Italie : le Mouvement 5Etoiles fait Pschitt

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On le donnait comme le futur de la politique dans la péninsule, le Mouvement 5Etoiles du comique Beppe Grillo s’est dégonflé aux municipales de dimanche.

Plus d’un millier de villes étaient concernées par des élections municipales partielles organisées dimanche en Italie. L’enjeu était de taille pour les partis politiques traditionnels, traversés par des dissensions et des crises de leadership. La gauche, qui a dominé la scène politique de cette dernière décennie, est en pleine reconstruction. La droite, autour de Silvio Berlusconi, n’en finit pas de tenter de rebondir alors que son encombrante alliée de la Ligue du Nord, europhobe et anti-immigrée, rue dans les brancards et demande plus de gages.

On attendait donc une percée spectaculaire du Mouvement 5 Etoiles. Populiste autant qu’innovant, ce mouvement lancé par le comique Beppe Grillo, s’est imposé l’an dernier comme une force politique montante. Aux municipales partielles de 2016, en effet, le M5S avait créé la surprise en raflant la mairie de Turin, longtemps bastion de la gauche, et en s’imposant surtout dans la capitale, Rome, avec une jeune avocate Virginia Raggi devenue l’emblème du renouveau italien.

Ces attentes (ou ces craintes pour certains) ne semblent pas devoir se consolider. La gestion « différente » de la politique qu’annonçait le mouvement lui-même s’est perdue dans des erreurs de castings, des démêlés judiciaires et un attentisme dans lequel Beppe Grillo a été surnommé « le gourou », car devant trancher tout en personne et ne laissant pas même que quelqu’un d’autre vienne sur les plateaux de télévision. Mouvement (et pas parti politique), le Mouvement 5Etoiles avait pourtant réveillé la vie politique par une organisation qui place Internet en son centre, et l’internaute en position de militant-conseiller.

Les résultats de dimanche sont très décevants. Le Mouvement 5Etoiles ne figurera pas au second tour dans les principales villes en jeu pour cette élection municipale partielle. Que ce soit à Gênes (Ligurie, nord), à Palerme (Sicile), à Catanzaro (Calabre, sud), à L’Aquila (Abruzzes, centre) ou encore à Vérone (Vénétie, nord), le mouvement ne peut espérer voir un des siens s’installer dans le fauteuil de maire. C’est une vraie gifle qui lui a été infligée, à l’instar de Beppe Grillo lui-même. Le fondateur du mouvement a en effet été battu à Gênes, sa ville natale.

Autre échec cinglant à Parme, en Emilie-Romagne, où la victoire probable du maire sortant Federico Pizzarotti a un coup de sang. L’homme avait été élu sous les couleurs du mouvement 5Etoiles en 2012, avant d’en être exclu par Beppe Grillo en personne. Il arrive largement en tête (37%) même s’il n’atteint pas les 50% qui l’auraient qualifié. Il savoure sa position au vu de la déconfiture totale de la liste rivale, celle soutenue officiellement par le mouvement et qui n’a pas pu faire mieux que 3% !

Source : adiac-congo.com

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