Kengo : controverse et mystère autour d’une interview

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Quantité de questions au lendemain de l’interview de Léon Kengo à RFI. A contrario, très peu de réponses en terme d’éclairage sur les principaux sujets de l’heure. Du cas Katumbi à la désignation de Ramazani comme candidat FCC à la prochaine présidentielle en passant par la carte Bemba,  » le vieux Léon  » a investi dans une dialectique où l’équilibrisme à tout vent le disputait à l’ambiguïté.

Or, c’est archi-connu, on ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment. Même si sous les tropiques rd congolaises, l’équivocité ou le flou artistique permet de gagner à tous les coups !

Archétype de cette ambiguïté, Léon Kengo de souche politique mobutiste aura battu tous les records de longévité au perchoir dans un régime d’essence kabiliste tout en se donnant le beau rôle de censeur du même Pouvoir ! Il faut le faire. Dans l’entretien avec RFJ, l’inusable Kengo donne toute la mesure de son équilibrisme. Plaidoyer pro Katumbi pour que non seulement le leader de Ensemble rentre au pays, mais aussi pour qu’il participe aux élections.

Pas meilleure recette pour des élections inclusives. Bemba ?  » Un peu son fils « , il a le profil. Ramazani sans base électorale ? Il n’est pas orphelin .Chacune de ces trois personnalités peut trouver réconfort auprès du  » Vieux « . Seulement voilà, comme revers de la médaille estampillée  » tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil « , l’ancien PGR et le Sociétaire XXL du front commun pour le Congo prend quelques libertés avec l’abc du droit et accouche de quelques incohérences politiques.

Peut-on demander l’amnistie comme le très juriste Kengo le suggère au leader de Ensemble ? Techniquement non. L’amnistie procède, en effet, d’une loi. Peut-on soutenir que la subornation des témoins est  » une infraction auxiliaire  » et qu’on aurait dû acquitter Jean-Pierre Bemba au motif que les faits pour lesquels celui-ci est poursuivi sont considérés comme non établis ? Enfin, last but not least, peut-on avoir signé le plus officiellement du monde la Charte du FCC et attendre de voir qui soutenir à la présidentielle ? Du haut de ses nombreuses décennies de vie politique, Léon Kengo n’ignore pas à quoi il s’engageait en adhérant à la plateforme électorale pilotée par Joseph Kabila.
Tout comme au regard de sa stature et ses fonctions officiellles, il aurait au minimum dû se contenter d’une réponse républicaine très à cheval sur la Constitution quand il s’est exprimé sur la géopolitique toute za¨ro-congolaise Est-Ouest.

De ce point de vue, ses propos résonnent comme en écho du livre coupe-gorge intitulé  » Un Président ne devrait pas dire ça « . Consacré à François Hollande. En paraphrasant, on dirait :  » un sociétaire du FCC ne devrait pas dire ça « .

Meilleur exégète de lui-même, Léon Kengo sait sans doute à qui il destine son message en ce moment précis. Pour un homme qui n’est pas soluble dans la politique spectacle bien de chez nous, l’interview à RFI est peut-être à lire ou à écouter au second degré.

Source: http://www.mediacongo.net/

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