme de 65 ans à un bébé de 6 mois, pour les violeurs il n’y a pas de différence, tout le monde y passe. Mais ces exactions causent de nombreuses conséquences. Notamment, l’apparition d’un ventre rebondi pour ces dames.

« Tu t’es fait violer et en plus tu es enceinte ! Vas-t’en de chez moi, tu es sali, je ne veux plus que tu vives ici ». Ces mots, ce sont ceux du mari d’Angela. Elle explique ce qu’il lui a dit une fois qu’il avait compris qu’elle était enceinte de son agresseur. Les violences sexuelles font resurgir de nombreuses problématiques : celle de ces enfants, que deviendront-ils ? Celle des mentalités, comment faire pour montrer que le viol n’est pas la faute des femmes ? Celle de la corruption, comment changer la justice pour que les victimes puissent porter plainte en paix et avec des résultats ? Tant de questions, sans réponses.

Pourtant malgré ces atrocités, ces femmes et ces enfants ne se laissent pas abattre. Ces femmes tentent, tant bien que mal, de se battre, de survivre et de changer cette normalité, qui est celle du viol. Avec cette force ainsi que l’attribution du prix Nobel de la paix cette année au Dr Denis Mukwege, un gynécologue congolais qui se consacre à ces femmes et ces enfants, et à Nadia Murad, victime des violences du groupe terroriste Etat islamique, cela redonne de l’espoir à cette région qui est trop souvent dénigrée et mal interprétée.

Ce sujet est au cœur d’un documentaire réalisé par la journaliste Saskia Violette de Noircame. Son film, à voir ci-dessous, a été récompensé par le jury du festival « journalisme en devenir » dans la catégorie « Journalisme en Devenir de l’engagement et de l’esprit critique ».

Source: http://www.mediacongo.net/

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