Interview. Gaston Ngassiki Okondza : « Nous luttons avec la dernière énergie contre la pêche illégale »

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Au cours d’un entretien avec Les Dépêches de Brazzaville, le directeur interdépartemental de la Pêche et de l’aquaculture à Pointe-Noire et au Kouilou s’est dit prêt à aller en guerre contre la pratique de la pêche non réglementée ou illégale.

Les Dépêches de Brazzaville (L.D.B.) : Monsieur le directeur, qu’entendez-vous par pêche continentale et pêche maritime et quels sont leurs apports à la population et au pays ?

Gaston Ngassiki Okondza (G.N.O.) : La pêche continentale est celle qui est pratiquée dans le continent, notamment dans le fleuve, les rivières, les lacs et les étangs. Cette pêche a un apport économique important, en ce qu’elle génère des emplois et des produits  riches en protéines. Cependant, la pêche maritime est celle qui est pratiquée en mer à travers les navires de pêche industrielle et les embarcations de pêche artisanale. Ainsi, la pêche maritime est aussi un vecteur d’emplois en République du Congo, de même, les produits pêchés sont riches en protéines.

L.D.B. : Un grand bruit circule dans la ville sur la pratique sauvage de ces pêches. Des sociétés concernées vont jusqu’à capturer des fretins. Votre commentaire en tant que directeur interdépartemental de la pêche.

G.N.O. : Le constat est vrai. Il y a des poissons juvéniles qui sont capturés. Mais nous n’avons pas croisé les bras. Nous faisons de temps en temps un travail d’approche pédagogique qui est suivi de sanctions pécuniaires. Et  en cas de récidive, les auteurs sont traduits en justice.

L.D.B .: En plus des fretins capturés, il est signalé aussi l’usage des produits chimiques par certaines sociétés. Ces produits n’ont-ils pas d’effets sur la santé des consommateurs et sur les eaux de l’océan ?

G.N.O. : Je ne confirme pas cela, parce que je n’ai pas encore de preuves de cette pratique de pêche avec l’usage des produits chimiques. C’est donc une rumeur qui n’est pas du tout fondée. Cependant, les produits mal conservés perdent le degré de leur fraîcheur.

L.D.B. : Revenons, monsieur le directeur, sur la qualité du poisson pêché.

G.N.O. : Il faut tout de même dire qu’en ce qui est de la qualité des produits de pêche, il y a nos services qui organisent des campagnes de sensibilisation à leur bonne conservation, allant dans le sens de leur amélioration en augmentant la quantité de la glace pendant et après la pêche.

L.D.B. : Vos services ont-ils un contrôle sur toutes ces sociétés de pêche qui interviennent au large de Pointe-Noire et dans le Kouilou ? N’existerait-il pas de sociétés pirates?

G.N.O. : Le contrôle s’effectue du jour au jour et nous nous efforcerons pour qu’il soit régulier. Pour preuve, nos équipes de patrouille effectuent des missions en mer à bord de la vedette du ministère de l’Agriculture, de l’élevage et la pêche. Concernant la piraterie, nous avons plutôt enregistré, dans nos rapports de mission, des navires qui pratiquent la pêche illégale non déclarée, non réglementée, en utilisant des filets aux mailles non conformes, en voilant les noms et les immatriculations des navires et en pêchant dans la zone de reproduction biologique. Nous sommes en train de recenser physiquement tous les navires qui pratiquent la pêche en mer.

L.D.B. : Auriez-vous autre chose à ajouter?

G.N.O. : Dans le cadre de la lutte contre la pêche illégale, la direction interdépartementale Kouilou-Pointe-Noire a l’ambition d’entreprendre quelques initiatives qui exigent un peu de moyens de mobilité et autres. Nous avons souvent des informations provenant de la mer dont l’authenticité est difficile à vérifier. Celles-ci exigent que nous nous déployions sur les lieux pour contrôler navire par navire. Conformément aux recommandations de l’exercice civilo-militaire multinational Obangamé-express, nous collaborons avec l’état-major de l’armée pour lutter efficacement contre la pêche illégale. Il y a, d’une part, la protection de la baie de Loango riche en espèces protégées, qui exige que nous continuons à sensibiliser la population à l’importance de celle-ci et, d’autre part, tous ceux qui ont des activités en mer sur l’ensemble des conventions internationales ratifiées par la République du Congo en la matière.

 

Légendes et crédits photo : 

Le directeur interdépartemental de la pêche, Gaston Ngassiki Okandza

Source : http://www.adiac-congo.com/

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