Interview. Marcus Bissila : « Nous voulons permettre aux jeunes de rêver et leur faire comprendre que c’est possible »

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En organisant les Rencontres urbaines, un festival de musique urbaine, à Pointe-Noire, Marcus Bissila veux aider les artistes locaux à se décomplexer des festivals internationaux en promouvant, sur place, une convergence entre stars et jeunes artistes. Entretien.

Les Dépêches de Brazzaville  (L.D.B.) : Il s’est tenu, le 15 juin à Pointe-Noire, la troisième édition des Rencontres urbaines. Pouvons-nous savoir de quoi il s’est agi ?

Marcus Bissila (M.B.) : En effet, il s’est tenu, le 15 juin, la troisième édition des Rencontres urbaines, au cours de laquelle plusieurs activités culturelles ont eu lieu. Celles-ci avaient pour objectif de favoriser, entre autres, l’échange d’expérience entre les jeunes artistes et des personnes ayant déjà une certaine expérience ou notoriété dans leur domaine d’expression. Ceci dans le souci de donner des repères à cette jeunesse qui en a vraiment besoin pour avancer.

L.D.B. : On y a noté, à cette édition, la participation de Freddy Massamba et de Grosdäsh. Quel a été l’apport de ces deux artistes de renommée internationale ?

M.B.: Ces deux artistes musiciens ont un parcours assez élogieux. Leur vécu et leurs expériences peuvent être des sources d’inspiration et d’orientation pour tout jeune qui rêve de succès et de réussite. Aussi, il convient de souligner que malgré cette réussite, Freddy Massamba et Grodash sont des artistes qui ont su faire preuve de modestie. Ensemble, nous avons passé des moments riches en émotion et en partage. Sans langue de bois, ils ont échangé avec les jeunes et prodigué quelques conseils aux uns.

L.D.B. : Quel est l’intérêt d’organiser ces rencontres urbaines ?

M.B.: L’intérêt, pour nous, est simplement de briser le mythe de la réussite, permettre aux jeunes de rêver et leur faire comprendre que c’est possible. Mais aussi de faire comprendre que le chemin de la réussite est jonché d’embûches et qu’ils ne doivent jamais baisser les bras face aux échecs. Disons que ces rencontres sont des rendez-vous avec la vérité !

L.D.B. : Quelle a été la particularité de cette nouvelle édition ?

M.B.: Cette dernière édition a été particulièrement orientée sur la question de la participation de nos artistes locaux aux festivals internationaux de musique. C’est un réel problème qui bloque le développement de notre culture. Participer à un festival international devrait être un atout et non un privilège, une solution et non un problème car les festivals sont des plates-formes qui permettent des rencontres, des échanges avec d’autres artistes d’univers différents.

L.D.B .: Dans les années 1990, vous avez été un fervent acteur de la culture hip hop à Pointe-Noire. Aujourd’hui, quelle lecture faites-vous des cultures urbaines au Congo en général ?

M.B.: Je tiens d’abord à souligner que j’ai fait mes premiers pas à Brazzaville avant de m’installer à Pointe-Noire. Il faut noter que, que ce soit le hip hop ou les cultures urbaines en général, ils sont victimes de leur succès et aujourd’hui, ils en souffrent. Plusieurs personnes ont adopté ces cultures pas par conviction mais plutôt par effet de mode, ignorant ainsi l’essence véritable. Il y a trop d’artifices aujourd’hui. Le naturel est mort, pour laisser place au paraître ! Mais ce que nous devons retenir, c’est que la culture ne meurt jamais. Revenons au premier amour et notre culture va retrouver ses lettres de noblesse.

L.D.B. : Un dernier mot pour clore cet entretien ?

M.B.: Merci à vous pour cette opportunité offerte et rendez-vous pour nos activités à venir.

Légendes et crédits photo : 

Marcus Bissila

Source : http://www.adiac-congo.com/

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