Jeux africains 2019 : les Diables rouges entre doute et espoir

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Sixième aux dernières joutes organisées à Brazzaville, les Diables rouges vont participer aux 12es Jeux africains prévus au Maroc avec l’ambition d’améliorer ou  d’égaler leurs anciennes performances. Seulement, le nombre d’athlètes et la manière dont ils s’y préparent inquiètent.

 Les dernières nouvelles sur la participation du Congo pour la compétition qui se disputera du 19 au 31 août sont rassurantes. Les Diables rouges vont défendre la place qu’ils avaient occupée, d’autant plus que les frais de participation ont été payés depuis le 7 août, a-t-on appris. Le pays échappe du coup à une sanction sportive qui guettait ses athlètes en cas de non- participation.

Les 12es Jeux africains du Maroc sont considérés par l’Association des comités nationaux d’Afrique comme des épreuves qualificatives pour les jeux Olympiques de Tokyo 2020. « Si nous ne participons pas, nous ne serons pas aux jeux Olympiques. Vous pouvez beau avoir la bourse olympique, vous ne serez pas aux jeux Olympiques », a commenté Jean Paul Ngaloua, le secrétaire général du Comité national olympique et sportif congolais.

Après avoir reçu les assurances du gouvernement, la délégation congolaise s’apprête à aller au combat avec le maigre effectif d’une trentaine d’athlètes plus sept officiels. L’enjeu est de taille puisque la compétition panafricaine a changé de format grâce à la dissolution du Conseil supérieur du sport en Afrique. L’Association des Comités nationaux olympiques d’Afrique (Acnoa) ayant pris le relais a pesé de tout son poids pour que les jeux soient qualificatifs pour les jeux Olympiques de Tokyo 2020.  Sur les vingt-six disciplines qui seront au programme, dix-sept qualificatives pour les jeux Olympiques de Tokyo 2020. Les disciplines non qualificatives sont, entre autres, le basketball, le football, le handball, le volleyball, le sport équestre, le golf, le triathlon et la gymnastique.

Les performances réalisées à Brazzaville obligent les athlètes congolais à lutter pour la qualification aux prochains jeux Olympiques. Le Congo pourrait maximiser ses chances en se dotant des moyens humains conséquents. Mais, pour des raisons financières, il fallait sélectionner trente sur les soixante-quinze athlètes présélectionnés.  Si en une seule édition le Congo avait réalisé à Brazzaville sa meilleure moisson depuis la création des jeux. C’était en partie grâce à la participation du plus grand nombre d’athlètes présents dans toutes les épreuves retenues.  Les Diables rouges avaient glané huit médailles d’or, quatre d’argent et vingt de bronze, se classant ainsi sixième sur une trentaine de pays. Malheureusement au Maroc, le Congo ne sera pas dans tous les tableaux. Les Diables rouges ne disputeront des médailles que dans les sept disciplines, telles que  l’athlétisme, la gymnastique, le tennis de table, la lutte, la natation, le karaté et le taekwondo. C’est peu pour viser gros, même si le Cnosc entretient l’espoir.

Faire peu avec rien

Le Cnosc, qui veut que le Congo se maintienne parmi les meilleurs de la compétition, a appuyé le travail fait en amont par les fédérations en regroupant tardivement les athlètes locaux pendant un mois en régime externat grâce aux fonds reçus de la Solidarité olympique. « Nous sommes en situation financière difficile. Dans celle-ci, il faut savoir se battre pour faire peu avec rien. C’est déjà beaucoup. C’est pour cela que le Cnosc n’attendant pas ce que l’Etat mettra à sa disposition a décidé de se sacrifier pour vous interner », ont expliqué les responsables du Cnosc. La bourse olympique obtenue par certains athlètes congolais leur a permis de se préparer dans les meilleures conditions à l’étranger.

C’est sur leur apport que le Cnosc fonde ses espoirs quant à la lutte pour les médailles.   « Notre devoir à tous est d’y engager les athlètes qui n’iront pas pour du tourisme. La meilleure performance donc est le premier critère dans la sélection de nos ambassadeurs », a déclaré André Blaise Bollé, le premier vice-président du Cnosc.    

« Aux 11es Jeux africains, nous avons eu des médailles et nous sommes sortis sixième pays sur la trentaine, c’était un classement honorable. Il ne faudrait pas qu’aux Jeux du Maroc, nous soyions les bons derniers. C’est comme s’il y avait quelque chose qui n’allait pas dans l’attribution des médailles alors que vous avez prouvé sur le terrain que vous le méritiez », a ajouté le secrétaire général du Cnosc.  

Absence de sparring partner pour athlètes locaux

La préparation des athlètes locaux n’a pas été irréprochable. Le regroupement tardif pourrait causer préjudice à la délégation congolaise.  La gymnastique qui comptait parmi les disciplines ayant donné au Congo les premières médailles d’or n’est pas assurée de rééditer la même performance à Rabat. Les lutteurs qui avaient glané quelques médailles de bronze n’ont pas eu de sparring partners pour jauger leur réel niveau.  Le Tennis de table n’a cette fois-ci pas pu bénéficier de l’expertise chinoise dans la préparation. Les nageurs n’ont pas pu affûter leurs armes dans les piscines règlementaires. « Depuis fort longtemps, nous avons toujours compté sur le site de la concorde mais qui nous pose des problèmes. La piscine était entre-temps fermée voire les bassins vidés. Nous avons appris qu’on y a remis de l’eau mais la fédération n’a pas l’autorisation officielle pour aller y faire les entraînements », expliquait Jacques Mahoungou, le secrétaire général de la Fédération congolaise de natation à moins d’un mois du début des jeux.

Le Congo pourrait évaluer ses chances au karaté par exemple. Les karatékas congolais médaillés d’or des derniers jeux ont participé à plusieurs compétitions africaines et sous-régionales pour préparer les jeux du Maroc. L’athlétisme pourrait aussi relever le défi avec  la participation de Franck Elemba et de Jennifer Batu, Awoumba et Natacha Ngoye, bénéficiaires d’une bourse olympique.

Le Congo absent dans les sports collectifs

C’est pour la première fois depuis 1987 que le handball congolais ne sera pas présent à la phase finale des Jeux africains. Les Diables rouges n’ont pas participé au tournoi qualificatif pour le compte de la zone 4.  L’Afrique centrale sera représentée par le Cameroun. En rappel, de 1987 à 2015, le Congo a été six fois médaillé d’argent chez les dames et une fois médaillé de bronze avec les messieurs en 2015.

Les Diables rouges football ne participeront pas aux jeux du Maroc à cause de la décision de la Confédération africaine de football qui, par faute de temps, a décidé d’engager les huit sélections qui ont participé à la CAN Juniors. Les volleyeurs congolais médaillés d’argent à Brazzaville ont échoué à la porte de la qualification à cause de l’impréparation.  La fédération de basketball paie, quant à elle, le prix de sa sanction à la suite du refus d’organiser l’Afro-basket 2015. N’étant pas classés dans la catégorie des sports collectifs, les Diables rouges boxe qui avaient réalisé une bonne moisson à Brazzaville, en se classant troisième aux derniers jeux, ne défendront pas leurs médailles au Maroc.

 

Légendes et crédits photo : 

1- Elemba (Camille Delourme/Adiac)
2- Jennifer Batu (CD/ADIAC)

Source : http://www.adiac-congo.com/

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