Journée mondiale des télécommunications : vers la création d’une plate-forme de l’entrepreneuriat numérique au Congo

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Plusieurs entrepreneurs du secteur et startups ont convenu, le 17 mai, avec l’Agence de régulation des postes et communications électroniques (Arpce), de mettre en place une plate-forme d’échange et de collaboration en vue d’encourager et favoriser le développement du numérique dans le pays.

La décision entérinée par Yves Castanou, directeur générale de l’Arpce, a été prise à l’issue d’un débat organisé par le régulateur sur le thème « Entrepreneuriat numérique et opportunités offertes aux jeunes », a l’occasion de la célébration de la Journée mondiale des télécommunications.

« Beaucoup d’initiatives ont été prises ces dernières années par de jeunes entrepreneurs. Des startups se sont créées avec de belles applications, lesquelles souffrent parfois de développement. À côté de cette énergie, il faut une suite logique. Il manque un interfaçage de collaboration. Nous devrons créer un environnement pour aider ces jeunes », a déclaré Yves Castanou, à l’introduction de ce « café du numérique ».

Des responsables de sociétés de téléphonie mobile, à l’instar de MTN et Airtel, les représentants de banques et établissements de financement, d’incubateurs, de propriété industrielle et des établissements de formation ont pris part à ce rendez-vous, le premier du genre.  Les débats ont essentiellement porté sur les difficultés que rencontrent les startups congolaises évoluant dans le numérique et les solutions à proposer.

Si les startups se félicitent de la moisson qu’elles apportent dans la recherche des solutions à travers le développement des applications utiles, elles disent connaître d’énormes difficultés dans le déploiement de celles-ci. Rajil Vembe et Karl Obissi, tous deux développeurs, ont témoigné sur l’impossibilité d’utiliser les API des opérateurs pour créer de la valeur, notamment aux services proposés aux consommateurs dans le paiement numérique sécurisé à travers l’e-commerce.

Un débat focalisé sur les API

Les API sont, en quelque sorte, des fonctions informatiques qui servent de façade par laquelle un logiciel offre des services à d’autres logiciels. La plupart d’applications développées aujourd’hui font un recours intensif à l’utilisation des API. Au Congo, les opérateurs de téléphonie mobile et même certaines structures, à l’instar des banques, ont encore bloqué leur interface, se plaignent les entrepreneurs.

Impossible donc d’avancer dans le déploiement de certains services, surtout de paiement. Pour Serge Parfait Goma, informaticien, c’est un problème de normes et il n’est pas logique pour les grands opérateurs de bloquer cet échange de service qui a été ouvert dans d’autres pays par des opérateurs.

Pour Djibril Ouattara, directeur général de MTN, la question pose un problème de sécurité et d’efficacité. L’API étant une « ressource sensible », les startups doivent s’organisent à travers de projets stimulants. Mieux, le directeur général a proposé la mise en place d’agrégateur à l’image de PayPal pour que les demandes de connexion aux API soient sécurisées et formalisées.

Même son de cloche chez Airtel, représenté par son directeur marketing, Serge d’Oliveira, qui estime que la collaboration entre leur plate’forme et les startups est profitable si le processus porte des garanties. « Le service Airtel Mobile money est en train de se développer, il faut un grand rôle d’agrégateur pour sécuriser les transactions », a-t-il souligné.

Des arguments quasiment rejetés par l’ensemble des développeurs et entrepreneurs. Ils ont tout de même été invités par Yves Castanou et Djibril Ouattara à intérioriser le côté marketing et managérial des projets, à l’instar de la technologie, pour que ceux-ci épousent la philosophie de la collaboration avec les plates-formes des opérateurs.

Créer un environnement collaboratif pour y parvenir

Si la question a soulevé un vif débat, celle du statut juridique de la startup a également attisé des analyses. Eliphal Mbaloula, l’un des responsables de la communauté Fongwama, estime qu’il est l’heure d’organiser, de manière juridique, les startups afin qu’elles bénéficient d’une attention plus soutenue auprès d’institutions à l’instar des banques.

Pourtant, toutes ces questions ne peuvent trouver des solutions qu’à travers un cadre collaboratif de travail. « A partir d’aujourd’hui, nous créons une plate-forme qui va œuvrer jusqu’au résultat des questions soulevées ici. Nous devons jouer le rôle de rooter ou de switch pour orienter les startups », a lancé Yves Castanou.

Pour lui, « il faut arriver à amener le ministère des PME pour définir un statut juridique pour les startups ». A propos des API, le directeur général de l’Arpce propose que les différentes parties aillent vers un équilibre afin que les opérateurs « ouvrent certaines de ces interfaces ». Une décision bien accueillie par le directeur général de MTN qui a officiellement invité les entrepreneurs du numérique à se constituer en cellule pour d’éventuels échanges.

Légendes et crédits photo : 

1-Yves Castanou entouré de collaborateurs et face aux chefs d’entreprises, entrepreneurs et médias
2- Vue de responsables de startups et développeurs

Source : http://www.adiac-congo.com/

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