Journée mondiale des réfugiés : des propositions de la FBCP pour des solutions aux problèmes des déplacés

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En rapport avec la tenue de l’événement, le 20 juin, l’organisation non gouvernementale a déploré, ce mercredi, qu’il soit célébré en République démocratique du Congo (RDC) sans que des réponses concrètes ne soient apportées aux problèmes qui se posent aux réfugiés.

 « Nous nous posons la question de savoir si on va toujours continuer à célébrer un événement auquel on ne trouve pas une solution », a fait observer la Fondation Bill-Clinton pour la paix (FBCP), notant pourtant que  80% des dirigeants africains étaient des réfugiés, déplacés ou de la diaspora.

L’organisation regrette le fait que la loi n°021/2002 du 16 octobre 2002 portant statut des réfugiés en RDC, publiée dans le Journal officiel, est restée lettre morte, alors que l’ancien président avait été lui-même réfugié en Ouganda et en Tanzanie.

Une institution dirigée au mépris des textes

Elle dénonce également la gestion de la structure en charge de réfugiés en RDC, la Commission nationale pour les réfugiés (CNR), au mépris des textes régissant ce secteur. « Le secrétaire permanent de la CNPR, parce qu’il est membre influent du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie, est en train de diriger cette commission de sa propre manière, sans se référer au décret-loi portant statut des réfugiés en RDC », a souligné la FBCP, qui fustige aussi la procédure de nomination  du secrétaire permanent de la CNR.

Citant le décret-loi portant statuts des réfugiés, cette organisation rappelle que la nomination d’un secrétaire permanent de la CNR doit être faite sur proposition des membres de cette structure, ce qui n’a pas été le cas depuis sa création. A en croire la FBCP, chaque ministre de l’Intérieur nomme quelqu’un de son choix sans se référer aux statuts de cette institution. « Pire encore, c’est depuis dix ans qu’aucun réfugié en RDC n’ait pu effectuer un voyage en dehors du pays sans la réinstallation dans le pays tiers parce que la société d’aviation exige un passeport biométrique et depuis lors, le HCR et la CNR ne sont pas capables d’établir ce passeport sur la convention de Genève de 1951 », a indiqué la FBCP, soutenant que la CNR n’a jamais rempli son devoir tel que défini par le décret-loi portant statuts des réfugiés en RD, en dehors de délivrance de la carte de réfugié pour une durée de deux ans. Elle ne dispose pas, depuis sa création en 2002, d’un budget de l’Etat et ne fonctionne que par de petites subventions données par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) .

Le HCR complice

De l’avis de la FBCP, l’agence onusienne en charge des réfugiés, qui devrait intervenir, serait aussi « entrée dans la danse de l’Etat congolais ». Aussi attend-elle que l’Etat congolais applique strictement le décret-loi portant les statuts des réfugiés en RDC sous le n°021/2002 du 16 octobre 2002. Elle exhorte le président de la République à intervenir auprès de l’Assemblée nationale pour voter un budget pour la CNR, et à intervenir pour la nomination d’un secrétaire permanent conformément au décret-loi portant statuts des réfugiés. La FBCP souhaite que l’Etat congolais mette tout en oeuvre pour délivrer le passeport biométrique aux réfugiés sur son territoire, améliorer les conditions de vie des réfugiés et pour que le Comité urbain des réfugiés, suspendu pour des raisons non fondées, soit remis en place.

 

Légendes et crédits photo : 

Emmanuel Adu Cole, le président de la FBCP/Adiac

Source : http://www.adiac-congo.com/

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