Kinshasa: des électeurs sans carte déjà déboussolés !

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A 3 semaines des élections présidentielle et législatives, plusieurs kinois ayant perdu leurs cartes d’électeurs ne savent pas à quel saint se vouer.

Certains affluent dans quelques communes espérant remplacer ce sésame perdu par un duplicata, mais les démarches à entreprendre semblent longues, fastidieuses et surtout coûteuses.

En clair, indique-t-on, pour toute requête d’une nouvelle carte dans une maison communale, les officiers de la police judiciaire exigent d’abord l’achat d’un procès verbal dont le prix exact n’est pas connu, car variant selon la tête du demandeur. Puis, c’est le flou total pour la suite des démarches.

Folles rumeurs sur l’achat des cartes d’électeurs !

Toujours dans la capitale, des nouvelles faisant état des achats des cartes d’électeurs par des candidats députés nationaux et provinciaux, sont vives depuis le début de cette semaine.

En effet, raconte-t-on, ces « futurs honorables » se livrent à des pratiques peu illicites, consistant à convaincre quelques votants de leurs circonscriptions de leur vendre leurs cartes d’électeurs.

Celles-ci seraient négociées jusqu’à 10 $ la pièce. A Masina, Kalamu, Bandal, Lemba, Kintambo… des Kinois affirment avoir fait de « bonnes affaires », car ces cartes se vendent comme de petits pains, vu le niveau de pauvreté que vivent des Congolais.

A la Foire internationale de Kinshasa, certains témoins rapportent que beaucoup de leaders des partis se livrent à cette pratique pendant leurs activités politiques. Leurs délégués récoltent des centaines de cartes auprès des électeurs de leurs circonscriptions.  » Il nous a dit qu’on peut ne pas être là comme témoin le jour des élections. Comme il a déjà nos cartes, c’est le plus important « , confie un vendeur de gerbes des fleurs.

Dans la commune de Bandalungwa, un électeur qui s’est abstenu, le week-end dernier, de  » vendre » sa carte à 10 $, a soutenu que, « le jour du vote, je suis sûr de la vendre cinq fois plus. J’attends le 23 décembre ».

A Funa, un candidat à la fois député national et provincial, a confié à un de ses proches habitant la commune de Kalamu, de lui trouver 100 témoins pour récupérer leurs cartes, moyennant 10$.

La Ceni est appelée à mener des enquêtes pour invalider ces candidats qui  » achètent  » des voix, profitant de la misère des électeurs, ces derniers prêts à hypothéquer leur avenir à vil prix.

Au cas contraire, ces élections risquent d’être ni démocratiques, ni transparentes, encore moins crédibles.

Source: http://www.mediacongo.net/

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