Interview. Roch Bredin Bissala Nkounkou : « La direction de l’alimentation scolaire a pour mission d’atteindre les ODD »

0

Après s’être doté depuis 2016, avec l’appui de ses partenaires, d’une politique nationale d’alimentation scolaire, le Congo vient de créer une structure destinée à sa mise en œuvre. Nommé récemment à la direction de l’alimentation scolaire, le doctorant en Onco-virologie nous explique, dans cette interview, les attributions et missions de cette structure.

Les Dépêches de Brazzaville (L.D.B.) : Pouvez-vous nous présenter, d’une manière succincte, la direction de l’alimentation scolaire ?

 Roch Bredin Bissala-Nkounkou (R. B. B. N.) : Direction centrale attachée au ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et de l’alphabétisation, la direction de l’alimentation scolaire est rattachée à la direction générale de l’éducation de base. Elle a pour missions de fournir des repas chauds aux élèves et mettre en œuvre la politique nationale de l’alimentation scolaire, adoptée depuis 2016 par le Congo. En effet, la vision de la politique nationale est d’avoir une alimentation scolaire durable, de bonne qualité et à base de produits locaux pour tous les enfants inscrits dans les écoles à l’horizon 2025.

L.D.B. : Vous parlez de la politique nationale de l’alimentation scolaire, quels sont ses principaux axes que vous êtes appelés à conduire ?

R.B.B.N. : Comme je l’ai dit tantôt, notre mission primordiale consiste à mettre en œuvre la politique nationale de l’alimentation scolaire. En effet, dans cette politique nationale, nous avons six axes dont l’éducation, la santé, la nutrition alimentation, le développement social, la production locale ; la réduction de la pauvreté, l’économie ainsi que l’industrie. Sur le terrain, vous allez constater que c’est une direction transversale qui met en musique au moins sept départements ministériels pour rendre effective cette politique nationale de l’alimentation scolaire parce que, comme vous le constatez, dans d’autres pays comme le Brésil, le Japon, le Bénin, le Cameroun, c’est cette politique nationale d’alimentation scolaire qui leur a permis d’avoir l’autosuffisance alimentaire.

Donc notre direction, bien qu’attachée au ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et de l’alphabétisation, a pour mission d’atteindre les Objectifs de développement durable qui sont l’autosuffisance alimentaire, la réduction de la pauvreté, la mise en place des petites et moyennes entreprises.  

L.D.B .: Vous avez évoqué sept ministères concernés directement par cette politique, pouvez-vous en citer quelques-uns ?

R.B.B.N. : Nous avons les ministères de l’Industrie, du Commerce, la Santé, l’Agriculture et l’élevage et bien d’autres. Concernant le ministère de la Santé et de la population, par exemple, la santé est un état complet de bien-être moral, social et physique. Un enfant qui n’est pas en bonne santé ne peut pas bien étudier, avec pour conséquences de mauvais résultats scolaires. S’agissant du ministère de l’Agriculture, de la pêche et de l’élevage, il intervient au niveau de l’axe n°4 relatif à la production locale. De ce fait, nous allons travailler avec les coopératives agricoles pour que nous soyons en mesure d’être en conformité avec les exigences de l’Union africaine qui veut que dans chaque politique nationale d’alimentation scolaire, chaque pays puisse nourrir ses élèves avec des produits locaux.

L.D.B. : Dans le cadre de la mise en œuvre de cette politique nationale, sur quel partenaire la direction de l’alimentation scolaire peut -elle compter ?

R.B.B.N. : Notre premier partenaire est le Programme alimentaire mondial (PAM). C’est grâce au PAM que la composante alimentaire du programme McGovern-Dole a été lancée au Congo. Aide au développement du département de l’Agriculture des Etats-Unis, ce programme qui s’étalera sur une période de cinq ans (2018-2022) est estimé à trente millions de dollars, soit environ quinze milliards FCFA. Le but est d’assister cinquante-quatre mille élèves dans quatre cent soixante-dix écoles. Nous avons d’autres partenaires comme l’Acted qui va construire des latrines dans les départements, l’Unicef pour la protection de l’enfance et l’Unesco pour l’achat des livres scolaires.

Après, dans le cadre de la politique nationale de l’alimentation scolaire, il y a la mise en place du comité technique interministériel regroupant les cadres, techniciens impliqués dans le processus de l’alimentation scolaire. Il s’en suivra ensuite la mise en place du conseil national multisectoriel de l’alimentation scolaire qui prend en charge les collectivités locales, l’association des parents d’élèves et les partenaires sociaux, financiers et techniques comme l’Acted.

L.D.B. : Vous êtes un jeune à la tête d’une nouvelle direction, quelle touche apporterez-vous dans l’exécution de vos fonctions ?

R.B.B.N .: La première chose, c’est créer un cadre juridique, parce que nous sommes jeunes. Le texte est déjà sur la table du secrétariat général du gouvernement. La deuxième étape concerne la gestion axée sur les résultats. Il nous faut aller sur le terrain pour voir déjà ce qui a été fait avec l’IPHD et le PAM, avant de continuer le travail pour atteindre les objectifs que nous souhaitons à travers la politique nationale de l’alimentation scolaire qui est notre bible de travail.

Enfin, les Congolais doivent savoir que leur pays s’est doté d’une politique nationale de l’alimentation scolaire et d’une direction de l’alimentation scolaire. Les Congolais sont les acteurs majeurs de mise en oeuvre de cette politique, parce que si vous lisez cette politique, il y a les sources de financements que sont les collectivités locales et la communauté locale. Donc, ils doivent savoir qu’à partir d’aujourd’hui, notre pays est au même diapason que le Bénin, le Sénégal à travers la direction de l’alimentation scolaire qu’on vient de mettre en place.

Légendes et crédits photo : 

Roch Bredin Bissala-Nkounkou/Adiac

Source : http://www.adiac-congo.com/

Laisser un commentaire