Journée mondiale du souvenir de la traite négrière : retour sur l’histoire

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Le 23 août est commémorée la Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition. C’est dans la nuit du 22 au 23 août 1791 qu’a commencé l’insurrection qui a joué un rôle déterminant.

La traite négrière transatlantique

Il s’agit du commerce d’esclave dont ont été victimes, par millions, les populations de l’Afrique de l’Ouest, centrale et australe durant plusieurs siècles. La traite atlantique débuta en 1441 par la déportation de captifs africains vers la péninsule ibérique. Elle débute en 1441 par la déportation de captifs africains vers la péninsule ibérique. La première vente de prisonniers noirs embarqués sur les côtes atlantiques africaines a lieu en 1444, dans la ville portugaise de Lagos. Les Portugais convoient ensuite les esclaves vers les Caraïbes et l’Amérique du Sud.

Les raisons de la traite

Avec la découverte de l’Amérique le besoin en main d’œuvre s’est vite fait ressentir. Les Européens chargaient leurs navires de pacotilles, d’armes, d’alcool, de tissus, etc. qu’ils échangeaient en Afrique contre des esclaves. Des esclaves qui étaient ensuite vendus en Amerique contre des lettres de change ou des matières premières : sucre, puis coton et café pour approvisionner l’Europe.

Les ports de la traite négrière

Sur le liste de célèbres ports négrier, en Afrique Gorée ou Ouidah sont souvent cités.

En Angleterre Liverpool, est présenté comme le premier port négrier atlantique avec 4894 expéditions de traite mais il y a également Londres.

Nantes, Bordeaux, La Rochelle ou encore Marseille sont au XVIIIe siècle quelques unes des villes en France à participer au commerce triangulaire.

En Espagne il y a Cadix et au Portugal, Lisbonne.

En Allemagne, le port de Hambourg est aussi impliqué dans la traite.

La traite négrière et son impact économique et politique

Elle a permis l’introduction des pièces de monnaie dans les échanges commerciaux. Certaines régions notamment le Sénégal, le Dahomey (Bénin), la Gold Coast (Ghana) ont bénéficié de certaines cultures amenées d’Amérique tels que le tabac, l’arachide, le maïs, le manioc.

La traite  a donné un grand élan à l’industrialisation au XIXème siècle en Europe car elle lui a permis l’accumulation d’énormes capitaux.

Elle a propulsé l’économie des pays d’outre Atlantique essentiellement des états côtiers Latino-Américain et de l’Amérique du Nord. L’économie  Brésilienne, s’est par exemple construite à partir des millions de noirs qui travaillaient dans les plantations.

L’abolition de l’esclavage a été à l’origine de la guerre de sécession aux Etats-Unis entre le Nord, région industrielle qui souhaitait l’abolition de l’esclavage et la région du Sud, région de planteurs qui y était opposé.

Esclavage et langues

En raison de leurs origines diverses, les esclaves n’avaient pas la possibilité de communiquer entre eux dans leurs langues maternelles. Cela entraine alors l’émergeance des créoles dérivés à la fois des langues des maîtres et des langues africaines. Si certaines de ces langues restent très courantes de nos jours d’autres sont menacées de disparition.

En Colombie par exemple « le palenque », mélange unique de bantou et d’espagnol a survécu à l’abolition de l’esclavage et est inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Unesco en 2005.

L’impact réligieux

Les hommes, les femmes et les enfants arrachés à leur continent ont emporté avec eux leurs croyances et rites. Le vaudou, religion issue des cultes animistes africains s’est retrouvé aux Antilles (notamment en Haïti), au Brésil et en Amérique (Louisiane).

En raison de son caractère secret le culte vaudou suscitait la terreur chez les colons. Interdit mais pratiqué dans la clandestinité par les esclaves il a joué un rôle déterminant dans la révolte de 1791 qui fut précédé d’une cérémonie traditionnelle au bois Caïman. Cette révolte a abouti à la naissance de la première République Noire de HAÏTI.

L’impact culturel

Le Negro Spirituel, le Blues ou encore le Jazz sont autant de rythmes qui résultent du croisement des traditions orales africaines et euro-américaines.

L’esclavage a également été à l’origine de danse comme la capoeira. Il s’agissaitt d’un art martial élaboré en secret par les esclaves noirs du Brésil, pour lutter contre leurs oppresseurs. Interdit en raison des craintes des esclavagistes de voir éclater une rébellion, les esclaves ont alors l’idée d’exécuter les mouvements sous l’apparence d’une danse.

Traite d’êtres humains de nos jours

Officiellement l’ésclavage est aboli dans tous les pays mais il existerait encore environ 100 millions d’esclaves dans le monde. On retrouve en effet encore des esclaves en Afrique, dans des pays comme la Mauritanie ou le Niger, en Amérique Centrale et du Sud, en Asie, au Moyen-Orient et aussi en Europe.

Les raisons de la persistance de la pratique sont variées : certains sont réduits en esclavage pour rembourser une dette, d’autres sont condamnés au travail forcé suite à un délit ou sont exploités sans avoir la possibilité de s’échapper.

Source: http://www.mediacongo.net/

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