Interview. Gouadi-Koussiama : « Toute œuvre mérite d’être protégée et pouvoir bénéficier à son auteur »

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Intrépide et optimiste, Gouadi-Bouzimbou-Koussiama est l’une des femmes congolaises au parcours inspirant qui s’est prêtée à notre journal, pour nous parler de son univers professionnel. 

Les Dépêches du Bassin du Congo (L.D.B.C.) : Pouvez-vous vous faire connaître à nos lecteurs ?

Gouadi-Bouzimbou-Koussiama (G-B-K.) : Je suis Gouadi Koussiama, conseil en propriété intellectuelle, Associée-Gérante de la société AxeK-Consulting depuis 2016.

L.D.B.C. : Un petit flash-back de votre parcours scolaire…

G-B-K. : Après un baccalauréat en série A2, j’ai obtenu une maîtrise en droit privé à l’université Marien Ngouabi. Ensuite, j’ai fait plusieurs formations intermédiaires en commerce international et propriété intellectuelle. Je ne me suis pas arrêtée là, j’ai continué à Yaoundé où j’ai décroché un master en propriété intellectuelle à l’université de Yaoundé 2 en partenariat avec l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle.

L.D.B.C. : Quels services proposez-vous à travers votre société AxeK-Consulting ?

G-B-K. : AxeK-Consulting est une société de conseil juridique et Conseil en propriété intellectuelle. A travers notre société, nous conseillons et accompagnons dans l’identification, la protection et la défense de ce que les gens peuvent créer et qui peut bénéficier du droit d’auteur, du droit des marques, brevet et de bien d’autres titres de propriété intellectuelle. Nous accompagnons aussi les entrepreneurs et entreprises dans la rédaction des différents actes (contrats de distribution, accords de confidentialité …).

L.D.B.C. : Quel est l’objectif d’Axek-Consulting ?

G-B-K. : Notre objectif est d’aider les différents acteurs à sécuriser leurs activités, contribuer à sensibiliser le public sur l’intérêt de protéger ses créations et inventions, à amener le public à prendre en compte la propriété intellectuelle comme instrument de développement de ses activités et aussi sensibiliser sur les dangers de la piraterie et la contrefaçon.  Imaginez-vous que vous ayez consacré dix ans à réaliser un produit et qu’au bout d’un mois après sa diffusion sur le marché, des personnes sorties de nulle part en tirent profit par des reproductions frauduleuses ? Pour bénéficier des efforts de quelqu’un, il existe bel et bien des voies légales auxquelles on peut recourir.

L.D.B.C. : La connaissance du domaine de propriété intellectuelle semble très faible en République du Congo, alors que faites-vous pour renverser la tendance ?

G-B-K. : Ce n’est pas encore assez, mais nous y travaillons en organisant des conférences, des ateliers de sensibilisation pour amener les congolais à intégrer cette réalité dans leur quotidien. Nous le faisons à travers un espace d’échanges sur des questions d’actualité appelé « Journées Juridiques du Congo ». Ces journées qui concernent aussi des non juristes, sont organisées par le Cercle de Réflexion régulièrement des Juristes, dont nous sommes membres.

L.D.B.C. : Quels sont vos principaux clients ?

G-B-K. : Nous recevons de jeunes développeurs web, des entrepreneurs, des créateurs, des inventeurs et des entreprises.

L.D.B.C. : Y’a-t-il de nombreuses femmes conseil en propriété industrielle au Congo ?

G-B-K. : Déjà nous ne sommes pas nombreux, homme comme femme, à exercer dans ce secteur au Congo. Et à ce jour, je ne connais pas d’autres femmes congolaises conseil en propriété industrielle.  

L.D.B.C. : Qu’est-ce qui vous avait réellement poussé à intégrer ce domaine ?

G-B-K. : Toute petite, j’aimais déjà la culture, notamment le théâtre, la danse et la peinture. Quand j’en parlais à mes parents, on me disait que ce sont des activités peu rémunérées. De là, je me suis alors dit que faut-il faire pour amener les gens à considérer davantage ces types d’activités ? C’est en partant de cette question que j’ai découvert et opté pour le conseil en propriété intellectuelle. 

L.D.B.C. : Quel sentiment cela vous procure-t-il aujourd’hui ?

G-B-K. : Je suis contente de poursuivre mon sentier qui n’est pas facile et qui va s’élargir.

L.D.B.C. : Un mot de fin !

G-B-K. : A tous, je dirai qu’il faut essayer. Qu’importe le domaine, faites-le. En ce mois de lutte pour les droits de la femme, j’exhorte cette dernière à bâtir car cela fait partie de sa nature. Ne nous limitons pas en nous disant que c’est un métier d’homme ou trop dur. Disons désormais que c’est juste un métier et qu’il y a toujours un moyen de se développer.

Légendes et crédits photo : 

Gouadi Koussiama

Source : http://www.adiac-congo.com/

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