Interview. Liesbeth Mabiala : « À travers mon film « Elonga », je condamne la cupidité des hommes »

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Premier long métrage de la réalisatrice congolaise, le film retrace les péripéties d’un jeune orphelin ayant hérité de sa mère le kinkoko. Un pouvoir ancestral qui a la capacité de rendre opulent son détenteur. Dans cette interview, la réalisatrice revient sur les conditions dans lesquelles elle a travaillé pour arriver à la concrétisation du projet de ce film, du message qu’il véhicule et de l’avenir du film congolais.

Les Dépêches de Brazzaville (L.D.B.) : Ce samedi 9 juin à l’Institut français du Congo de Brazzaville, vous allez diffuser, pour la première fois, le film « Elonga ». Pouvez-vous nous dire quelle est son histoire et quel message souhaitez-vous faire passer ?

Liesbeth Mabiala  (L.M.): « Elonga », c’est l’histoire d’un jeune garçon orphelin qui hérite de sa maman un  pouvoir ancestral dénommé « kinkoko », dans le département du Kouilou. Un pouvoir qui rend riche celui qui le détient. Conscientes de cela, certaines personnes de mauvaise foi tentent, à plusieurs reprises, de le lui dérober. À cet effet, ils vont embaucher une jeune prostituée qui est aussi orpheline pour tenter de le séduire. À travers ce film, qui est mon premier long métrage, je condamne la cupidité des hommes qui est très souvent la cause de plusieurs conflits. Aussi, je défends le droit des  enfants, particulièrement ceux des orphelins.

L.D.B : Ce titre très révélateur pour un film.

L.M. : « Elonga » veut dire, en lingala, triomphe ou encore victoire. Et dans ce film, je clame la victoire de l’enfance ainsi que de l’innocence sur la cupidité des hommes. Comme je ne cesse de le dire, l’avenir de notre Afrique réside entre les mains de ses enfants. Certes, nous faisons partie d’une génération sacrifiée, mais cela ne doit pas nous empêcher de défendre la cause de ces enfants afin que leur avenir soit plus radieux et  plus prometteur que le nôtre.

L.D.B.: Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées dans la réalisation de ce film ?

L.M .: Elles sont plusieurs, d’autant plus que c’est une autoproduction mais je n’ai pas baissé les bras et ce film  m’a couté plus de 40 millions. C’est aussi cela la passion. Nous avons eu comme acteur Michel Bohiri, une grande figure du cinéma africain. J’ai dû déplacer toute une équipe à Pointe-Noire, logée et nourrie à mes frais. À un moment donné, j’étais à court de financement. Les difficultés sont d’ordre financier, technique… Nous avons sollicité le soutien auprès des institutions publiques et privées ainsi qu’ auprès des particuliers mais personne n’a répondu favorablement. Je vous assure que c’est une fierté pour moi de savoir qu’enfin nous allons procéder à la diffusion officielle de ce film.

L.D.B. : Combien de films avez-vous déjà réalisés ?

L.M. : J’en ai déjà réalisé trois. Le premier, c’était un moyen métrage « Au secours », le deuxième un court métrage « Dilemme » et qui a plusieurs fois été primé. « Elonga » est mon premier long métrage et il est déjà sélectionné au festival Ecrans Noirs au Cameroun, en Juillet.

L.D.B. : Selon vous, quelle est la place du cinéma congolais en Afrique ?

L.M. : Je tiens d’abord à relever que le principal problème du cinéma congolais, c’est la difficulté d’exporter nos productions et c’est ce qui nous empêche de participer à des festivals. Conscients de cela, nous avons décidé, dorénavant, de collaborer avec les promoteurs de festivals à travers le monde pour avoir plus de visibilité. Nous sommes en train de nous frayer un chemin et je pense que nous pouvons avoir une place.

Légendes et crédits photo : 

1- Liesbeth Mabiala
2- L’affiche du film

Source : http://www.adiac-congo.com/

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